Santé, enseignement, justice : trois piliers en danger, une même alerte

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The Issue

Des professionnels de la santé, de l’enseignement et de la justice alertent ensemble sur la dégradation de leurs conditions de travail et ses conséquences pour la qualité des services publics en Belgique.
 Soignants, enseignants et magistrats prennent la parole d’une même voix. Ils alertent sur la manière dont les conditions pour exercer correctement leurs métiers respectifs se fragilisent. 

Lorsqu’un prestataire de soins, un enseignant et un magistrat prennent la parole ensemble pour exprimer les mêmes inquiétudes, il ne s’agit plus d’une revendication sectorielle, mais d’un signal adressé à l’ensemble de la société.

La santé, l’enseignement et la justice sont trois piliers fondamentaux de notre démocratie. Mais aujourd’hui, les professionnels de ces trois secteurs constatent avec inquiétude une fragilisation inéluctable des conditions indispensables à l’accomplissement de leurs missions. Chaque domaine est touché et un constat commun s’impose : la qualité des soins, de l’enseignement et de la justice mérite un débat à la hauteur de l’enjeu.

Les professionnels de ces secteurs dénoncent les conséquences de réformes qui découragent à embrasser ces carrières, qui les rendent incapables de répondre aux attentes et aux besoins croissants des citoyens, en termes d’organisation des soins, d’encadrement ou de conditions d’apprentissage ou d’allongement des délais de traitement des dossiers judiciaires.

Ils s’inquiètent de la sape de leur autonomie professionnelle, de leur capacité à pallier les absences et de la pénurie de collègues ou de l’accès aux services de la justice.

Les pressions que ces réformes font peser sur le système hypothèquent lourdement la prise en charge de l’apprentissage et de l’éducation, du vieillissement de la population et la confiance dans la capacité des institutions à faire respecter les règles communes.

Face à cette situation, de nombreux acteurs de terrain ont lancé des campagnes de sensibilisation comme la campagne « Soins en danger »), les actions symboliques aux abords des écoles ou les journées du « 20 mars » dans la Justice, afin d’attirer l’attention des citoyens sur l’avenir qui s’offre de plus en plus clairement à nous.

Ce débat concerne tous les citoyens. Il ne porte pas exclusivement sur les conditions de travail des professionnels concernés.

Lorsqu’un soignant dispose de moins de temps pour écouter et accompagner son patient, lorsqu’un enseignant doit gérer des classes toujours plus chargées ou lorsqu’un magistrat doit traiter un nombre croissant de dossiers, c’est la qualité du service rendu qui s’en trouve affectée.

Les questions fondamentales sont simples :

Quelle qualité de soins voulons-nous garantir aux patients ?

Quelle qualité d’enseignement souhaitons-nous offrir à nos enfants ?

Quelle qualité de justice voulons-nous assurer à chaque justiciable ?

Une démocratie ne se mesure pas seulement au nombre de ses hôpitaux, de ses écoles ou de ses tribunaux. Elle se mesure surtout à la qualité des services qu’elle est capable de garantir à sa population.

Or les acteurs de terrain constatent aujourd’hui une dégradation insidieuse de cette qualité. Ils demandent que leurs alertes soient entendues parce qu’elles concernent chaque citoyen, chaque patient, chaque élève, chaque famille et chaque justiciable.

Les répercussions qui se profilent à l’horizon seront très concrètes :

Dans la santé :

– Un accès plus difficile à certains soins ;

– Des délais plus longs pour obtenir un rendez-vous ou une prise en charge ;

– La raréfaction de certains professionnels dans certaines régions ;

– Moins de temps consacré à chaque patient et d’attention consacrée à certaines pathologies ;

– Une dégradation progressive de la relation de confiance entre soignant et patient.

Dans l’enseignement :

– Des difficultés accrues pour remplacer les enseignants absents ;

– Une augmentation de la taille des classes ;

– Un accompagnement plus limité des élèves ;

– Une multiplication des missions confiées aux enseignants sans moyens correspondants ;

– Une augmentation du risque de décrochage scolaire pour les élèves les plus fragiles.

Dans la justice :

– Des procédures plus longues et des délais accrus pour obtenir une décision ;

– Un temps d’écoute et d’information réduit pour les justiciables ;

– Davantage de citoyens renonçant à faire valoir leurs droits ;

– Une augmentation du sentiment d’abandon et de défiance envers les institutions et leur efficacité ;

– Le risque d’une justice plus expéditive et moins éclairée par les faits ;

– Un recours à d’autres formes de justice.

Face à des constats convergents, les acteurs de la santé, de l’enseignement et de la justice choisissent aujourd’hui de faire entendre une voix commune.

Leurs préoccupations ne sont ni corporatistes ni catégorielles. Elles veulent préserver des services essentiels à la population et maintenir un haut niveau de qualité dans leurs missions.

Dans cette perspective, des initiatives communes sont en gestation afin d’ouvrir un dialogue associant citoyens, professionnels de terrain et responsables publics. Une table ronde est d’ores et déjà envisagée le 8 octobre 2026, dès 19h, dans les locaux de l’ULB.

Parce que les services publics et non marchands ne constituent pas une dépense parmi d’autres, parce qu’ils sont le socle de notre cohésion sociale, la garantie de l’égalité des chances et l’une des conditions essentielles du bien-vivre ensemble et parce qu’ils sont une richesse collective, particulièrement précieuse pour celles et ceux qui ne disposent pas de ressources suffisantes pour compenser les défaillances du système, ils méritent quelques égards.

Lorsque ceux qui soignent, ceux qui enseignent et ceux qui rendent la justice alertent d’une même voix sur l’avenir de leur mission, ce n’est pas seulement leur avenir qui est en jeu, c’est celui de notre démocratie, c’est celui de notre pacte social et, au fond, celui de chacun d’entre nous.

*Signataires : Pour l’Union Belge des Prestataires de Soins, Olivier OTTE, Françoise GUIOT et François LATOUCHE ; Pour le Collectif des Infirmiers Libéraux de Belgique, Joachim DELBART ; Pour l’Association de Soutien des Kinésithérapeutes, Julie WARNIJ ; Pour l’Association Syndicale des Magistrats, Laurent SACRÉ ; Pour l’Union Royale des Juges de Paix et Juges de Police, Vincent DELFORGE ; Pour l’Union Professionnelle de la Magistrature, Isabelle COLLARD ; Pour le Collectif Solidaires pour une action en justice contre les mesures de la FWB/enseignement, Justine VOOS ; Pour Enseignants en lutte, Verviers, Johanne DÉDERIX ; Pour Mars Attacks, Sébastien DEMARCHE ; Pour la CSC-Enseignement, Xavier TOUSSAINT ; Pour Supérieur en lutte, Cécile HAYEZ

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Petition created on September 25, 2026