Proposons une loi pour que les terres "bio" ne puissent repartir en "conventionnel"!

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Autour de notre propriété, dans une belle région de bocage normand du Bessin (secteur d'Isigny sur Mer), un agriculteur bio a fait faillite en raisons de difficultés variées dont certaines personnelles.

Ses 50 ha de prairies, qui étaient cultivées en bio depuis plus de 10 ans, ont été réattribuées à trois agriculteurs voisins par la SAFER. Malheureusement, ceux-ci sont en agriculture conventionnelle. L'un d'eux a tout de même l'intention de garder les terres en pâtures mais les deux autres vont retourner les prairies après les avoir arrosées de Round up pour y cultiver des céréales. Certaines haies sont même en train d'être arrachées.

Nous sommes très préoccupés par cette situation car 17 ha de ces terres entourent complètement notre propriété et notre maison est à 40 m de la clôture. Nous sommes même dans un creux et allons récupérer par ruissellement tous les produits chimiques qui vont être utilisés. Nous allons perdre notre beau paysage, (celui qui nous avait fait craquer pour ce lieu il y a 8 ans) mais nous allons aussi être exposés aux différents pesticides qui seront utilisés dans le cadre de cette agriculture conventionnelle. Nous n'imaginions même pas que les paysans arrosaient la terre de Round up  avant de la retourner maisl'agriculteur qui récupère les surfaces tout autour de notre propriété nous l'a confirmé.

Nous avons essayé de discuter avec lui et il a bien voulu nous écouter mais il fait partie de ces paysans qui sont pris dans un engrenage économique institué par les grandes firmes comme Monsanto et il est persuadé que l'agriculture bio n'est pas viable. Il n'est malheureusement pas sensible non plus aux arguments concernant la santé et la biodiversité. Il a consenti à nous octroyer une bande de 10 m de distance ce qui est aimable mais malheureusement pas suffisant du tout. (Un projet de loi récent qui n'a hélas pas abouti demandait une distance de 200 m des habitations pour la pulvérisation des pesticides). Nous allons devoir déplacer notre potager et notre poulailler, et planter une haie à nos frais sur une distance de plus de 100m... Malheureusement, cette technique d'exploitation implique que les vaches restent en stabulation la plus grande partie de l'année et qu'elles mangent non pas de l'herbe mais des céréales ensilées, ce qui n'est pas, bien évidemment, leur alimentation naturelle.

MAIS... En dehors de notre cas personnel, c'est l'absurdité de cette situation qui nous désespère :

en effet, ces 50 ha de terres étaient en bio depuis plus de 10 ans et on sait qu'il faut au moins 3 ans pour obtenir une certification. C'est donc un terrible retour en arrière, à une époque où tous les citoyens informés sont de plus en plus inquiets sur le devenir de la planète. Nous ne pouvons ignorer l'impact du mode de culture conventionnel intensif sur notre santé, sur la biodiversité, et sur le paysage.

La Normandie est de moins en moins préservée et en cette année 2019, les agriculteurs ont l'autorisation de retourner n'importe quelle prairie, sous prétexte que le quota de prairies permanentes est maintenant atteint!

Nous avons été reçus par la Safer qui nous a expliqué, par l'intermédiaire de son directeur, qu'il n'existe pas de loi interdisant que des terres bio repartent en agriculture conventionnelle. Cet organisme a malheureusement privilégié le regroupement des terres à des agriculteurs voisins plutôt que de rechercher et d'encourager un agriculteur bio ou souhaitant se convertir. C'est d'autant plus déplorable qu'il y a une forte demande de lait bio dans le secteur puisque les industries de transformation du lait locales répondent aux demandes des consommateurs qui sont de plus en plus vigilants sur la qualité de leur alimentation. C'est également  regrettable parce que l'une des missions "affirmées" de la Safer est de protéger l'environnement et le paysage...

Le maire de la communauté de communes est tout à fait sensible à cette situation comme nous l'avons bien senti lors de l'entretien qu'il nous a accordé.

Malheureusement il est lui aussi impuissant tant qu'une loi n'est pas votée dans ce sens, c'est à dire une loi permettant la sanctuarisation des terres exploitées en bio depuis un certain nombre d'années.

A notre époque où toutes les études indépendantes témoignent de l'impact dramatique de la pollution de l'air, de la terre et de l'eau sur notre santé, il est indispensable que l'on encourage et que l'on protège les avancées vers une agriculture respectueuse de l'homme et de son environnement. Ainsi il ne devrait pas être possible d'observer un tel retour en arrière.

En tant que citoyens inquiets pour l'avenir de la planète et pour la santé de nos enfants et petits-enfants, nous demandons l'intervention des pouvoirs publics afin de nous maintenir dans une démarche de progrès par rapport à toutes ces grandes questions environnementales et sanitaires, et non pas le contraire!

Exigeons une loi qui protège définitivement les terres bio et encourage les agriculteurs à se convertir progressivement. D'ailleurs si cette loi existait déjà, elle aurait probablement incité nos voisins exploitants agricoles à développer une filière bio pour pouvoir récupérer ces terres.

Rappel : à partir du 1er avril, (date à laquelle l'autorisation d'exploiter sera délivrée comme nous l'a expliqué la Safer), une vingtaine d'ha de prairies bio (et probablement plus par la suite...) vont disparaître sous le Round up... Et probablement plus aux alentours par la suite...

Mobilisons-nous pour notre avenir!