L'Arménie est de nouveau en grand danger (suite)
Front de Défense de l’Arménie et de la Cause Arménienne en France (FDACAF)
II/ Une politique courageuse de démarcation des frontières avec l’Azerbaïdjan menée difficilement par le gouvernement arménien, scandaleusement dénigrée par une opposition en manque total de patriotisme.
Il est nécessaire d’analyser la politique de démarcation des frontières avec l’Azerbaïdjan menée avec difficulté mais avec courage par le gouvernement arménien en cette période, car l’opposition hétéroclite à ce gouvernement, opposition issue des formations politiques qui , en 30 ans, ont conduit l’Arménie à la ruine politique, économique et militaire, tente de revenir au pouvoir en utilisant tous les moyens de dénigrement et de déstabilisation du pays dans un manque total de patriotisme. Cette opposition très minoritaire dans le pays et à la chambre des députés (moins du tiers à chaque fois) a un relai dans la diaspora française mené par un coprésident du CCAF, représentant d’un parti politique arménien, la FRA Tachnaksoutioun, qui fut dans la passé un grand parti politique laïque de défense de l’Arménie luttant à la fois contre la Turquie et la Russie, mais qui est devenu, au fil des récentes décennies, une formation squelettique coupée du peuple aussi bien en Arménie qu’en France. Cette formation politique devenue sclérosée et squelettique est alliée en Arménie à une caste politique corrompue, favorable désormais à une politique de pleine soumission à la Russie et sous la coupe d’une Eglise apostolique en perte de réelle emprise sur la population, laquelle églises apostolique veut se refaire une santé sur le dos de la crédulité de certains de ses fidèles. C’est à cause de ce relai en France qui utilise sans vergogne les canaux socio culturels du CCAF et de plusieurs maisons de la culture arménienne pour diffuser sa propagande scandaleuse de dénigrement du gouvernement arménien auprès de la diaspora arménienne en France et, par contrecoup auprès des autorités françaises, qu’il nous parait nécessaire de présenter et de diffuser le plus largement possible une analyse objective de la politique du gouvernement arménien de démarcation des frontières menée certes difficilement avec l’Azerbaïdjan. Il est nécessaire de dénoncer dans le même temps les multiples et énormes fake news véhiculées par ce relai à l’intérieur du CCAF qui, à l’évidence, fait preuve ainsi d’une absence totale de patriotisme.
Pour vous présenter cette analyse, nous allons partir de celle incluse dans le remarquable article du 20 mai 2024 de la journaliste Seda MAVIAN, correspondante en Arménie des « Nouvelles d’Arménie » en faisant ressortir les points principaux. Mais nous invitons nos lecteurs à lire la totalité de cet article soit sur facebook, soit en PJ à la fin de ce chapitre.
La paix est indispensable au peuple arménien pour ne pas avoir des milliers de morts inutiles dans un conflit armé avec l’Azerbaïdjan, conflit armé qui viderait la population de ses forces vives. La paix est aussi indispensable à l’Etat arménien car ses forces militaires seraient anéanties en cas de conflit armé en moins de 15 jours avec l’Azerbaïdjan et l’Arménie démantelée : tel est le message sans équivoque de danger militaire imminent mortel que des attachés militaires français (et1 aussi britannique) ont exprimés aux deux signataires de cette analyse contenue ce chapitre II, lors de leur séjour en Arménie en avril 2024. Ne pas tenir compte de ce danger militaire imminent et mortel auquel a fait face et fait toujours face le gouvernement PASHINIAN aurait été et est toujours carrément suicidaire
