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expulsion

23 petitions

Update posted 2 months ago

Petition to M. le Préfet des Côtes d'Armor

Soutien à la famille de Nia Iasagashvili

Le 8 mai dernier, Nia, élève de 3ème au collège Racine à Saint-Brieuc, chantait avec ses camarades « Ami, entends-tu le vol noir des corbeaux sur nos plaines ? Ami, entends-tu les cris sourds du pays qu’on enchaîne ? »  lors de la cérémonie républicaine devant les représentants des institutions et des anciens combattants. Deux jours plus tard, sa famille - un couple et 3 enfants dont un bébé né il y a 2 mois - était expulsée du logement d'urgence du Centre d’accueil de demandeurs d’asile (CADA). La solidarité locale via une cagnotte a depuis permis de trouver des solutions qui restent temporaires et ne règlent ni l'instabilité ni la peur ni la possibilité de penser l'avenir. Malgré tout Nia a depuis passé le Diplôme d’Études en Langue Française (DELF) au plus haut niveau possible pour une collégienne (B1) ! Déboutée de sa demande d'asile, la famille vit sous la menace d'une Obligation à Quitter le Territoire Français (OQTF) mais reste dans l'impossibilité de repartir en Géorgie et de s'y sentir en sécurité. Nous ne sommes ni avocats ni juges, nous sommes des parents d'élèves, des citoyens, nous n'avons pas d'autre pouvoir que de témoigner de notre indignation et de notre souhait de voir la République traiter ces personnes avec humanité, laisser Nia Iasagashvili poursuivre sa scolarité au lycée, laisser le bébé né sur le sol français grandir en France et ne pas être séparé de ses parents.

