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Enseignement supérieur

11 petitions

Update posted 2 days ago

Petition to info@unecof.be

Réforme de la formation initiale des enseignants: pour le maintien du FLE!

Monsieur le Ministre de l'Enseignement Supérieur, La Réforme de la Formation Initiale des enseignants que vous menez, bien qu’elle soit nécessaire et puisse amener un changement sociétal positif, nous interpelle en ce sens qu’elle ne permet notamment plus de former des professeurs de Français-Français langue étrangère (« FLE »). En contrepartie de la disparition de cet appariement,  vous proposez la mise en place d’une option, transversale à toutes les formations, disponible pour tous les professeurs, quels que soient leurs domaines d’apprentissage. Cette disparition du FLE nous interpelle, surtout dans le contexte actuel dans lequel nous évoluons, nous, étudiants : nous vivons dans un contexte de tensions internationales qui s’accroissent et s’intensifient, de sorte que de nombreuses personnes fuient leur pays dans lequel ils risquent leur vie,  afin de trouver refuge et sécurité dans nos régions. Nous sommes également dans un contexte de mondialisation et d’internationalisation croissante, où les citoyens européens et internationaux peuvent se mouvoir plus ou moins librement, où le multilinguisme est donc essentiel. Monsieur le Ministre, supprimer le FLE, c’est empêcher la création de spécialistes de la langue française, disposant d’outils pédagogiques et didactiques très spécifiques, propres à l’apprentissage du français en tant que langue étrangère. L’apprentissage du FLE est une formation à part entière, qui nécessite un outillage bien plus spécifique que seuls quelques cours en complément d’une formation de base. C’est donc réduire la qualité de l’apprentissage du français en tant que langue étrangère. Supprimer le FLE, c’est ignorer les besoins réels de la société ; liés à des crises migratoires, à l’internationalisation, au développement de l’Union Européenne. C’est ignorer ce qu’il se passe à la fois à l’intérieur de nos frontières mais également à l’extérieur. Supprimer le FLE, c’est oublier le décret Mission sur l'enseignement fondamental et secondaire, qui veut « assurer à tous les élèves des chances égales d'émancipation sociale », et compromettre dès lors l’inclusion de tous quelques soient les origines. C’est empêcher l’insertion des élèves allophones. Supprimer le FLE, c'est aller à l'encontre du Décret visant à la mise en place d'un dispositif d'accueil et de scolarisation des élèves primo-arrivants (DASPA) dans l'enseignement organisé ou subventionné par la Communauté française, puisqu'en éliminant cet appariement, il n'y aura plus de professeurs spécialisés pour enseigner dans ces classes. Supprimer le FLE, c’est empêcher les personnes issues de l’immigration de s’intégrer dans notre société. En effet, l’apprentissage du Français est un devoir pour certains primo-arrivants, qui doivent, dans leur parcours d’intégration, poursuivre au minimum 120 heures de français. Mais c’est également une nécessité pour tous les primo-arrivants, qui désirent eux-mêmes de se former, devant se débrouiller dans une langue méconnue au quotidien, pour se nourrir, aller à la pharmacie, chez le médecin, chercher un logement, créer des liens sociaux, trouver un emploi, etc. Enfin, la circulaire de 2017 sur l'intégration des personnes étrangères et d'origine étrangère, exige que les formateurs en FLE aient une formation de pédagogie en français ou FLE. Supprimer le FLE, c’est oublier la promotion sociale, qui permet également aux parents qui désirent apprendre le français,  de pouvoir suivre la scolarité de leurs enfants. En effet, les enfants auront plus de chances de réussir si leurs parents sont capables de suivre leur parcours scolaire. Supprimer le FLE, c’est compromettre la politique européenne de la mobilité des professeurs. Pourtant, les débouchés à la profession de professeur de Français-Français langue étrangère sont multiples, et permettent notamment aux professeurs d’aller enseigner le français à l’étranger. Supprimer le FLE est donc, dans cette optique, également contraire à l’internationalisation de la langue française. Supprimer le FLE, c’est porter préjudice aux étudiants actuels dans cette formation, mais également nuire à l’exercice des autres professeurs, qui n’auront pas, avec une simple option FLE, les outils nécessaires pour donner leurs cours de manière optimale à des élèves allophones. Supprimer le FLE, c’est mettre à mal tout ce qui a été construit depuis 2001, sans aucune évaluation ni justification pertinente. C’est gaspiller l’expertise d’une formation construite depuis presque 20 ans.   En conclusion, la suppression du FLE n'impactera pas uniquement les futurs professeurs et les étudiants, mais aura également des conséquences sociétales. Les véritables victimes de la suppression du FLE, ce sont non seulement les étudiants en FLE et les professeurs, mais également les réfugiés qui ont déjà fui leur pays et qui, en Belgique, ne bénéficieront pas d’une intégration optimale, les enfants d’expatriés venant vivre en Belgique, les élèves dans l’enseignement obligatoire, les étudiants dans les écoles à l’étranger voulant apprendre le français, etc. Supprimer l’appariement Français-Français langue étrangère, c’est donc un recul sociétal, c’est aller à contre-courant des besoins actuels de notre société.   L’Unécof ; le MRAX; Les Conseils Etudiants de la Haute Ecole en Hainaut, de l'Henallux, de la Haute Ecole Francisco Ferrer; Les Centres Régionaux d'Intégration: CRILUX (province du Luxembourg), CRIPEL (province de Liège), CRVI (Verviers), CAI (Namur), CIMB (Mons et Borinage), CRIC (Charleroi) et CERAIC (région du Centre)  

