Dérive de tout le système dédié au suivi médical des travailleurs du nucléaire


Le refus de l’ASN à vouloir considérer une alerte dénonçant des pratiques portant atteintes aux conditions de réalisation du suivi médical des travailleurs du nucléaire, sans jamais apporter aucun contre argumentaire technique aux constats avancés, n’est ni plus ni moins qu’une confiscation d’alerte qui vise à occulter certaines vérités. Les arguments développés remettent fondamentalement en cause, non pas le calcul de l’évaluation dosimétrique interne, mais la méthodologie frauduleuse qui a été instaurée pour la détourner de son principe scientifique.
Si autant de silence entoure cette question, si autant d’intimidation se font jour pour en dissuader quiconque tenterait de l’évoquer, c’est tout simplement par peur, tant la portée de ce qui est soulevé révèle la dérive de tout le système dédié au « suivi médical des travailleurs du nucléaire ».
L’évocation du suivi médical des travailleurs n’a pas échappé à l’oreille très attentive des exploitants, notamment d’ORANO, qui tout à coup s’est retrouvé très concerné à l’évocation du cas Patrice Girardier sur le site d’utilité publique du collectif Ma Zone Contrôlée.
Il se trouve que Gilles Reynaud son Président, qui est intervenu lors de l’enquête parlementaire sur le nucléaire pour apporter témoignage sur les conditions de travail, est lui-même employé chez ORANO, tout comme Patrice Girardier puisque la société Polinorsud en est une émanation.
Orano n’a pas du tout apprécié le fait.
Cinq jours de mise à pied sans salaire, pour avoir évoqué le cas Patrice Girardier, au nom d’une pseudo-atteinte à l’image de la société et quelques discrètes recommandations sur la diffusion de certains articles qu’il aurait été opportun d’éviter de publier et de relayer, mais cela ORANO ne le couchera pas sur le papier.
Il se trouve que les articles évoqués ont précisément été écrits, par l’auteur de l’alerte envoyée à l’ASN, mais lui n’étant pas d’ORANO, il ne pouvait être atteint directement, cependant cet ex-agent EDF a été licencié (après avoir lancé l’alerte). Vu de l’intérieur, le monde de l’atome est petit et beaucoup moins hermétique qu’il n’y parait de l’extérieur.
La sanction rendue publique par ORANO invite à comprendre que la force de dissuasion nucléaire, s’étend au-delà du concept qu’on lui prête habituellement et que par extension elle a pouvoir de justifier de son application au civil, ne serait-ce que dans le principe de la méthode dite « de dissuasion ».
Ceci étant clairement une manœuvre d’intimidation à quiconque serait tenté de relayer des informations compromettantes sur certaines réalités, quand bien même celles-ci seraient de nature sanitaire.
De toute évidence les exploitants sont à l’affût et ont une attitude particulièrement agressive envers quiconque évoque le sujet.
Si l’ASN choisit de se cantonner à une fin de non-recevoir devant les évidences de l’alerte, c’est que ses ordres sont dictés, son « indépendance » est toute relative et sa liberté d’action bien moins étendue que ce qu’elle veut bien admettre.
Cette alerte remet fondamentalement en cause, non pas le calcul de dose, mais la méthodologie frauduleuse qui a été instaurée pour la détourner de son principe scientifique. Cet état de fait est passé sous silence par tout le monde, tant la portée de ce qui est soulevé révèle une dérive inimaginable, elle compromet toute la crédibilité de l’atome et de ses institutions.
Alors là vous comprenez qu’espérer passer au travers des risques, c’est un peu comme jouer à la roulette russe mais avec presque toutes les balles dans le barillet.
Sauf que ceci n’a rien d’un jeu, c’est le quotidien de milliers de personnes.
https://issuu.com/associationmzc/docs/plainte_asn_260918