Le gouvernement PASHINIAN au courant de cette menace précise et imminente de la part de l’Azerbaïdjan a tenté le tout pour le tout en proposant au gouvernement azerbaidjanais de se mettre d’accord sur un tracé des frontières pouvant et devant être reconnu internationalement en se basant sur les accords et déclarations d’Alma Ata de 1991 . Ces accords conclus à Alma Ata le 21 décembre 1991, signaient la fin de l’URSS et le regroupement de 11 des 15 de ses anciennes Républiques devenues indépendantes dans la Communauté des Etats Indépendants (dont l’Arménie et l’Azerbaïdjan), et il était entendu, plus ou moins clairement dans le détail, certes, mais quand même entendu que les Républiques en question conserveraient les frontières administratives qui étaient les leurs à l’époque où elles étaient des Républiques soviétiques. Sur la pression vive, voire « plus ou moins menaçante » du point de vue diplomatique et économique d’Antony BLINKEN, secrétaire d’état des USA et un peu (dans l’efficacité) de Pierre MICHEL, président du Conseil de l’UE, le gouvernement azerbaidjanais accepta de discuter du tracé des frontières arméno azerbaidjanaises. L’Arménie était momentanément sauvée de l’invasion donc du démantèlement, grâce à l’initiative courageuse et intelligente de Nikol PASHINIAN. Antony BLINKEN a pu dire à cette occasion que Nikol PASHINIAN était un homme d’état extraordinaire pour son initiative. Les discussions ont commencé par le tracé des frontières dans le Lori car c’était sans doute le plus facile d’aboutir à un accord ; c’est dans la concrétisation d’un accord sur cette région, que le gouvernement PASHINIAN a rétrocédé à l’Azerbaïdjan 4 villages anciennement azéris qui ont abouti à la mise en place de « plots » traçant publiquement la frontière devant la communauté internationale, et ce en se basant sur le tracé d’une carte géographique de 1976 sur laquelle étaient bâties les déclarations d’Alma Ata . Par cette action concrète, peut être de mince détail pour certains qui s’attachent seulement à du superficiel, mais en fait fondamentale, l’Azerbaïdjan reconnaissait internationalement une frontière qui mettait le Tavush à l’abri, au moins, c’est vrai théoriquement et momentanément, mais à l’abri quand même d’une prochaine annexion revendiquée auparavant par l’Azerbaïdjan.
Les critiques de cet accord par l’opposition hétéroclite varient de la stupidité à l’inconséquence. Nous laisserons de coté pour l’instant la critique de l’évêque du Tavush qui prétend agir au nom de Dieu (!!!), se croyant investi d’une mission divine de type messianique en vue de récupération de terres (promises !) qui aurait quand même pour conséquence terrestre d’envoyer surement au massacre des milliers de jeunes arméniens pour rien en cas de reprise de conflit armé.
Stupide est la critique que le gouvernement n’a pas mandat constitutionnel pour engager ce type d’accord puisqu’il a la confiance de plus des 2/3 du peuple et de sa représentation parlementaire qui donne mandat au gouvernement arménien d’agir en urgence pour sauver l’Arménie.
Inconséquente est la critique qu’un accord sur les frontières ne garantirait pas la paix car l’Azerbaïdjan peut revenir à tout moment sur cet accord ; certes si c’est tout à fait possible quand on connait la volonté hégémonique de l’Azerbaïdjan, la politique consistant à entrainer l’Azerbaïdjan sur la reconnaissance internationalement d’une frontière, réduit de beaucoup la possibilité de revenir en arrière pour cet état qui peut craindre alors d’importantes sanctions internationales. Cela vaut donc le coup pour le gouvernement arménien d’avoir essayé et de continuer à essayer ; il aurait été stupide de ne pas le faire.