Unécof (Union des Etudiants de la Communauté Française)
382 supporters
Started 3 weeks ago

Petition to Ministre de l'Enseignement Supérieur

Des moyens pour les étudiants !

Depuis des années, on peut constater que l’État français fait de moins en moins d'efforts financiers pour ses étudiants, qui représentent pourtant sa richesse et son avenir. De manière très directe et concrète, des milliers d'entre eux subissent les lourdes conséquences de la politique concernant les bourses d'enseignement supérieur sur critères sociaux, à destination des étudiants des classes moyennes et modestes. En effet ces bourses sont calculées, en cette année 2017-2018, selon les mêmes plafonds de ressources que ceux fixés en 2011. Autrement dit, les seuils du revenu brut global des parents servant à calculer les bourses n'ont pas été réévalués depuis 2011. Depuis 2011, l'inflation cumulée a atteint plus de 7%, le SMIC - et c'est une bonne chose - a évolué de 9,5%, et pourtant les barèmes d'attribution des bourses n'ont pas été revus d'un euro ! Dans le même temps, les allocations logement ont baissé de 5 € pour tous (alors même que les étudiants issus de familles très fortunées y ont à nouveau droit) et le coût de la vie étudiante a augmenté en flèche, en particulier le transport et le logement (plus de 2% pour la seule année 2017, comme le pointe l'article du Monde). Année après année, les plafonds de ressources sont fixés discrètement par arrêté en juillet-août par le Ministère de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche, et année après année, ces plafonds restent inchangés, condamnant les étudiants modestes à une toujours plus grande précarité. Prenons l'exemple d'une famille de 2 parents salariés au SMIC ayant à charge 2 enfants étudiants.Revenu brut global en 2009 (pour le calcul des bourses 2011) : 22517 €Revenu brut global en 2016 (pour le calcul des bourses 2018) : 24658 €Application du barème pour 4 points de charge :- en 2011 (plafonds de 2011), bourse de 3e échelon pour chaque enfant, soit 3218 € par an actuellement- en 2018 (plafonds de 2017), bourse de 2e échelon pour chaque enfant, soit 2513 € par an (cf tableau du montant des bourses). La différence entre ces deux échelons représente environ 700 € par an, soit 70 € par mois sur 10 mois. 70 € par mois peuvent paraître dérisoires, mais pour un étudiant cela représente :- presque la moitié du loyer d'une chambre la moins chère en Cité Universitaire du CROUS (loyer mensuel de 170 € environ)- ou presque un repas par jour au Restaurant Universitaire (3,25 € le repas)- ou les frais de transport intra-muros (environ 30 €) et des frais annexes liés aux études.Ainsi, avec des charges et un niveau de vie équivalents entre 2011 et 2018 et compte tenu de l'inflation, bon nombre de familles ont vu leurs enfants étudiants perdre le statut de boursier ou régresser d'un échelon. Outre les plafonds de ressources, les montants des bourses ont également été gelés après quelques revalorisations, à savoir 3,9 % en moyenne sur toute la période 2011 à 2017-18, soit 3% de moins que l'inflation, et beaucoup moins que le coût de la vie. Cette aggravation de la pauvreté des étudiants les oblige, de plus en plus nombreux, à prendre un emploi supplémentaire au détriment de leurs études, ce qui leur ferme également les voies les plus exigeantes ou à fort volume horaire (CPGE, PACES, BTS, DUT...) incompatibles avec un emploi à côté. Permettre à tous les jeunes d'étudier dans de bonnes conditions est un devoir de l’État français. C'est pourquoi nous, étudiants, lycéens, parents, citoyens, demandons un rattrapage de l'inflation pour les bourses de l'enseignement supérieur : l'augmentation de 7% des plafonds de ressources, et l'augmentation de 3% des montants des bourses à la rentrée 2018.