Damien BOISSET
37,447 supporters
This petition won 2 months ago

Petition to Fabien Sudry, Christophe Castaner

Aller simple pour la torture ? Ne laissez pas la France expulser Salah au Soudan

Ils étaient deux. Sadam et Salah. Sadam a été libéré il y a deux semaines. Reste Salah. Emprisonné au Centre de rétention administrative de Coquelles depuis presque deux mois et menacé d'expulsion au Soudan. Tous les recours ont été épuisés. Personne ne sait ce qui lui arrivera là-bas. Nous ne pouvons pas le renvoyer vers le risque d'être emprisonné et torturé. Nous ne pouvons pas l'expulser. Nous adressons une demande raisonnable au Préfet et au Ministre : lui permettre de défendre son un recours à la Cour nationale du droit d'asile sans être incarcéré et sans être menacé d'expulsion. Un droit légal à défendre une demande d'asile. La seule chose qui tracasse Salah depuis sa prison c'est que je m'épuise pour lui. Ou que je m'écroule s'il est expulsé. Aidez moi. Aidez Salah. +++++ Il n’a rien. Ni papiers d’identité, ni smartphone, ni sac de couchage, ni sac à dos, ni veste, ni bonnet, ni gants, ni chaussures adaptées. Il est frigorifié. Il gèle. Il est 20 h 30 au lieu de rendez vous des familles hébergeuses. C’est un soir, en hiver. Il se précipite vers ma voiture pour me demander de mettre un ami soudanais mineur à l’abri pour la nuit, dans une famille. Il cède volontiers sa place au chaud et en sécurité car il a toujours pris soin des plus petits. Dans sa famille au Soudan, mais aussi en Libye et durant la traversée de la Méditerranée. Sadam, je l'ai rencontré il y a quelques mois. Nous l'hébergeons régulièrement. Il est fier et digne, élégant discret, cultivé curieux, un brin timide. Avec son accent « british », il sert d’interprète pour ses amis et les autres gars. Sadam, c’est un peu l’intello du groupe : il rêve de master, il cherche à comprendre les dessous de la politique d’asile en Belgique, il suit l’actualité politique de son pays au jour le jour. Une force se dégage : la force d’être en vie et de garder l’espoir qu’un jour, sa vie commencera. Comme il se plaît à me le dire en souriant, le seul amour de sa vie, c'est sa maman.  Son large sourire ne suffit pas à cacher une immense douleur. Il n'a pas eu de nouvelles de sa maman depuis 4 ans. Car Sadam a passé presque chaque jour des 4 dernières années derrière les barreaux, au Soudan, terre de dictature où tout a commencé, en Lybie, terre de désespoir, et, aujourd'hui, en France, terre des libertés. Parfois, il fait allusion à ce qu'il a subi de l'autre côté de la mer. Mais il se tait très vite. Par pudeur. Par peur de voir le barrage se briser. Pour ne pas me faire pleurer. Son malheur : avoir du fuir un pays qui l'a emprisonné et torturé pour la seule raison de son origine. De prison en prison, de coup en coup, presque à son corps défendant, il est aujourd'hui sur le territoire français. Illégal. Il dit qu’il ne se sent plus humain. Le 2 avril 2019, jour de son arrestation à Calais et de son incarcération au Centre de rétention de Coquelle, il a reçu un ordre de quitter le territoire français et est menacé d'expulsion vers le Soudan. Ce n'est pas une menace en l'air : depuis plusieurs semaines, et alors que là-bas le peuple manifeste sans faillir sa désespérance, la France renvoie des Soudanais vers le chaos. Vers la peur. La peur d'être repris par ceux que l'on a fui. Aujourd'hui, il a échappé de peu à une expulsion forcée. Pour éviter qu'il ne résiste, les policiers en charge de son transfert lui ont dit qu'ils l'emmenaient voir le juge. Privé de liberté, il ne parvient plus à penser à autre chose que ce qui lui arrivera une fois expulsé. Il ne dort plus, ne mange plus. Pourtant, au milieu de tout cela, il parvient à me sourire et me dit de ne pas m'inquiéter. Car Sadam est fort. Sadam est résilient. Sadam est sorti vivant d'épreuves dont nous n'avons pas idée. Mais aujourd'hui, il a besoin de nous, de vous pour porter sa voix par delà les barreaux qui le retiennent. Son destin est aujourd'hui dans les mains d'un seul homme. Un homme comme vous et moi. Fabien Sudry, préfet du Pas-de-Calais, a autorité pour annuler l'ordre d'expulsion. C'est à lui qu'appartient la décision. Alors, je vous implore aujourd'hui de prêter votre voix à Sadam et de la porter jusqu'à lui.Dites à Fabien Sudry toute la beauté de l'être humain auquel on tend la main. Parlez lui de ces libertés qui vous sont chères et qui ne valent que si elles sont celles de tous. Rappelez lui, si il l'a oublié, que l'avenir d'une communauté humaine se joue dans le sort qu'elle réserve aux plus malmenés. Racontez-lui votre France. Solidaire. Intègre. Juste. Quant à moi, Monsieur le préfet, Fabien, je vous implore. Vous tenez entre vos mains la chance d'un jeune homme courageux et souriant de devenir l'être humain qu'il promet d'être. Si on lui laisse une chance ici, si on ne le tue pas là-bas, Sadam deviendra, est déjà, un bel humain. Quand Sadam nous a téléphoné depuis Coquelles, il nous a dit : "Salah est avec moi. Il est nouveau, il ne connait personne ici. Tu veux bien l'aider aussi ?" J'ai rencontré Salah dans une toute petite pièce fermée à double tour du Centre de rétention. Il ne connait que quelques mots d'anglais et ce sont ses yeux qui m'ont parlé. J'y ai lu la même peur que celle qui se cache dans le sourire de mon ami Sadam. Je ne connais pas Salah et je ne peux pas vous le raconter pour vous le faire aimer. Mais, finalement, je ne crois pas qu'il soit obligatoire de l'aimer, ni même de le connaître pour être convaincu de l'impérieuse nécessité de ne pas expulser quelqu'un, qui qu'il soit, vers le pays qui l'a discriminé, emprisonné ou torturé. On n'expulse pas un homme ou une femme qui risque d'être emprisonné, torturé ou tué. Point.Maintenant, c'est à vous tous de jouer. Faites entendre la voix de Sadam. Faites entendre votre voix. Maintenant, Monsieur le Préfet, c'est à vous de décider.  Ce texte est la voix d'Isabelle, Edith, Virginie, Céline et Anne-CatherineLa photo a été prise par Frédéric Moreau de Bellaing. Elle aurait pu être celle de Sadam. Le mail de Fabien Sudry où vous pouvez porter la voix de Sadam et faire entendre la vôtre est fabien.sudry@pas-de-calais.gouv.pref.fr

Anne-Catherine DE NEVE
15,688 supporters
This petition won 4 months ago

Petition to Emmanuel Macron, Roxana Maracineanu, Eric Tanguy, Christophe Castaner

