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Français
Lors de ma deuxième détention, un médecin avait évoqué la possibilité d'organiser une confrontation avec les personnes à l'origine de mon enfermement (3x). Je ne sais toujours pas précisément comment cette situation a été déclenchée, ni qui a dit quoi à qui.
Cette proposition de confrontation soulevait pourtant une question essentielle : celle de la nécessité d'entendre les différentes versions et de les examiner contradictoirement. La possibilité donc, que ma parole ait le même poids que celle de la multitude (fait intéressant: lors de ma première détention, j'avais passé un mois sans vêtements de rechange, sans même recevoir un seul appel à Noël).
Cette confrontation n'a finalement jamais eu lieu.
Deux ans et demi plus tard, je ne connais toujours ni les déclarations exactes qui ont conduit à ces détentions, ni les circonstances dans lesquelles un dispositif aussi important de force publique a pu être mobilisé.
Les personnes susceptibles de détenir des éléments de réponse restent silencieuses. Les informations dont j'ai pu avoir connaissance comportent, quant à elles, des incohérences importantes, notamment sur les dates et la chronologie des événements.
Pendant plus d'un an, j'ai sollicité à plusieurs reprises l'institution hospitalière publique afin d'obtenir des explications sur les circonstances de ces détentions. Je n'ai reçu aucune réponse. Ni même sur un médecin inconnu (!) qui a pu signer des documents me concernant (lui ne me connaît pas, et puis d'ailleurs "il part en retraite").
J'ai également demandé que soient vérifiés des épisodes rapportés par les personnes à l'origine des accusations, qui remonteraient à une vingtaine d'années et se seraient déroulés dans cette même ville. Là encore, aucune réponse.
Plus troublant encore, les éléments permettant de retrouver la réponse à cette dernière question semblent aujourd'hui introuvables. Je n'ai pas réussi à en retrouver la trace.
Je rappelle qu'une privation de liberté dans ce cadre relève d'une procédure légale spécifique, avec des garanties qui doivent être respectées, notamment l'intervention du juge des libertés et de la détention.
Aujourd'hui, je lance donc un appel à témoins.
Si les épisodes qui auraient été rapportés il y a une vingtaine d'années, dans cette même ville, vous évoquent quelque chose, je suis disposé à entendre tout témoignage, toute information ou tout élément susceptible d'éclairer ces événements. Les témoins se sont volatilisés.
Je ne demande pas que l'on prenne parti. Je demande que les faits puissent être éclaircis et qu'absolument rien ne soit omis.
Si vous savez quelque chose, je suis prêt à vous écouter.
English
During my second period of detention, a doctor raised the possibility of arranging a face-to-face confrontation with the people whose actions had led to my detention(s). I still do not know exactly how the situation was set in motion, or who said what (interesting fact: during my first detention, I spent a month without the possibility to change clothes, without even receiving a phone call at Christmas).
The suggestion of a confrontation raised an essential question: why were the different accounts not heard and examined through a proper adversarial process?
That confrontation never took place.
Two and a half years later, I still do not know the exact statements that led to these detentions, or the circumstances in which such a substantial deployment of public law enforcement resources was mobilised.
Those who may hold relevant information remain silent. The information I have been able to obtain contains significant inconsistencies, particularly concerning dates and chronology.
For more than a year, I repeatedly contacted the public hospital institution to request explanations about the circumstances surrounding these detentions. I received no answer.
I also asked for an investigation into incidents reportedly described by the people behind the allegations, said to have taken place in this same city some twenty years ago. Again, no answer. Even about the unknown doctor who signed my document once (he says he doesn't know me either).
More troubling still, the information needed to trace the answer to that last question now appears to be impossible to find. I have been unable to locate any record of it.
I would also stress that deprivation of liberty in this context is governed by a specific legal procedure, with safeguards that must be respected, including the involvement of the French liberties and detention judge.
I am therefore making a public appeal for witnesses.
If the incidents reportedly described some twenty years ago, in this same city, sound familiar to you, I am willing to hear any testimony, information or evidence that might help clarify what happened.
I am not asking anyone to take sides. I am asking for the facts to be clarified.
If you know something, I am ready to listen. But not the half-baked story. The full story.