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Lyon
« Vous n’auriez pas été élue si on avait su tout ça » : dans les Pentes, le projet de la clinique Saint-Charles présenté aux habitants sous haute tension
Organisée le 2 novembre à la mairie du 1er arrondissement, la réunion publique portant sur l’extension de la clinique Saint-Charles s’est tenue sous haute tension. Les porteurs du projet et la maire écologiste de l’arrondissement ont fait face au mécontentement de la cinquantaine d’habitants venus chercher des réponses.
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Une habitante a fait part de ses interrogations à François Brogniart, ingénieur et assistant aux maîtres d’ouvrage. Photo Sibylle Beaunée
Sibylle Beaunée
Publié le 3 nov. 2026 à 17:00 – Mis à jour le 3 nov. 2026 à 17:24
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« Ça ne sert à rien qu’on assiste à votre réunion, si vous ne comptez pas nous répondre ! » La soirée vient tout juste de débuter, mais la tension est déjà palpable. À la mairie du 1er arrondissement de Lyon, c’est une cinquantaine d’habitants qui sont venus en quête de réponses ou pour en découdre. Face à eux, les porteurs du projet de l’extension de la clinique Saint-Charles, dont les architectes du cabinet AAGroup, réunis dans le cadre de la réunion publique, le lundi 2 novembre.
« Notre volonté est de renforcer l’offre de soins. Il y a une véritable demande sur le secteur. On est très mal classés… » Dans l’assemblée, les mots de la maire écologiste, Yasmine Bouagga, ne passent pas. « Nous n’avons eu aucune communication. Il n’y a pas de transparence sur ce dossier. Tout le monde est inquiet », l’interpelle un riverain des Pentes, lui demandant au passage 45 minutes d’expression libre à l’auditoire, dont la majorité a découvert le projet en juillet, via l’installation du permis de construire. Le conseiller municipal du groupe d’opposition (Lyon humaniste et démocrate), Edouard Hoffmann, vise directement l’édile comme responsable de la situation : « Vous n’auriez pas été élue si on avait su tout ça. Vous ne nous avez rien dit alors que vous êtes au courant depuis trois ans. »
« Il y a une vraie fragilité des sols »
Portés à 24 millions d’euros (HT), les travaux de restructuration, surélévation et extension des bâtiments de la clinique font grincer des dents. Une modernisation essentielle selon le docteur Henri Cuche, président de la clinique Saint-Charles : « Dans le 1er arrondissement, nous sommes considérés comme un désert médical. Si nous ne modernisons pas nos locaux, nous risquons de perdre des patients, alors que la clinique est utile pour les citoyens du 1er, du 2e et même du 4e arrondissement. »
Dans les points qui fâchent figure l’aménagement du sous-sol avec deux niveaux de parking. « Il y a une vraie fragilité des sols et quand je vois les travaux à faire dans le sous-sol, ça m’interroge. Vous ne tenez pas compte de savoir si c’est dangereux », déplore une habitante de la rue Ornano, membre de l’association Environnement Place Morel. Une autre s’interroge : « Dans la rue de Flesselles, il y a eu un affaissement de terrain, mais aussi des interventions sur les réseaux et canalisations qui ont impacté le sol. » Ingénieur et chef du projet chez KOS Partners, Alexandre Cavelier, tente de rassurer : « Avant de creuser, nous allons sécuriser le site. Des vibrations vont être réalisées à l’aide de pieux pour voir les impacts. » Les Architectes des Bâtiments de France sont aussi sollicités.
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Neuf arbres abattus
« L’objectif, c’est de ne plus voir les voitures. On va éliminer le parc de stationnement existant et replanter des arbres pour en faire un jardin suspendu », partage Guillaume Grange, architecte et dirigeant du cabinet AAGROUP.
Une plantation pointée du doigt par Edouard Hoffmann : « Arrêtez de nous vendre des jardins de Babylone. Vous vous moquez de nous ? Ce sont des arbres centenaires que vous allez abattre. » Faux, « ils ont été plantés en 1969, ils ont 57 ans », précise Guillaume Grange. Ces cinq platanes vont être abattus pour la construction du bâtiment Nord, ainsi que quatre autres dans le jardin Sud, selon les recommandations du bureau d’études Arbolibre.
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Sujet de tensions également, les anciens bains-douches municipaux, cédés en vue de l’implantation de huit médecins. Une réunion complémentaire sur la structure doit être organisée par la mairie. Pour l’heure, la date n’a pas été communiquée.