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harcèlement sexuel

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Started 7 days ago

Petition to Jean-Marc Bustamante, Patricia Stibbe, Joan Ayrton, Ministère de la Culture et de la Communication

L'ENSBA doit agir en conséquence des autres institutions artistiques quant au harcèlement.

Dans le contexte de libération de la parole faisant suite à l’explosion de l’affaire Weinstein, qui a permis de mettre la société en face de ses pires éléments et systèmes d’oppression (soit la culture du viol), Madame la Ministre de la Culture Françoise Nyssen a décidé de venir prendre la température dans les deux écoles d’art les plus proches de son lieu de travail. Une de ces écoles est celle des Beaux-arts de Paris. Au moment où cette visite avait lieu, le 26 octobre, le Théâtre Paul Éluard de Bezons avait publié un communiqué à propos de témoignages de différentes femmes danseuses et chorégraphes de harcèlement et agression contre l’un des artistes qui avait un spectacle programmé et coproduit chez eux. Aussi la direction du théâtre mettait alors en pause son spectacle afin de pouvoir agir en conséquence. Cette personne n’étant autre qu’un professeur des Beaux-arts de Paris, Daniel Dobbels. La visite de la ministre avait beau venir comme une coïncidence, cette libération de la parole venait révéler plus que jamais à quel point le monde de l’art et ses écoles ne sont pas épargnées par l’un des problèmes les plus décisifs de ce début de siècle. En effet, il était aussi question à cette réunion de la sous-représentation des femmes dans les milieux professionnels de l’art : par exemple aux Beaux-arts de Paris : sur 60 professeurs théoriques et pratiques et techniques confondus, 18 femmes, une moyenne d’âge de 58 ans, face à 60% de femmes dans les rangs des étudiant.e.s. Les chiffres des artistes femmes vivant de leur pratique après leur sortie de l’école étant plus inquiétants encore. Mais le sujet du harcèlement et de l’agression était aussi nécessairement à l’ordre du jour : notre directeur Jean-Marc Bustamante avait alors déclaré : “Aucune plainte ne remonte jusqu’à moi.” Ce dont on ne peut malheureusement pas s’étonner, étant donné les structures d’écoute inadaptées à l’école, et le climat délétère de l’art, où la première monnaie d’échange est celle du pouvoir, de son abus et par conséquent de sa crainte. Il ne faut pas manquer de rappeler, comme c’était le cas dans l’article du “Monde” du 27 octobre, rapportant en plus des faits de cette réunion, que M. Bustamante avait tenu en 2006 des propos sexistes dans un catalogue d’exposition. Dans un droit de réponse, la direction a considéré le choix de la part de la journaliste comme “particulièrement orienté[…], incit[ant] le lecteur à penser que le ministère aurait sciemment choisi les Beaux-Arts parce que ces derniers seraient dans une situation de crise. Ce n’est absolument pas le cas.” [sic]. Tout cela sans pourtant pouvoir répondre à la véritable raison de ce communiqué, l’atteinte à l’image de l’école via son directeur, et l’impossibilité de répondre à ses propos. Le communiqué précise encore que “ [le choix de la journaliste du “Monde”] des propos de nos étudiants, [sont] bien plus nuancés et moins spectaculaires que ceux que vous avez extraits de leur contexte”. Nous, étudiant.e.s, présent.e.s à cette réunion, et rédigeant cette pétition précisons à notre tour que nous ne considérons nullement nos propos sortis de leur contexte et rendent compte de toute la nuance, celle de l’urgence, de la situation. Plus loin encore, de dire que l’école s’est engagée “ “très tôt” dans “une double démarche de labellisation Égalité et Diversité”, comme si cela était un gage suffisant et de bonne foi. Cependant, à l’aune du communiqué diffusé par le TPE - Bezons le 16 novembre, qui statue comme suit :  “Après la réception de plusieurs témoignages […] d’abus et violences sexuelles sous couvert de la danse, [et] entendu le chorégraphe et l’énoncé d’une “ambiguïté du désir qui fait la danse”, le TPE retire son soutien [financier et moral, nda] à la création de Daniel Dobbels.”  