“Madame, Monsieur,
Vous m’avez communiqué la pétition que vous avez mise en ligne sur le site Change.org, pour sauver la piscine Ancely à Toulouse.
J’ai pris bonne note de vos observations et je vous remercie de m’en avoir fait part personnellement.
En tout premier lieu, je tenais à vous dire combien la Municipalité que je conduis est sensible à l’attachement des Toulousaines et des Toulousains à leurs équipements sportifs de proximité.
Néanmoins, pour permettre la poursuite des investissements et du développement de la ville, tout en maintenant un équilibre budgétaire, notre stratégie budgétaire repose notamment sur des économies de fonctionnement.
Il s’agit donc d’identifier rationnellement les économies à réaliser en ciblant prioritairement les services qui coûtent le plus cher et qui concernent le moins de personnes, lorsque par ailleurs une solution alternative pourrait être proposée aux usagers en cas de fermeture. Il s’agit typiquement du cas de la piscine Ancely.
Cette mesure s’est avérée particulièrement nécessaire. Le contexte budgétaire actuellement contraint nous impose en effet de réaliser d’importantes économies sur nos dépenses de fonctionnement, afin de sauvegarder l’investissement et donc l’emploi local.
Nous avons commencé avec la réduction progressive des subventions aux clubs sportifs et poursuivons avec une sélection dans l’ouverture des piscines, qui sont des services publics dont les coûts de fonctionnement sont élevés.
Nous avons pris nos responsabilités selon plusieurs critères, dont le premier est la fréquentation rapportée au coût de fonctionnement.
Ainsi, à Ancely, la fréquentation moyenne relevée était de 58 personnes par jour l’été. Cette piscine fait donc partie des établissements les moins fréquentés de la ville, et son coût d’exploitation, d’un total de 265 000 euros, rapporté à sa fréquentation, est particulièrement lourd pour un montant horaire de 466 euros.
Chaque usager, qui paye son entrée 3 euros, coûte en réalité 78 euros à la Ville ! C’est ainsi 9 % du prix de revient qui est acquitté par le contribuable toulousain.
Tous ces éléments font que cet équipement aurait dû fermer, même si pour le bien-être des habitants du quartier, dans un souci de compromis, nous avons décidé l’été dernier de le conserver ouvert un peu plus d’un mois.
Je tiens à vous rappeler que dans ce contexte budgétaire particulièrement difficile, la Collectivité fait les trois-quarts des efforts pour économiser sur ses dépenses actuelles, tandis qu’un quart de l’effort est demandé aux Toulousains eux-mêmes à travers l’impôt et les tarifs.
Aussi, nous sommes obligés de réaliser des économies sur des équipements sous-utilisés car nous ne pouvons augmenter davantage les impôts.
Par ailleurs, si les économies faites ici sont d’une ampleur limitée, selon l’adage « les petits ruisseaux font les grandes rivières », l’effort cumulé sur tous les services nous permettra d’investir pour l’avenir dans d’autres équipements sportifs, avec notamment la prochaine mise en œuvre d’un Plan piscine.
De plus, je tiens à vous mettre en garde contre l’instrumentalisation de la piscine d’Ancely à des fins politiciennes par certains responsables politiques. En effet, c’est grâce à l’action des municipalités conduites successivement par Pierre BAUDIS, Dominique BAUDIS, Philippe DOUSTE-BLAZY et moi-même, que Toulouse, sur l’ensemble de son territoire communal, a davantage de piscines que les autres grandes villes de France.
Or, la municipalité élue de 2008 à 2014 s’est complètement désintéressée de ces équipements sportifs puisqu’aucun projet de piscine n’a été lancé durant ce mandat. Elle s’est contentée d’inaugurer deux bassins dont les projets avaient été lancés sur ma décision avant 2008 : Alex Jany (Argoulets-Roseraie) et Jean Boiteux (Sept Deniers).
Pour finir, je vous rappelle que la proximité d’autres piscines municipales, tant à Toulouse (Boîteux, ou Chapou qui est à seulement 3 000 mètres) qu’à Blagnac (à 2 800 mètres), peut satisfaire les usagers.
En outre, la piscine Nakache, qui certes n’est pas à proximité immédiate de votre quartier, est toutefois un équipement à vocation métropolitaine pour lequel les usagers viennent de loin : pourquoi pas du quartier Ancely ?
Enfin, l’été dernier, il y avait plus de bassins ouverts à Toulouse qu’à Bordeaux ou Lyon.
En vous assurant de mon souci permanent de proposer des activités de qualité à tous les Toulousains dans les piscines, dans le respect d’une bonne gestion des deniers publics,
je vous prie de croire, Madame, Monsieur, à l’assurance de mes sentiments les meilleurs.
Jean-Luc MOUDENC”