Un jour de plus de détention injustifiée, s'ajoute à 6 ans d'injustice pour Capain Bassène

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The Issue

Le 6 janvier 2018, une vingtaine de personnes accusées d’avoir perpétré le « massacre de Boffa Bayotte », furent incarcérées à la Maison d’arrêt correctionnel de Ziguinchor. Six ans après, tous les condamnés pour la mort des 14 victimes ont été libérés. Tous, sauf René Capain Bassène dont la réclusion criminelle à perpétuité a été confirmée en appel le 29 août 2024. Ses conseillers ont fait un pourvoi en cassation, car René Capain Bassène a toujours clamé son innocence pour un crime dont il a été accusé et condamné pour « association de malfaiteurs, complicité d’assassinat et tentative de complicité d’assassinat » malgré l'absence de preuves et pour lequel, même le dernier de ses co-accusés qui était encore en détention avec lui a été « acquitté au bénéfice du doute de tous les chefs d’accusation ». C'est en conséquence que nous signons cette pétition pour demander sa libération.

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English / 

On 6 January 2018, around twenty people accused of committing the "Boffa Bayotte massacre" were detained in Ziguinchor prison. Six years later, all those convicted for the deaths of the 14 victims have been released. All except René Capain Bassène, whose life sentence was confirmed on appeal on 29 August 2024. His lawyers have appealed to the Court of Cassation because René Capain Bassène has always maintained his innocence of a crime for which he was accused and convicted, despite the lack of evidence, of "criminal conspiracy, complicity in murder and attempted complicity in murder". Even the last of his co-accused, who was still in prison with him, was "acquitted beyond reasonable doubt". We therefore sign this petition to demand his release.

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Portuguesa/

A 6 de janeiro de 2018, cerca de vinte pessoas acusadas de terem perpetrado o “massacre de Boffa Bayotte” foram encarceradas na prisão correcional de Ziguinchor. Seis anos mais tarde, todos os condenados pela morte das 14 vítimas foram libertados. Com exceção de René Capain Bassène, cuja condenação a prisão perpétua foi confirmada por recurso em 29 de agosto de 2024. Os seus conselheiros recorreram para o Tribunal de Cassação, porque René Capain Bassène sempre manteve a sua inocência de um crime do qual foi acusado e condenado por “conspiração criminosa, cumplicidade para cometer homicídio e tentativa de cumplicidade para cometer homicídio”, apesar da ausência de provas, e pelo qual até o último dos seus co-acusados que ainda estava detido com ele foi “absolvido de todas as acusações em benefício da dúvida”. Por conseguinte, assinamos esta petição para exigir a sua libertação.

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Qui est René Capain Bassène ? 

René Capain Bassène est né et a grandi à Bourofaye Diola dans l’arrondissement de Niaguis, Ziguinchor. Il est journaliste de formation, c’est en cette qualité qu’il a été recruté à l’Agence Nationale pour le retour des activités socio-économiques en Casamance (Anrac)/Primature qu’il a intégrée en tant que consultant en 2008. 

En 2010, il est promu coordonnateur de la cellule communication de l’agence qui participe au processus de paix en Casamance. Capain Bassène est une personne-ressource au sein de l'agence en liaison avec le Mouvement des Forces démocratiques de la Casamance (Mfdc), en qui le mouvement avait confiance et informait dans le cadre de la réconciliation interne tant voulue par l’État comme préalable pouvant permettre de parler d’une seule voix devant la table des négociations. C’est dans le cadre de son travail et les risques qui vont avec qu'il a été accusé d’être mêlé au drame de Boffa-Bayotte.

Capain Bassène est plus connu (et reconnu) pour sa production intellectuelle, en témoignent ses différentes publications qui en font le spécialiste le plus prolifique de l’histoire politique de la Casamance. 

  • Bassène, R. C. (2013). L’abbé Augustin Diamacoune Senghor : Par lui-même et par ceux qui l’ont connu. Paris : L’Harmattan.
  • -                      (2015). Casamance. Récits d’un conflit oublié (1982-2015). Paris : L’Harmattan.
  • -                      (2016). Casamance : À quand la paix ?  Paris : L’Harmattan.

Son travail d’histoire mémoire du journaliste d'investigation qu'il est, constitue un effort unique dans la quête de lumière et de vérité sur le conflit qui anime tant sa génération.

