Pétition pour la défense du statut régional de Fada au Tchad

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L’organisation territoriale d’un État relève du pouvoir politique, mais toute nouvelle organisation doit préalablement faire l'objet d'études sérieuses notamment sociologiques, démographiques et économiques. Un découpage administratif pertinent doit prendre en compte plusieurs facteurs socioculturels et historiques, car une région dont les habitants partagent les mêmes valeurs est plus efficace économiquement et plus solidaire humainement.

L’Ennedi, déjà victime du découpage administratif précédent, l’ayant divisée en deux régions avec les appellations Ennedi-Est et Ennedi-Ouest, est une fois de plus, l’objet d’une injustice suite aux  propositions du comité technique pour les réformes institutionnelles.

Dans son rapport final, ce comité a retenu plusieurs fusions des anciennes régions pour créer des nouvelles régions plus grandes, à l’exemple de la fusion du Bahr El Ghazel, du Kanem et du Lac avec pour chef-lieu la ville de Bol, de deux Logones ou encore le rattachement de la Tandjilé et du Mayo-Kebbi Est à Pala. Pour la région de L’Ennedi, la ville de Fada a perdu son statut de chef-lieu au profit d’Amdjarass qui ne faisait même pas partie des subdivisions administratives du Tchad avant 2012.

Après le tollé général engendré par cette annonce, et la protestation catégorique des cadres de ces différentes régions pendant le Forum sur les réformes institutionnelles, toutes les propositions décriées ont été tout simplement abandonnées. Dans la synthèse des travaux du Forum, il a été convenu de revenir aux 14 préfectures d’avant 1990.

Seul le B.E.T. fera l’objet d’un démantèlement en trois provinces avec le maintien de la rétrogradation de Fada au profit d’Amdjarass !

Les fonctions culturelles et économiques de Fada dans L’Ennedi ne sont pas à démontrer. Choisie chef-lieu de L’Ennedi en 1913, et puis, érigée en district en 1936 pour sa position stratégique et surtout pour ses ressources minières constatées depuis l’époque coloniale, Fada, une oasis avec ses jardins et sa palmeraie, est un lieu de confluence de toutes les communautés du Nord-Est dans le grand B.E.T. Dans cette zone géographique du pays qualifiée d’Eden du Sahara par les touristes, il y a deux sites historiques inscrits sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco. Il s’agit des lacs d’Ounianga, inscrits en 2012 comme patrimoine de type naturel, du Massif de l’Ennedi et de la guelta d’Archeï qui abrite l’art rupestre et des crocodiles du Sahara, tous les deux inscrits en 2016 au patrimoine de l’humanité.

Si l’idée du rattachement de Fada, chef-lieu de L’Ennedi à Amdjarass, est guidée par des motivations stratégiques liées à l’importance historique et économique de la zone, il n’en demeure par moins que cela apparait comme une offense envers la région du grand BET.

  • Conscients de la gravité de cette décision et de ses conséquences sur l’équilibre social et économique de la région;                                                                                                                                         
  • Fermement attachés à notre unité, tout en réclamant dignement notre droit à vivre ensemble comme l’ont vécu nos aïeux sur nos terres dans le respect des devoirs des citoyens ;                                                                                                                                              
  • Nous, cadres ressortissants du Borkou, Ennedi et Tibesti, réunis en Collectif pour la Défense de Fada (CODEF), ne pouvons accepter une disparition programmée de Fada qui fait partie de notre identité.
  • En conséquence, nous nous prononçons pour le retrait, sans délai et sans condition, de cette décision qui a pour objectif la dislocation de L’Ennedi ;
  • Demandons au gouvernement de rétablir la ville historique de Fada dans son statut  de chef-lieu de L’Ennedi et d’œuvrer pour son rayonnement et sa pérennité ;
  • Et condamnons avec la plus grande vigueur cette forme de discrimination dont nous sommes les seules victimes des dernières réformes institutionnelles au Tchad.

Aussi, nous appelons toutes les populations de Fada, Faya-Largeau, Bardaï, Kalait, Moussoro, Mao, N’Djaména, Abéché, Moundou, Sarh, Mongo, Biltine, Bol, Pala, Ati, Laï, Am-Timan, Doba, Baïbokoum,… à se lever comme un seul homme pour défendre nos capitales et équilibres régionaux.

 Pout tout renseignement : collectif.fada@gmail.com



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