Christine ROTHAN
34 supporters
Update posted 4 months ago

Petition to Ministère de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche

La sélection n'est pas la solution

La sélection n'est pas la solution Quels que soient les euphémismes dont on la pare (« prérequis », « attendus »...), la nouvelle grande réforme de l’ESR projetée n’est autre qu’une sélection pure et simple qui frappera en premier lieu les élèves des classes populaires et petites classes moyennes en leur interdisant à plus ou moins brève échéance d’aller à l’université dans la filière de leur choix après le baccalauréat. Quelle est-elle concrètement ? Ni plus ni moins que la suppression de la liberté de s’inscrire dans l’établissement de son choix pour les lycéen-ne-s, ainsi que le conditionnement de leur inscription à l’examen de leur dossier («cohérence» du «projet de formation », de ses acquis et ses « compétences » avec les caractéristiques de la formation ; sélection des dossiers au regard d’une liste de critères établie par filière disciplinaire au niveau national et déclinée localement, imposant certains contenus de formation aux admis-es sous condition ; imposition d’une orientation aux étudiant-e-s dont les choix n’auraient pas pu être satisfaits). Comment parler de « choix » des lycéen-nes quand ceux-ci seront soumis aux décisions des universités ? Cette sélection à l’entrée de l’Université prend appui sur une sélection sociale déjà à l’œuvre depuis le collège et le lycée et dans un contexte d’augmentation des effectifs étudiants dans le supérieur. Tel.le bachelier-e pourra se prévaloir de la bonne option disponible dans les seuls lycées prestigieux pour candidater à telle licence ultra-sélective, tel autre bénéficiera des moyens mis à disposition tout au long de sa carrière scolaire pour améliorer sa « stratégie de placement », tel autre en restera exclu.  Moins brutale et moins visible que l’augmentation drastique des droits d’inscription (comme a été le cas au Québec, cf. le « Printemps Érable »), semblant répondre au désarroi et à l’épuisement bien réels d’un grand nombre d’enseignant-e-s chercheur-e-s n’en pouvant plus de jongler avec la pénurie de moyens, les gels de postes et le sous-encadrement chronique, l’alourdissement intolérable des charges administratives et autres, cette réforme n’en constitue pas moins une régression sociale, politique, intellectuelle sans précédent. Dans un pays qui s’enorgueillit de sa culture multi-séculaire, de ses valeurs démocratiques et demeure tout de même la cinquième puissance économique mondiale, il n’y aurait donc plus moyen d’avoir un enseignement supérieur public de qualité, pour toutes et tous. Quelques rappels et quelques solutions s’imposent pourtant. 1/ La sélection existe déjà ! Classes préparatoires aux Grandes Ecoles, filières sélectives (avec ou sans numerus clausus), établissements privés et payants... on ne peut guère prétendre que la sélection n’existe pas déjà et qu’elle n’entérine pas avant tout des inégalités sociales et/ou économiques. Pour rappel, en 2014, les enfants d’ouvriers représentent 6 % des effectifs de Classes Préparatoires aux Grandes Ecoles (MENESR, 2014) 2/ L’argent n’est pas le problème ! Qu’il s’agisse d’alimenter des politiques de primes de plus en plus souvent individualisées, des chaires de toutes natures dites parfois « d’excellence », des statuts dérogatoires et protégés ou encore le Crédit Impôt Recherche cadeau fiscal représentant la bagatelle de 5,5 milliards d’euros en 2017... l’argent alors ne manque pas. S’il a été retiré depuis des années de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche public, c’est un choix politique, non une nécessité budgétaire. 