Nous demandons à la direction des Beaux-arts de Paris d’assumer clairement sa double position : celle d’école et de lieu artistique, alors que le communiqué sus-cité synthétise parfaitement ce que nous voulons ici dire : “Le TPE dit sa solidarité autant que la colère d’avoir été trompé et utilisé [...] Effectivement il ne nous appartient pas de juger du point de vue de la justice. Nous ne le faisons pas. Quid en revanche de l’engagement artistique ?” Alors oui, quid de cet engagement, artistique et plus encore, pédagogique, où, sur un plan général, le statut de professeur-artiste laisse une dangereuse porte ouverte à deux types d’abus différents, particulièrement si l’affaire Dobbels reste sous silence en nos murs ? Dès lors une demande simple, mais significative : une prise de parole publique et claire de la part des Beaux-arts de Paris, là où le silence ne peut être de mise. Lors du rendez-vous avec Madame la Ministre, des initiatives étudiantes face à ce problème étaient évoquées, et là où l’école semble manquer autant de solutions que de prises de position, certain.e.s étudiant.e.s ont décidé de créer une plateforme en ligne pour recueillir anonymement des témoignages de harcèlement ou d’agression, vis-à-vis tant des étudiants que des professeurs. Les premiers témoignages recueillis montrent que le problème est bien plus répandu et insidieux que suggéré par la réponse de l’école au “Monde”.  Mains sur la cuisse, insultes sexistes, harcèlement sexuel et moral, élèves contraintes d'éviter des professeurs et des cours tout au long de leur cursus, humiliations, remarques sur l'apparence, présupposés sexistes sur la qualité du travail…  Dès lors notre deuxième demande : car la position tenue par la direction, par exemple pour le cas Dobbels, dont elle est au courant depuis un mois, et a déclaré ne rien pouvoir faire “tant que ce n’est pas instruit par la justice” ou encore “tant que ça ne s’est pas passé à l’école”, est intenable. Intenable tout d’abord pour ses étudiant.e.s qui ne peuvent plus supporter d’avoir à continuer à souffrir de témoignages jugés irrecevables sous prétexte qu’ils ne sont pas remis à la justice, qui a trop de fois rappelé son incapacité à traiter ces cas et la violence qu’elle dirige contre les victimes en classant ces affaires sans suite. Intenable enfin pour une école, qui prétend à former les personnes qui feront le monde et l’art de demain, en restant dans un en-deçà amoral quant à la double exigence de l’art et de la pédagogie. Ces derniers jours, sous l'impulsion de Joan Ayrton, artiste nommée directrice des études depuis la rentrée 2017, l'école opère un "grand rangement". Quand nous lui avions fait part du cas Dobbels, elle avait apprécié le parallèle fait entre ce rangement et le signalement de ce type de comportement problématique. Ce rangement doit aussi venir s’appliquer dans les engagements, ou leur absence, ou leur irrespect de l’école et ses acteurs. Car si l’art est le fait de porter un regard critique sur son époque, alors ses acteurs qui n’en sont plus capables doivent faire place nette dans les institutions en question.   Nous avons fait un signalement groupé à la direction, et nous demandons que des mesures soient prises : avertissement, sanction, sensibilisation, structure d'écoute, engagement dans le débat. Mona Darley, Chloé Labous, Elsa Michaud, Matthieu Brion, Gabriel Gauthier, des étudiant.e.s des Beaux-arts de Paris.

