Pour la fin des lycées de niveau à Paris et une nouvelle procédure AFFELNET Seconde !

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« AFFELNET Seconde à Paris : efficace mais insatisfaisant ! »

Voici la lettre ouverte adressée par la FCPE Paris le 6 juillet 2018 au Recteur de l’Académie de Paris, Gilles Pécout. La FCPE invite tous les parents d'élèves parisiens et toute la communauté éducative parisienne à signer cette lettre ouverte pour exiger la fin des lycées de niveau à Paris et la mise en place d'une nouvelle procédure d'affectation en lycée.

 

Les futurs lycéens parisiens connaissent les résultats de leur affectation pour la rentrée 2018 depuis vendredi 29 juin. Si les informations délivrées par l’Académie de Paris en amont de la publication des résultats de la campagne d’affectation par le net (AFFELNET) en seconde semblaient annoncer une procédure plutôt satisfaisante (11844 élèves affectés au premier tour et seulement 194 non affectés en filière générale et technologique), force est de constater que notre premier bilan qualitatif tend à confirmer l’épuisement du système dans son ensemble.

Très clairement, si la procédure AFFELNET est aujourd’hui relativement « efficace » administrativement ou techniquement parlant (le taux d’affectation au premier tour en GT est tel en 2018 qu’un second tour informatisé n’est pas jugé nécessaire), elle fait pourtant durablement, et définitivement, figure de procédure « insatisfaisante » tant d’un point de vue humain que scolaire.
Le taux d’affectation ne serait pas mauvais ? 1.61% seulement de non affectés en GT et 13% en pro… La satisfaction sur le 1er vœu ou les 3 premiers vœux ne serait pas en chute libre ? 63.50% sur le 1er vœu (63% en 2017) et 85.50% sur les 3 premiers vœux (87% en 2017)... Mais quel est le ressenti chez les élèves ? Personne ne semble vraiment s’intéresser au sujet.
Pour trop d’élèves de troisième la dernière année de collège rime avec inquiétude et pression scolaires. Dans les familles aussi — tous profils sociaux confondus — s’est progressivement installée la représentation anxiogène selon laquelle « tout se joue avec AFFELNET puisqu’il faut avoir le bon lycée pour réussir après ». Et chacun d’entretenir à son échelle le système, terriblement pervers. Ce que les nombreux « faits divers » de l’AFFELNET 2018 sont à nouveau là pour confirmer.

La logique de vœux est une logique de faux choix « sous contraintes » contraire au renforcement de la bienveillance éducative.
AFFELNET n’est actuellement ni un opérateur satisfaisant de justice scolaire ou de mixité sociale et scolaire ni un accélérateur de réussite scolaire et encore moins de bien-être scolaire.
La persistance de « faits divers » (ces fameux bugs incompréhensibles plus ou moins réparés chaque année par les autorités académiques en dérapage contrôlé avant les vacances d’été) qui impactent humainement encore trop d’élèves disqualifient toute la logique actuelle d’affectation en lycée.
Les résultats du 1er tour en pro cette année sont aussi symptomatiques : avec 536 non affectés et 700 places vacantes, le vrai problème c’est bien l’orientation. AFFELNET, en focalisant sur le choix d'un établissement, perturbe et enraye le nécessaire processus d'orientation.
L’Académie de Paris doit entendre les insatisfactions légitimes des familles sur les choix d’orientation et les logiques d’accompagnement en amont de ces choix.
Les remontées de juin 2018 attestent encore de trop nombreuses incompréhensions et sentiments d’injustice sur les affectations chez les élèves. Des jeunes sont par exemple affectés dans des établissements où il n’y a pas les filières de leur choix.
Les angles morts, malentendus et transmissions imparfaites d’informations sur les compétences persistent depuis deux ans. Il y a toujours trop de disparités sur les « politiques d’établissement » et la formation des enseignants pour évaluer et communiquer sur ces compétences.

La déclinaison parisienne actuelle du système AFFELNET Seconde ne peut plus se justifier. Comme elle le rappelle depuis des mois et des années, la FCPE Paris entend redire l’urgence absolue qu’il y a à mettre en place une toute nouvelle logique d’affectation en lycée. Mais attention, c’est tout le référentiel qui doit changer. Terminés les bricolages, expérimentations, ajustements à la marge. Terminés les faux-semblants qui déculpabilisent les pourvoyeurs de justice scolaire et frustrent les hussards de la méritocratie, tout en exacerbant les dérives des tenants de l’individualisme scolaire.

La FCPE Paris vous le redit, Monsieur le Recteur, seule une offre scolaire équivalente sur tout le territoire parisien pourra dessiner pour l’ensemble des lycéens une nouvelle vision de la réussite scolaire, de nature à réduire enfin les phénomènes de concurrence, de cohabitation et de défiance scolaires. Il faut enfin s’engager dans la lutte contre les lycées de niveaux en dopant la pédagogie dans les lycées transitoirement « de moins bonne réputation », en permettant à tous les lycéens parisiens d’accéder, à proximité de chez eux, à des formations de leur choix dans le cadre d’un réel parcours d’orientation.
Il faut sortir les lycées parisiens de la logique des réputations et des hiérarchies scolaires, parce qu’il faut sortir les élèves et leurs familles des logiques de la concurrence ou du désenchantement scolaires.

 



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