3/ Les élèves issus des milieux les moins favorisés n’ont pas à en faire les frais ! Ces choix politiques – paupérisation et précarisation – n’ont fait qu’aggraver la situation et décourager bien souvent les enseignant-e-s chercheur-e-s, mais ce n’est pas aux élèves les plus modestes d’en faire les frais et de devoir renoncer à leurs études car ce sont elles et eux principalement qui seront les perdant-e-s de cette réforme. 4/ Le diplôme protège du chômage et les métiers font de plus en plus souvent appel à des qualifications élevées: interdire l’accès à l’université, c’est condamner les jeunes à des situations professionnelles peu enviables, aucune perspective d’avancement, sans même parler des effets délétères sur la formation à la citoyenneté dont nos démocraties ont un besoin impératif. Plutôt que d’éliminer les étudiants, il faut mettre en place les conditions nécessaires à leur réussite. Pour ce faire, il est indispensable d’embaucher massivement dans l’ESR sur des postes de fonctionnaires, stables et pérennes, des enseignant-e-s chercheur-e-s susceptibles de répondre aux besoins et au suivi d’une population étudiante en augmentation. Le nombre impressionnant de docteur-e-s sans poste serait déjà un vivier considérable. Des enseignant-e-s chercheur-e-s avec des statuts identifiés et des conditions de travail de qualité (contrats de travail, rémunération...) doivent aussi être recruté-e-s en grand nombre. Parler d’un « Plan Etudiants » qui ne soit pas purement et simplement de la sélection des plus modestes, qui fasse honneur à un pays riche économiquement et culturellement, revient à mettre fin à la paupérisation des universités publiques d’une part (par la redistribution des moyens évoqués plus haut par exemple) et à la précarisation insupportable des enseignant-e-s chercheur-e-s d’autre part. C’est cela, la véritable démocratisation scolaire en acte, et ce n’est ni impossible ni utopique. Premiers collectifs signataires :  *      Département de sociologie de Limoges *      ANCMSP (Association nationale des candidat-e-s aux métiers de la science politique) *      Collectif Approches Critiques et Interdisciplinaires des Dynamiques de l’Enseignement Supérieur (ACIDE), acides.hypotheses.org *      Sauvons l’Université *     SNCS-FSU de Jussieu *     Collectif des doctorant.e.s mobilisé.e.s pour l'Université Paris 1 *    Conseil du laboratoire SAGE, Université de Strasbourg *    Le Collectif des travailleur.e.s précaires de l'ESR (precairesesr.fr) *    Le département de science politique de l'Université Nice Sophia Antipolis *    Fédération Sud Education *    Département de sociologie de l’université d’Evry-Val-d’Essonne et laboratoire de recherche Centre Pierre Naville *     Assemblée Générale de l'Université Paris Nanterre *     Section de science politique de l'université de Lille *     Snesup de l'université de Nantes *     Département de sociologie de l'Université Versailles Saint Quentin *     Le Comité exécutif de l'Association française de sociologie (AFS) *     ATTAC France *     Laboratoire CURAPP, Université de Picardie Jules Verne *     Département de science politique de l'Université de Picardie Jules Verne  *     SUD Recherche EPST *     Département de sociologie de l'Université de Rouen *     Le syndicat CGT de l'Insa et de l'Université de Rouen *     École émancipée-Pour un syndicalisme offensif du SNESUP-FSU *     Sections du SNESUP-FSU et SNASUB-FSU de l'Université d'Angers *     Association des enseignants chercheurs en science politique AECSP *     UFR de sciences sociales de l'université Paris Diderot *     Section SNESUP-FSU de l'Université de Lorraine *     Fédération de l'éducation de la recherche et de la culture CGT *    APSES - Association des Professeurs de Sciences Économiques et Sociales *    SNASUB-FSU, Syndicat national de l’administration scolaire universitaire et des bibliothèques - Fédération syndicale unitaire *    FNEC FP-FO, Fédération nationale de l'enseignement, culture, formation professionnelle- Force ouvrière  