Elsa MICHAUD
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Update posted 33 minutes ago

Petition to Emmanuel Macron

Décrétez un plan d'urgence contre les violences sexuelles #1femmesur2

Je m'appelle Caroline De Haas. Comme des millions de personnes à travers le monde j'ai été victime de violences sexuelles parce que je suis une femme. Comme pour beaucoup, les violences que j'ai subies ont eu des conséquences sur ma confiance en moi, ma santé, mes relations sociales et au final ma capacité à construire et penser ma vie librement. Nous sommes des millions de femmes, en France, comme à la surface de la planète à perdre du temps et de l'énergie, à gâcher une partie de notre vie à cause d'agresseurs qui ne sont, dans l'immense majorité des cas, jamais inquiétés, jamais nommés, jamais condamnés. Ce n'est plus possible. Ces violences ne sont pas une fatalité. Elles peuvent cesser. Comment ? En mobilisant l'ensemble de la société autour d'un objectif commun : zéro violence sexuelle. En faisant appliquer la loi, en formant les professionnel.le.s, en apprenant à chaque jeune de ce pays que la violence contre les femmes n'est pas tolérable, en lançant des campagnes de prévention massives pour changer les mentalités.  C'est l'objet de cette pétition. Le Président de la République doit lancer un plan d'urgence pour mettre fin aux violences. Il peut y mettre les moyens. Il suffit qu'il le décide. Cela prendra du temps ? Peut-être. Mais si nous ne commençons pas, cela ne cessera jamais. Plus d'une centaine de personnalités ont accepté de signer cette lettre au Président, publiée dimanche 5 novembre dans le Journal du Dimanche. Rejoignez-nous ! - - - - Monsieur le Président, Nous savons votre agenda chargé. Vous n’avez pourtant pas pu passer à côté. Depuis des jours, plusieurs centaines de milliers de messages sont apparus sur les réseaux sociaux pour témoigner de l’ampleur des violences sexuelles que subissent les femmes en France. 1 femme sur 2 a déjà été victime de violences sexuelles. Certaines ne sont plus là pour signer cette tribune, mortes sous les coups. Certaines sont plus particulièrement concernées parce qu’elles sont en situation de handicap, lesbiennes ou subissent le racisme. L’avez-vous en tête lorsque vous vous déplacez, rencontrez des citoyennes et citoyens, présidez une réunion ou un dîner officiel ? Une sur deux. Monsieur le Président, les premières signataires de cette lettre ont été, comme tant d’autres, harcelées, agressées ou violées. Comme tant d’autres, elles ont souvent du faire face au déni de leurs entourages, à l’absence de prise au sérieux par les services de l’État, à la tentative de notre société de leur faire croire que ce n’était pas si grave ou qu’elles avaient bien dû faire quelque chose pour en arriver là. Toutes et tous, nous sommes témoins du silence vertigineux de notre société. Un insupportable déni collectif. Au fond, notre société maltraite les femmes. Monsieur le Président, tout cela, vous le savez. Alors, pourquoi cette lettre ? Parce que vous avez le pouvoir de faire en sorte que ces violences sexuelles cessent. La puissance publique a déjà réussi par le passé à changer des mentalités et des comportements qui nous semblaient inamovibles tellement ils étaient ancrés dans nos habitudes. Qui aurait dit il y a 30 ans que nous réussirions à diviser par 4 le nombre de morts sur les routes  ? Qui aurait dit il y a 20 ans que le tri du papier semblerait aujourd’hui presque une évidence  ? Monsieur le Président, dans la rue, au travail comme à la maison : l’intolérance aux violences doit devenir la norme. Je vous demande en signant cette pétition de décrétez un plan d’urgence. Maintenant. 1. Doublez immédiatement les subventions des associations qui accueillent les femmes au téléphone ou physiquement et doublez le nombre de places d’accueil pour les femmes victimes.2. Organisez dès 2018, de manière systématique et obligatoire, une formation de tous les professionnel.le.s en contact avec des femmes victimes : enseignant.e.s, magistrat.e.s, policier.e.s, gendarmes, professionnel.le. s de santé, notamment de la santé au travail.3. Créez au collège un brevet de la non-violence sur le modèle du brevet de la sécurité routière, obligatoire dès la rentrée prochaine.4. Rendez obligatoire la formation des salarié.e.s et managers à la prévention du harcèlement sexuel au travail, instaurez une négociation obligatoire en entreprise sur ce sujet et protégez l’emploi des femmes victimes.5. Lancez une campagne nationale de prévention équivalente à celles que nous avons connues sur la sécurité routière, campagne que vous pourriez venir présenter au JT d’une grande chaîne pour affirmer, en tant que chef de l’État, que les violences n’ont plus leur place dans notre pays. Cela ressemble à un plan d’attaque ? C’en est un. Monsieur le Président, nous sommes face à une crise grave.