Pour des Data Centers respectueux de l’environnement et des riverains de Paris 11e

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Le problème

Nous sommes des habitants du quartier Charonne dans le 11ème arrondissement de Paris, bordé par la rue Léon Frot, la rue de Belfort, le boulevard Voltaire et la Cité Phalsbourg, riverains de deux Data Centers mitoyens appartenant l’un et l’autre au groupe KDDI, leader japonais des télécommunications :

- Téléhouse, 137  boulevard Voltaire, en activité depuis 25 ans ; l'un des fournisseurs de colocation en data center les plus importants d’Europe.

- KDDI, 65 rue Léon Frot, d’une surface beaucoup plus importante que Telehouse, et dont la mise en activité est imminente.

Ces centres de données couvrent à eux deux un site industriel de plus d’un hectare, en plein cœur de Paris, en mitoyenneté directe avec nos appartements.

Ce nouveau site gigantesque est visiblement d’une telle importance stratégique que la société KDDI a obtenu tant de la Mairie de Paris que de la préfecture, l’autorisation de s’implanter sans grandes contraintes. C’est ainsi qu’en matière de sécurité incendie, la préfecture les a dispensés des règles de sécurité habituelles concernant les accès pour les pompiers, et ce :

- malgré l’ajout sur ce site en plein milieu des habitations de cuves contenant 160.000 litres de fioul (qui viennent s’ajouter à celles de 50.000 litres de Téléhouse),

- sans considération pour la densité du quartier, la mitoyenneté avec des appartements, les nuisances multiples que cela engendre,

- sans égards pour les préoccupations sur les questions d’environnement d’une large majorité de parisiens qui s’est exprimée au travers des élections municipales de 2020,

- et enfin en contradiction flagrante avec la politique environnementale affichée de la municipalité parisienne en matière de lutte contre la pollution et les îlots de chaleur...

Dans quelques jours, aux nuisances du Data Center historique Telehouse, s’ajouteront celles de ce tout nouveau Data Center KDDI, sans que l’on connaisse les impacts en terme de santé, sécurité et nuisances, faute d’étude environnementale.

Il rejettera dans l’atmosphère les gaz de combustion de ses groupes électrogènes et, contrairement à ce qui avait été annoncé d’un soi-disant souci de « s’intégrer durablement à son environnement », ne valorisera qu’une infime partie de la chaleur produite par ses installations : seulement 6 appartements d’un immeuble de la rue de Belfort bénéficieront d’une partie la chaleur produite. L’énorme chaleur générée par les installations informatiques sera donc expulsée dans l’atmosphère, à quelques pas seulement des toits-terrasses des riverains, par des systèmes de ventilation localisés en toiture derrière des panneaux anti-bruit de 6 mètres de haut. Panneaux qui, par ailleurs, amplifient le bruit de la Ville barrent l’horizon de nombreux riverains.

En réalité, le bruit que font la cinquantaine d’énormes ventilateurs installés sur les toits des bâtiments contigus des deux Data Centers, les groupes-froid en rez-de-chaussée côté rue Léon Frot, les groupes électrogènes dont les fumées se rabattent sur les immeubles environnants et parfois jusqu’à l’intérieur des habitations, nous impactent dans notre quotidien, à différents degrés selon la situation de nos logements, selon les jours ou les heures, de nuit comme de jour. D’autre part, sans étude environnementale, nous ne savons pas si les équipements présents dans ces 2 data centers émettent des ondes électromagnétiques, et à quel niveau.

Comment ce nouveau projet aussi peu « durable » et aussi impactant pour les parisiens peut-il encore voir le jour en plein Paris sans contrôle préalable ? Sans étude d’impact environnemental ? Sans que tous les riverains susceptibles d’être impactés d’une façon ou d’une autre aient été informés ?

Parce que les industriels saucissonnent les sites polluants pour passer sous les seuils qui imposeraient des études et des contrôles plus poussés.

Ne devrions-nous pas être en train de limiter ces îlots de chaleur à Paris et les nuisances sonores plutôt que d’en créer de nouveaux en 2021 ? Combien de terrasses de café chauffées ces deux Data Centers vont-t-il représenter en terme de production de chaleur, été comme hiver ? Combien de mètres-cube de dioxyde de carbone vont nous être régulièrement soufflés à la figure, tandis qu’on annonce vouloir faire de Paris la « capitale de la transition écologique ? »

Aujourd’hui, nous nous inquiétons que de telles installations industrielles soit permises et favorisées, au centre même d’une grande ville comme Paris, sans qu’une réelle consultation ni information n’ait été réalisée.

Notre objectif n’est pas de nous élever absurdement contre les progrès de la technologie, tout en continuant d’utiliser nos téléphones, ordinateurs, et autres nuages de données.

Mais il est par contre de notre responsabilité à tous de veiller à ce que soient données des limites aux industriels et aux opérateurs, et que soient prises en considération les conséquences de ces installations sur les riverains et l’environnement, d’autant plus lorsqu’ils veulent s’implanter au cœur de la ville.

C’est pourquoi nous demandons à la Mairie du XIème arrondissement, à la Mairie de Paris, à la préfecture de Paris et à l’État français de :

- Reconnaître que les effets et les risques liés à l’activité des deux centres de données placés sur un même site s’accumulent ;
- Contraindre de ce fait l’ensemble formé par les deux Data Centers à respecter les seuils imposés par la législation, comme si c’était une seule et même entreprise ;
- Mandater sur place des experts indépendants afin que soit mesuré l’impact sur l’environnement et la population des activités cumulées des deux Data Centers, à court terme comme à échéance de la réalisation totale du projet de KDDI sur ce site ;
- Ne pas autoriser la mise en exploitation du nouveau Data Center si les risques s’avéraient trop grands pour la sécurité et la santé des riverains
- Faire appliquer le principe de précaution pour les risques ne pouvant être encore mesurés;
- Donner toute transparence aux riverains et autres personnes susceptibles d’être impactées sur les résultats de ces mesures ;
- Obtenir de KDDI les indemnisations nécessaires si des riverains subissent des nuisances portant atteinte à la pleine jouissance et/ou à la valeur de leurs biens.
 

Les décisionnaires

Anne Hidalgo
Maire de Paris
Barbara Pompili
Député de la 2ème circonscription de la Somme
Valérie Pécresse
Présidente de la région Île-de-France

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Pétition lancée le 26 février 2021