ASES ASSOCIATION
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Update posted 6 months ago

Petition to Jean-Marc Bustamante, Patricia Stibbe, Joan Ayrton, Ministère de la Culture et de la Communication

L'ENSBA doit agir en conséquence des autres institutions artistiques quant au harcèlement.

Dans le contexte de libération de la parole faisant suite à l’explosion de l’affaire Weinstein, qui a permis de mettre la société en face de ses pires éléments et systèmes d’oppression (soit la culture du viol), Madame la Ministre de la Culture Françoise Nyssen a décidé de venir prendre la température dans les deux écoles d’art les plus proches de son lieu de travail. Une de ces écoles est celle des Beaux-arts de Paris. Au moment où cette visite avait lieu, le 26 octobre, le Théâtre Paul Éluard de Bezons avait publié un communiqué à propos de témoignages de différentes femmes danseuses et chorégraphes de harcèlement et agression contre l’un des artistes qui avait un spectacle programmé et coproduit chez eux. Aussi la direction du théâtre mettait alors en pause son spectacle afin de pouvoir agir en conséquence. Cette personne n’étant autre qu’un professeur des Beaux-arts de Paris, Daniel Dobbels. La visite de la ministre avait beau venir comme une coïncidence, cette libération de la parole venait révéler plus que jamais à quel point le monde de l’art et ses écoles ne sont pas épargnées par l’un des problèmes les plus décisifs de ce début de siècle. En effet, il était aussi question à cette réunion de la sous-représentation des femmes dans les milieux professionnels de l’art : par exemple aux Beaux-arts de Paris : sur 60 professeurs théoriques et pratiques et techniques confondus, 18 femmes, une moyenne d’âge de 58 ans, face à 60% de femmes dans les rangs des étudiant.e.s. Les chiffres des artistes femmes vivant de leur pratique après leur sortie de l’école étant plus inquiétants encore. Mais le sujet du harcèlement et de l’agression était aussi nécessairement à l’ordre du jour : notre directeur Jean-Marc Bustamante avait alors déclaré : “Aucune plainte ne remonte jusqu’à moi.” Ce dont on ne peut malheureusement pas s’étonner, étant donné les structures d’écoute inadaptées à l’école, et le climat délétère de l’art, où la première monnaie d’échange est celle du pouvoir, de son abus et par conséquent de sa crainte. Il ne faut pas manquer de rappeler, comme c’était le cas dans l’article du “Monde” du 27 octobre, rapportant en plus des faits de cette réunion, que M. Bustamante avait tenu en 2006 des propos sexistes dans un catalogue d’exposition. Dans un droit de réponse, la direction a considéré le choix de la part de la journaliste comme “particulièrement orienté[…], incit[ant] le lecteur à penser que le ministère aurait sciemment choisi les Beaux-Arts parce que ces derniers seraient dans une situation de crise. Ce n’est absolument pas le cas.” [sic]. Tout cela sans pourtant pouvoir répondre à la véritable raison de ce communiqué, l’atteinte à l’image de l’école via son directeur, et l’impossibilité de répondre à ses propos. Le communiqué précise encore que “ [le choix de la journaliste du “Monde”] des propos de nos étudiants, [sont] bien plus nuancés et moins spectaculaires que ceux que vous avez extraits de leur contexte”. Nous, étudiant.e.s, présent.e.s à cette réunion, et rédigeant cette pétition précisons à notre tour que nous ne considérons nullement nos propos sortis de leur contexte et rendent compte de toute la nuance, celle de l’urgence, de la situation. Plus loin encore, de dire que l’école s’est engagée “ “très tôt” dans “une double démarche de labellisation Égalité et Diversité”, comme si cela était un gage suffisant et de bonne foi. Cependant, à l’aune du communiqué diffusé par le TPE - Bezons le 16 novembre, qui statue comme suit :  “Après la réception de plusieurs témoignages […] d’abus et violences sexuelles sous couvert de la danse, [et] entendu le chorégraphe et l’énoncé d’une “ambiguïté du désir qui fait la danse”, le TPE retire son soutien [financier et moral, nda] à la création de Daniel Dobbels.”  