Êtes-vous de notre côté ? Parmi les premières signataires : Laure Adler (journaliste), Marie Allibert (Osez le féminisme !), Anne Alvaro (comédienne), Lisa Azuelos (réalisatrice), Angeline Barth (CGT spectacle), Lauren Bastide (journaliste), Alexandra Baudelot (curatrice - critique d’art), Yamina Benguigui (réalisatrice présidente de l’Institut Robert Schumann), Fatima Benomar (co-porte-parole des effronté-e-s), Julie Bertuccelli (réalisatrice), Agnès Bihl (chanteuse), Sophie Binet (syndicaliste CGT), Dominique Blanc (comédienne), Eloïse Bouton (journaliste et militante féministe), Lénaïg Bredoux (journaliste), Zabou Breitman (comédienne), Jackie Buet (fondatrice et directrice du Festival International de Films de Femmes de Créteil), Marie Cervetti (militante féministe), Pauline Chabbert (féministe), Anne-Marie Charvet (préfète honoraire), Christine Citti (comédienne), Alice Coffin (journaliste et militante lesbienne féministe), Anaïs Condomines (journaliste), Fanny Cottençon (comédienne), Nadia Daam (journaliste), Audrey Dana (actrice, réalisatrice), Florence Darel (comédienne), Eva Darlan (comédienne), Marie Darrieussecq (écrivaine), Laurence De Cock (historienne), Caroline De Haas (militante féministe), Maria de Medeiros, (comédienne, réalisatrice), Tatiana de Rosnay (écrivaine), Julie Delarme (comédienne), Christine Delphy (féministe), Emilie Dequenne (comédienne), Rokhaya Diallo (journaliste), Valérie Donzelli (actrice, réalisatrice), Héloïse Duché (militante féministe), Nassira El Moaddem (journaliste), Fatima El Ouasdi (Présidente-fondatrice de Politiqu’elles), Louane Emera (chanteuse, actrice), Emma (blogueuse féministe), Andréa Ferréol (comédienne), Giulia Foïs (journaliste), Elodie Font (journaliste, auteure), Florence Foresti (comédienne, marraine de Women Safe Institut), Carol Galand (journaliste), Anne F. Garreta (écrivaine et universitaire), Geneviève Garrigos (militante féministe), Marion George (Osez le féminisme !), Leila Gandhi (journaliste, réalisatrice), Valentine Goby (écrivaine), Clara Gonzales (féministe), Sophie Gourion (militante féministe) Anouk Grinberg (comédienne), Lucie Groussin (militante féministe), Véronique Haché (directrice générale Autolib Vélib métropole), Imany (chanteuse), Catherine Jacob (actrice, auteur), Agnès Jaoui (auteure, metteur en scène Théâtre & Cinéma, comédienne), Kee-Yoon Kim (comédienne, auteure), Lola Lafon (écrivaine), Anne Lafont (historienne de l’art), Alexandra Lamy (comédienne), Mathilde Larrere (historienne), Sandra Laugier (philosophe), Valérie Laurent (médecin), Aude Lorriaux (journaliste), Lilâ Le Bas (présidente de l’UNEF), Véronique Le Bris (journaliste) Michèle Le Doeuff (philosophe, féministe), Lidia LeBer Terki (réalisatrice), Titiou Lecoq (auteure), Séverine Lemière (enseignante-chercheuse), Alice Loffredo (féministe), Louison (dessinatrice), Johanna Luyssen (journaliste), Anne-Cécile Mailfert (militante féministe), Michela Marzano (philosophe), Mathilde (Auteure-compositrice), Caroline Mecary (avocate), Anna Mélin (féministe), Mélusine (activiste féministe et antiraciste), Françoise Milewski (économiste), Anna Mouglalis (comédienne), Tania Mouraud (artiste plasticienne), Selma Muzet Herrström (militante féministe), Diariata N'Diaye (présidente de Resonantes), Helena Noguerra (chanteuse, comédienne), Valentine Oberti (journaliste) , Océane Rose Marie (Comédienne, auteure), ORLAN (artiste plasticienne), Adrienne Pauly (auteur-interprète), Emmanuelle Piet (médecin), Céline Piques (Osez le féminisme !), Raphaëlle Rémy-Leleu (porte-parole d'Osez le féminisme !), Sophie Riche (youtubeuse), Brigitte Roüan (actrice, réalisatrice), Sandrine Rousseau (économiste), Nadia Roz (comédienne), Laure Salmona (artiste plasticienne et militante féministe), Muriel Salmona (psychiatre, présidente de l’association Mémoire Traumatique et Victimologie), Céline Sciamma (scénariste, réalisatrice), Maren Sell (éditrice et écrivaine), Coline Serreau (cinéaste), Charlotte Silvera (cinéaste), Rachel Silvera (économiste), Claire Simon (cinéaste), Charlotte Soulary (militante féministe), Béatrice Thiriet, (compositrice), Corinne Touzet (comédienne), Céline Verzeletti (syndicaliste CGT), Hélène Vincent (comédienne), Virginie Wagon (auteur-réalisatrice), Soledad Zignago (économiste)