Son professionnalisme au sein de l’Anrac/Primature lui avait permis de recueillir les récits de vie des combattants du mouvement ; les témoignages – de réfugiés, déplacés, militaires, autorités coutumières – des acteurs comme des victimes de cette « Guerre incivile en Casamance ». 

Son dévouement sur le terrain est précieux à la fois pour l’État comme pour tous ceux qui cherchent à comprendre le phénomène de conflit en Casamance. Ils sont rares les intellectuels et surtout les journalistes qui ont osé réellement s’intéresser au conflit, non par défaut de compétence, mais par peur pour leur sécurité.

René Capain Bassène pouvait ainsi se targuer de « puiser directement ses informations à la source et non aux sources ». Au risque parfois d’incommoder les anciens acteurs – conflit de générations oblige – en remettant en question leurs rôles réels. Il invitait ses contempteurs connus et inconnus « à s’attaquer à ses écrits et propos et non à sa pauvre personne » et de ne pas choisir la « facilité et la malveillance qui consistent à coller une fausse étiquette à un individu dans le seul objectif de chercher à nuire ». 

C’est ce René Capain Bassène là, qu’on fait porter le titre de « cerveau », de « complicité » avec ceux qui ont été accusés d’être directement liés au crime de Boffa Bayotte, tous désormais acquittés.

De qui finalement René Capain Bassène est-il le complice ? 

En juin (13) 2022, la Chambre criminelle du Tribunal de Grande Instance de Ziguinchor avait prononcé dans l’Affaire de la « tuerie de Boffa Bayotte », onze (11) acquittements, deux (2) sursis, trois (3) condamnations à la réclusion criminelle à perpétuité dont un (1), en l’occurrence César Atoute Badiate par contumace et sous mandat d’arrêt international. 

Ironie de l’histoire, le jugement coïncidait avec une période où l’on a traité le parti Pastef (Patriotes africains du Sénégal pour le travail, l'éthique et la fraternité) de l’actuel président Bassirou Diomaye et de son Premier ministre Ousmane Sonko, d’accointance avec le Mfdc. Propagande qu'avaient les autorités étatiques pour interdire les manifestations de l’opposition sous prétexte de présence de rebelles lors de ces manifestations (cas du 17 juin 2022).

Pendant ce temps, les mêmes autorités étaient en contact avec César Atoute Badiate dont les hommes seraient dans Dakar, la capitale sénégalaise.

En effet, le 4 août 2022, à peine 3 mois après la condamnation par contumace de l’exécuteur du massacre de Boffa Bayotte, le Président de la République du Sénégal de l’époque, M. Macky Sall, avait dans un tweet salué César Atoute Badiate, pour avoir signé « l’accord de paix et de dépôt des armes au nom du comité provisoire des ailes politiques et combattantes du Mfdc ».

Comme le relève Maitre Ciré Clédor Ly dont nous reprenons l’esprit du propos, ce procès est une forêt d’irrégularités », fruit d’une « nébuleuse enquête de gendarmerie » qui frise « l’arnaque » judiciaire; sans compter les « mauvais traitements lors des interrogatoires, les changements successifs et inexplicables de juges d’instruction, les prolongations et suspensions d’audience, les refus d’auditionner des témoins capitaux pour prouver l’innocence des accusés, le refus de reconstitution des faits sur place, les grèves de la faim, les heures prolongées d’interrogatoire sans repos, les demandes refusées de liberté provisoire, et tant d’autres éléments qui témoignent de l’inexistence d’un procès équitable, où l’on a plus cherché des coupables au lieu de chercher la vérité ».

Le maintien de René Capain Bassène en prison, malgré le pourvoi en Cassation contre la décision d’appel (procès du 24 juillet 2024) qui a confirmé sans motif sa peine à lui et lui seul à la prison à perpétuité, n’a finalement pas de sens.

Sinon qu’il apparaît plus comme la victime de la machination politico-judiciaire de l’ancien régime contre les enfants de la Casamance, la persistance des pratiques d’un vieux système hérésie de la mystique du « Jub Jubal Jubanti ». 

Chaque jour de prison de plus pour Foumouna Bassène vient s'ajouter à plus de six (6 ans) de détention arbitraire pour lui !

Nous, soussignés signataires de cette pétition, demandons la libération de René Capain Bassène.
 

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Petition created on September 20, 2024