Se sentir française et ne pas l'être

Joueuse de Volley-Ball professionnelle au sein de l'ASPTT MULHOUSE, Léandra Olinga Andéla vit en France depuis l'âge de 6 ans et est toujours en attente de sa naturalisation française. Ce qui lui permettrait notamment d'intégrer l'équipe de France.Léandra ne souhaite qu'une seule chose : Etre naturalisée française.  Je lui laisse la parole. J'ai lancé cette pétition, parce que …Je ne sais plus quoi faire qui appeler à qui demander de l'aide, quelle action engager j'ai surtout choisi le silence et la patience pendant longtemps mais j'arrive au point ou je n'y arrive plus. Les soutiens et les paroles se multiplient depuis des années mais la situation reste la même, inchangée. La seule chose que je peux faire à l'heure actuelle c'est de sortir de ce silence, je ne sais pas ce que cela va m'apporter mais il fallait que je m'exprime.Je suis arrivée en France depuis septembre 2003, j'ai fait toute ma scolarité ici j'ai grandi en apprenant la langue, la culture, l'hymne, les valeurs, j'ai obtenu tous mes diplômes en France, je n'ai pas commis de crime ou de délit, ma vie sociale est ici, je suis intégrée à l'activité socio-économique du pays et c'est le seul et unique mode de vie que je n'ai jamais connu, à partir de quel moment serais-je une assez bonne candidate à la nationalité française ? Je reste très attachée à mes origines camerounaises, mais je sais que ma Nation c'est la France.J'ai commencé le volley à Evreux en 2011, très vite j'ai été repérée pour intégrer des structures de formation. Et c'est là que le récit ou plutôt le cauchemar commence, j'ai d'abord fais les tests pour pouvoir rentrer en Pôle France Cadette a Chatenay Malabry tests que j'ai réussi mais quelques temps après on m'annonçait que je ne pouvais intégrer le Pôle car je n'avais pas encore la nationalité française. Étant mineure le dossier de naturalisation devait être déposé par le parent, ma maman a donc déposé le dossier en 2013. Je suis finalement allée en pôle espoir à Sablé sur Sarthe 2 ans, 2 années où j'attendais que mon dossier avance. Grâce à l'aide de personnes que je ne remercierai jamais assez, à mon travail et à ma persévérance j'ai eu la chance de faire les sélections pour le pôle France Junior à Toulouse tests que j'ai réussi mais n'étant toujours pas française je devais être aussi privée de cette structure mais après discussions avec les entraîneurs et accord de la fédération j'ai été chanceuse, j'ai pu intégrer la structure, tout en espérant obtenir ma naturalisation pendant mes années de formation. La structure de Toulouse rassemblait toutes les joueuses de l'équipe nationale Juniors, je voyais mes coéquipières partir en stage ou en compétition sans moi j'étais privée de ce plaisir de porter le maillot de l'équipe de France, j'ai fait face à beaucoup de frustration mais cela ma rendue plus forte. J'ai travaillé dur je suis sorti de la structure en ayant le niveau d'intégrer un effectif professionnel mais toujours sans la nationalité française, entre temps je passe donc dans la catégorie senior. Malheureusement ma première année en ligue professionnelle est très vite écourtée par une blessure qui m'éloignera des terrains pendant plus d'un an, j'ai bien senti que mon dossier n'était plus une priorité.J'ai bossé très dur pour revenir, une période très compliquée de ma vie mais j'ai réussi petit à petit je suis revenue sur les terrains, l'équipe nationale du Cameroun commence à connaître mon profil s'y intéresse et participe à de grandes compétitions comme les Jeux Olympiques de Rio en 2016 je commence à y réfléchir à me dire que toute cette attente était peut-être destinée à... Et puis non je reste sur mes positions, même si moins de chance de participer à des compétitions mondiales mais ce n'est pas grave c'est mon choix je patienterai je veux jouer pour la France. Le 13 Septembre 2017 l'annonce est faite les Jeux Olympiques 2024 se feront à Paris, le rêve est là et mon objectif est clair. 2017/2018 je fais une saison plutôt remarquable pour une jeune joueuse, mon dossier est remis sur la table et revient dans les discussions encore une fois les mails, les appuis se multiplient, la saison internationale commence, on me propose de faire des stages toujours en espérant que la situation évolue, chaque joueuse française est rémunérée pour les jours qu'elle passe en équipe de France j'accepte de participer à ces stages tout en sachant que je ne vais pas recevoir cette rémunération je me dis que le plus important c'est d'être prête si jamais je deviens française, la journée de la cérémonie de remise officielle des maillots peut être juste une formalité pour certaines personnes dans la salle mais un moment très difficile pour moi, je garde la tête froide je me dis sois patiente ton tour viendra ; mais bien sûr l'été est passé et je ne suis toujours pas française. À l'heure actuelle j'ai fait toutes les démarches possibles et répondu à toutes les demandes et la situation reste la même qu'au début du récit.J'ai fait la version la plus courte possible de toute cette histoire, j'ai passé les détails, entre ceux qui ont été là, ceux qui sont là aujourd'hui, ceux qui l'ont toujours été, les délais donnés puis repoussés, les blagues faites qui deviennent de moins en moins drôles, le nombre de coéquipières, personnes que j'ai vues être naturalisées avant moi et dont vous pouvez diviser minimum par trois le temps que ces personnes ont passé sur le territoire français comparé à mon dossier, 15 ans que je suis en France, voir d'autres joueuses obtenir la nationalité suscite à la fois espoir et perplexité, espoir car tu te dis que tu seras peut-être la prochaine, puis perplexe quand tu te rends compte que ça n'avance toujours pas, les questions qu'on m'a posées maintes fois auxquelles je ne sais plus comment répondre tellement je suis fatiguée d'avoir que des réponses vagues à donner, fatiguée d'avoir de faux espoirs, la première aide t'y crois, et puis un soutien plus fort plus haut placé t'y crois encore plus, et finalement déception, désillusion.Ce message n'est en aucun cas pour annoncer une décision, pour l'instant en tout cas je n'ai rien décidé, je continue à patienter comme je le fais déjà depuis des années, mais j'avais vraiment besoin d'exprimer mon agacement face à cette situation.

Audrey BONNAVION
2,689 supporters