Caroline DE HAAS
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Update posted 1 month ago

Petition to Catherine Guillouard, Valérie Pécresse, Marlène Schiappa, Elisabeth Borne

Pour des affichages anti "frotteurs" dans le métro parisien

Suite à une lettre ouverte publiée sur le réseau Facebook le 7/09/2017, à destination de la présidente de la RATP Catherine Guillouard, je lance une pétition afin de réclamer plus de communication et d'affichage contre les "frotteurs" du métro.  En effet, tous les jours et dans tout le réseau ferré parisien, des hommes harcèlent et agressant sexuellement des jeunes filles comme moi en les touchant, en se masturbant publiquement sur elles et en leur faisant subir un traumatisme dont il est parfois difficile de se relever.  Rien ne peux actuellement freiner ou diminuer ce phénomène. Aucun affichage n'apparaît dans les stations ou dans les wagons, et ce n'est pas normal.  Cette pétition demande à Catherine Guillouard et Valérie Pécresse de faire quelque chose pour que cela cesse. Affichage, représsion, campagne de communication, mais que QUELQUECHOSE soit fait car les femmes ont peur et souffrent.  Voici la lettre originelle que vous pouvez retrouver et partager sur mon profil Facebook : Alice Kanlapetivatouva. voilà le lien : https://www.facebook.com/myo.woody/posts/10214315094810162  Merci  À l’attention de Madame Catherine Guillouard Madame, Comme un bon nombre de femmes et d’hommes qui ont le plaisir immense d’habiter cette belle ville qu’est Paris, j’utilise les réseaux RATP tout les jours, pour aller au travail, pour en revenir, pour sortir, pour me déplacer.  En emménageant à Paris, j’étais ravie de devoir prendre le métro. Mais depuis quelque temps, j’ai peur.En effet, il se pourrait bien que le réseau ferré parisien soit également le théâtre de la culture du viol et de l’agression sexuelle. J’ai été victime, trois fois en une année exactement, de « frotteur », ces hommes qui se frottent contre vous ou qui vous mettent la main aux fesses, la main sous la jupe. Avez vous déjà pris le métro Madame Guillouard ? Avez vous déjà été agressée de cette manière ? Je ne sais pas pour vous, mais moi, a chaque fois, non seulement l’horreur et le dégoût m’envahissent, mais également la colère et la frustration : pourquoi dans notre cher métro n’y a t’il AUCUNE affiche qui puisse mettre ces hommes en garde ? Oui la loi nous protège, mais la loi n’est pas sous ma jupe, ni sous celle des milliers de femmes qui ont subit ces agressions et ces attouchements dans vos installations. Je vois des mises en garde pour les enfants qui mettent leurs mains dans les portes, je vois des vers de poésie du concours RATP, je vois des publicités. Mais je ne vois rien qui puisse prévenir contre ces agresseurs. Je ne vois pas de slogans, je ne vois pas de menaces, je ne vois pas de dissuasions. Les frotteurs n’ont pas besoin d’une jupe, Madame. Les frotteurs touchent, se frottent, et bandent, et ce même contre un jean, même contre des vêtements amples. Ce sont des pervers malades qui souffrent de la solitude dans laquelle cette société nous met. Les frotteurs encourent 40 000€ d’amende et trois ans de prison si ils sont pris sur le fait. Sauf que peut d’entre eux le savent, et en ont réellement conscience parce que RIEN ne les mets en garde, RIEN de les incite à garder leurs mains dans leurs poches et leurs pénis dans leur pantalons. Et RIEN ne permet de les prendre sur le fait. Et RIEN, c’est également ce que beaucoup de femmes font, tant elles sont traumatisées, effrayées, horrifiées par ce qui leur arrive. RIEN, c’est aussi ce que font les gens autour des femmes qui se font agresser, dans la plupart des cas. RIEN, c’est ce que craignent les frotteurs, madame Guillouard. Et enfin, RIEN, c’est également ce que la RATP et le STIF fait contre ce phénomène.Sur les réseaux sociaux, sur internet, sur les forums, dans les soirées et les cercles d’ami(e), j’ai entendu des milliers de témoignages de filles qui se sont faites agresser de cette manière. Ce n’est pas RIEN. Ce sont des larmes, ce sont de la peur, ce sont des vies qui sont abîmées par ces hommes qui pensent de la mauvaise manière, ces hommes qui jouissent du caractère machiste et patriarcal de la société. On a entendu il y a quelques temps parler du « manspreading », ces hommes qui occupent l’espace des autres dans le métro en écartant les jambes, comme si ils étaient assis sur leur canapé dans leur salon. Pourquoi ne parle t’on pas des hommes qui frottent leur sexe contre des jeunes femmes ? Je ne ferais pas RIEN. Je vous demande formellement de lancer une campagne de prévention qui soit VISIBLE et suffisamment claire et retentissante pour que toute femme se sente en sécurité dans les transports en commun dont vous êtes la présidente. Toutes les femmes de cette planète et moi même exigent que quelque chose soit fait, au nom de votre honneur et du notre, et de votre statut public. L’agression sexuelle ne doit pas être banalisée et tolérée dans un espace publique. Si elle ne l’est pas dans un restaurant ou dans une mairie, pourquoi le serait-elle dans un wagon de métro ? Je vous prie de réagir. Les femmes de France et d’ailleurs comptent sur vous. Alice Et les femmes du monde.  

Alice MILLOU
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