Nous demandons à la direction des Beaux-arts de Paris d’assumer clairement sa double position : celle d’école et de lieu artistique, alors que le communiqué sus-cité synthétise parfaitement ce que nous voulons ici dire : “Le TPE dit sa solidarité autant que la colère d’avoir été trompé et utilisé [...] Effectivement il ne nous appartient pas de juger du point de vue de la justice. Nous ne le faisons pas. Quid en revanche de l’engagement artistique ?” Alors oui, quid de cet engagement, artistique et plus encore, pédagogique, où, sur un plan général, le statut de professeur-artiste laisse une dangereuse porte ouverte à deux types d’abus différents, particulièrement si l’affaire Dobbels reste sous silence en nos murs ? Dès lors une demande simple, mais significative : une prise de parole publique et claire de la part des Beaux-arts de Paris, là où le silence ne peut être de mise. Lors du rendez-vous avec Madame la Ministre, des initiatives étudiantes face à ce problème étaient évoquées, et là où l’école semble manquer autant de solutions que de prises de position, certain.e.s étudiant.e.s ont décidé de créer une plateforme en ligne pour recueillir anonymement des témoignages de harcèlement ou d’agression, vis-à-vis tant des étudiants que des professeurs. Les premiers témoignages recueillis montrent que le problème est bien plus répandu et insidieux que suggéré par la réponse de l’école au “Monde”.  Mains sur la cuisse, insultes sexistes, harcèlement sexuel et moral, élèves contraintes d'éviter des professeurs et des cours tout au long de leur cursus, humiliations, remarques sur l'apparence, présupposés sexistes sur la qualité du travail…  Dès lors notre deuxième demande : car la position tenue par la direction, par exemple pour le cas Dobbels, dont elle est au courant depuis un mois, et a déclaré ne rien pouvoir faire “tant que ce n’est pas instruit par la justice” ou encore “tant que ça ne s’est pas passé à l’école”, est intenable. Intenable tout d’abord pour ses étudiant.e.s qui ne peuvent plus supporter d’avoir à continuer à souffrir de témoignages jugés irrecevables sous prétexte qu’ils ne sont pas remis à la justice, qui a trop de fois rappelé son incapacité à traiter ces cas et la violence qu’elle dirige contre les victimes en classant ces affaires sans suite. Intenable enfin pour une école, qui prétend à former les personnes qui feront le monde et l’art de demain, en restant dans un en-deçà amoral quant à la double exigence de l’art et de la pédagogie. Ces derniers jours, sous l'impulsion de Joan Ayrton, artiste nommée directrice des études depuis la rentrée 2017, l'école opère un "grand rangement". Quand nous lui avions fait part du cas Dobbels, elle avait apprécié le parallèle fait entre ce rangement et le signalement de ce type de comportement problématique. Ce rangement doit aussi venir s’appliquer dans les engagements, ou leur absence, ou leur irrespect de l’école et ses acteurs. Car si l’art est le fait de porter un regard critique sur son époque, alors ses acteurs qui n’en sont plus capables doivent faire place nette dans les institutions en question.   Nous avons fait un signalement groupé à la direction, et nous demandons que des mesures soient prises : avertissement, sanction, sensibilisation, structure d'écoute, engagement dans le débat. Mona Darley, Chloé Labous, Elsa Michaud, Matthieu Brion, Gabriel Gauthier, des étudiant.e.s des Beaux-arts de Paris.

Elsa MICHAUD
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