Toujours stupide est la critique que le gouvernement arménien concéderait des territoires sans contrepartie alors que celui-ci exige la restitution des villages arméniens qui sont passés militairement sous contrôle azéri lors des précédentes confrontations militaires qui sont la clé de la poursuite des discussions pour aboutir à des accords ultérieurs. Le gouvernement arménien est ferme sur les 29 743 km2 qui constituaient la république soviétique de l’Arménie, ce qui est essentiel pour empêcher son démantèlement. Les partisans de l’évêque du Tavush avec le soutien inconséquent de la FRA Tachnaksoutioun squelettique, ont-ils conscience qu’ils ne peuvent pas revendiquer une grande Arménie historique car l’Arménie n’en a pas les moyens militaires ? Cela est vrai aussi pour les moyens de revendiquer la libération de l’Artsakh (Haut Karabagh). La restitution de l’Artsakh aux arméniens qui y vivaient ou à leurs descendants ne pourra se faire désormais dans l’avenir que si l’Azerbaïdjan est soumis à une pression internationale diplomatique, économique militaire suffisamment forte pour entrainer cette restitution comme l’a été dans l’histoire relativement récente la libération du Timor oriental de l’occupation par l’Indonésie
.Quant à la démonstration « brillante » du point de vue théorique et juridique en droit public constitutionnel international de Hilda TCHOBOIAN et Gérard GUEGUERIAN parue récemment, elle ne vaut hélas que pour une thèse ou une agrégation de droit international passée devant un jury d’universitaires mais n’a aucun impact réel sur le déroulement d’une confrontation diplomatique et militaire entre 2 états dont le résultat sera vital pour l’un d’entre eux. Si les 2 états acceptent de discuter sur les bases des déclarations d’Alma Ata de 1991, cela écarte « de facto » toute référence à de quelconques notions théoriques « supérieures » de droit constitutionnel international enseignées à l’Université qui se mettraient en travers de cette recherche d’un accord politique. Rappelons que la démonstration, « brillante » elle aussi, du grand juriste Otto LUCHTERHAND sur la légitimité de l’ « oblast, ancienne région autonome de l’Artsakh » d’obtenir l’indépendance au nom des droits des peuples à disposer d’eux-mêmes, n’a débouché sur rien car elle n’a jamais été prise en compte comme base de discussion ni par les 2 parties ni par l’ONU. Si il est important pour nous de citer cet article de Hilda TCHOBOIAN et de Gérard GUEGUERIAN, c’est parce qu’il est le seul de rédaction sérieuse au milieu de ceux complètement stupides et inconséquents des diverses forces d’opposition au gouvernement PASHINIAN, mais le résultat qui en ressort ressemble plus à un effort théorique (mais vain au final) pour tenter de légitimer la position inconséquente de la « mouvance tachnaksoutioun » qu’un essai de démonstration de la non validité de la politique du gouvernement PASHINIAN dans ce domaine de recherche politique qui est au final celle d’un traité de paix avec l’Azerbaïdjan, traité reconnu internationalement et donc garantissant pour longtemps la survie de l’Arménie.
Tous ceux qui auront lu ce chapitre II de notre « Front de Défense de l’Arménie et de la Cause Arménienne en France » (FDACAF), que ce soient des députés et sénateurs français, des divers élus régionaux et départementaux et maires et conseillers municipaux attachés à la défense de l’Arménie et de la Cause Arménienne en France, et vous tous français dont français d’origine arménienne qui militent en France pour cette cause, vous serez convaincus du bien fondé de la recherche du gouvernement de Nikol PASHINIAN par tous les moyens diplomatiques d’une solution durable de survie de la République d’Arménie face à l’appétit génocidaire et ethnocidaire turco azéri.
En conséquence, après lecture, vous allez défendre à tout prix et par tous les moyens qui sont à votre disposition, ce gouvernement arménien de Nikol PASHINIAN, remarquable dans ses efforts diplomatiques, sans écouter les critiques mortifères de la coprésidence du CCAF (surtout d’un des deux coprésidents) qui se sont mis au service d’une caste corrompue en Arménie et d’un évêque arménien en plein délire messianique ; cette coprésidence du CCAF ne représente plus l’immense majorité des arméniens et de leurs descendants de nationalité française, lesquels eux, restent d’authentiques patriotes.
L’Arménie a un besoin fondamental d’avoir des défenseurs de toute nature pour sa survie, qui est menacée continuellement par la Turquie et l’Azerbaïdjan. Dans les prochains chapitres, nous allons vous présentez des actions et projets à court, moyen, et long terme, pour que cette survie de l’Arménie puisse perdurer et nous vous demandons de les soutenir.
Le 31/07/2024
Adrien Vahakn SAGE Hubert SAGE
Fondateur et délégué général du FDACAF un des membres fondateurs du FDACAF
participant à la délégation en Arménie en avril 2024
courriel : frontdefensearmenie@gmail.com