Rendez-nous Soline

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Soline a 5 mois et elle nous a été enlevée.

Notre fille est née le 7 décembre 2018. Elle a un frère de 3 ans et demi. Mon mari est Pompier, et a toujours été attaché à servir son pays, parfois au péril de sa vie. Pour ma part, je suis Professeure des Ecoles et j’ai fait le choix de travailler au contact des enfants toute ma vie.

Pourtant, aujourd’hui cela fait plus d’un mois nous nous battons contre la Justice pour récupérer notre bébé.

Le 19 mars 2019, nous avons emmené notre fille aux urgences pédiatriques suite à des gémissements, une forte fièvre et des vomissements. Après 2 jours d’observation, les médecins se montrent rassurants et nous rentrons à la maison. Le 22 mars, devant la dégradation de son état de santé, Soline est à nouveau hospitalisée. Des examens plus approfondis sont réalisés et elle est transférée à l’hôpital Necker. Tout va très vite. On nous annonce que notre fille présente un hématome sous-dural bilatéral. C’est grave. Soline est opérée en urgence le soir-même. Son pronostic vital est engagé. On nous explique que le diagnostic est caractéristique du syndrome des bébés secoués : un signalement doit être effectué par le médecin au Procureur de la République. Nous ne comprenons pas comment cela a pu arriver car il ne s’est jamais rien passé à la maison. Plus préoccupés par l’état de santé de notre fille, nous ne prêtons pas attention à ce signalement. L’opération est une réussite et Soline ne semble pas présenter de séquelle. Si tout va bien, dans 1 mois et demi, une autre opération est prévue à Necker pour retirer sa dérivation. Pourtant, la machine judiciaire est lancée.

Le 1er avril, sous ordre du procureur, deux assistantes sociales conduisent Soline en pouponnière. Notre vie s’écroule, nous sommes inconsolables et tellement impuissants : notre fille nous est arrachée, une image traumatisante qui restera à jamais gravée dans notre mémoire. Nous prenons alors conscience que nous sommes suspectés de maltraitance envers notre fille. Une enquête judiciaire est ouverte et nous sommes entendus par la Brigade de la Famille en tant que simples témoins, tout comme le frère, les grands parents, la pédiatre et la nourrice de Soline. A la suite de cette audition, nous ne sommes pas placés en garde à vue, ni ne faisons l’objet de perquisitions à notre domicile : car notre histoire et notre version ne présentent pas la moindre faille. D’ailleurs, si le moindre doute de maltraitance subsistait à notre égard, la garde de notre fils ainé nous aurait également été enlevée. Qu’en est-il de la présomption d’innocence dans notre pays ?

Par la suite, nous apprendrons que la radiographie du squelette a détecté des fractures fermées au niveau des côtes et de la clavicule avec cals osseux. Nous sommes dévastés. Lors des deux hospitalisations aucun médecin ne nous en a fait part. Qu’a-t-il bien pu arriver à notre fille ? S’est-il passé quelque chose chez son assistante maternelle ? Notre fille est-elle atteinte d’une maladie ? Une question à laquelle il nous est impossible de répondre car la justice a saisi le dossier médical de Soline et aucun examen médical approfondi n’a pour l’heure été effectué. Cet hématome sous-dural n’est-il pas lié à une chute ? Une théorie qui pour le moment n’a toujours pas été avancée et à laquelle le neurochirurgien de Necker ne souhaite pas nous répondre. Nous souhaitions à l’annonce de ces nouveaux éléments, que le diagnostic du syndrome du bébé secoué, posé hâtivement, soit reconsidéré. En effet, les résultats radiographiques sont parvenus plusieurs jours après ce signalement au procureur. La présence de fractures nous laisse penser que son hématome est dû à une chute accidentelle, dont les circonstances restent inconnues. Pourquoi aurions-nous voulu cacher auprès des médecins une chute avec notre enfant ? Sa garde ne nous aurait probablement pas été retirée étayée par la thèse d’un accident, mais pourtant, la théorie d’un secouement demeure et Soline reste placée loin de nous au nom d’un « principe de précaution ».

Le 15 avril, lors de l’audience, le juge ordonne la continuité du placement de notre fille pour 6 mois, reconductibles, sur le seul motif que l’enquête judiciaire n’en soit qu’à ses débuts et l’absence de coupable. Malgré notre innocence. Malgré le rapport de l’Aide Sociale à l’Enfance nous décrivant comme des parents aimants et préconisant un placement judiciaire à domicile. Malgré le rapport de la pouponnière démontrant que Soline souffre de cette injuste séparation à un âge où son développement affectif, psychique, et social est tellement crucial. En effet, selon les puéricultrices qui s’occupent de Soline au quotidien, elle est inconsolable à la suite de chacune de nos visites. Il faut plusieurs heures pour la calmer après notre départ. Une autre puéricultrice nous a fait part de son inquiétude concernant le temps de repos de notre fille. Cette professionnelle se demande si Soline ne réfugie pas son mal-être dans le sommeil. Tous ces signaux dépressifs que nous envoie notre fille montrent bien l'attachement qu'elle a envers nous et à quel point ce placement est nocif pour elle.

Aujourd’hui, cela fait plus d’un mois qu’une partie de notre cœur nous a été enlevée. Un mois que notre vie s’est arrêtée. Un mois que nous vivons au rythme des visites : 3 par semaine, d’une heure seulement. Un mois que sa chambre est vide. Un mois que son frère réclame la présence de sa sœur à ses côtés. Un mois que Soline souffre de cette injuste séparation. Plus d’un mois que nous clamons notre innocence auprès de toutes les autorités envisageables :  Brigade de la Famille, Juge, Secrétaire d’Etat chargé de la protection de l’enfance, Ministre de la Justice, Madame Macron, Président de la République… Pourtant, l’enquête judiciaire en cours stagne et ne parvient pas à trouver le responsable de cet acte gravissime, dont nous ne sommes pas responsables. Mon mari et moi sommes attachés à fournir à nos deux enfants une éducation juste et dénuée de toute violence. Nos enfants sont ce que nous avons de plus précieux au monde et c’est pourquoi nous mettrons tout en œuvre pour que Soline revienne au plus vite auprès de nous.

Nous avons souhaité rendre publique cette injustice dans l’espoir que le Juge décide la mainlevée du placement en pouponnière et le retour de notre fille au domicile familial. Nous demandons aujourd’hui au plus grand nombre d’entre vous d’exprimer votre soutien au travers d’une signature de cette pétition afin de contester la décision du juge.

Aujourd’hui, cette histoire est la nôtre mais demain elle pourrait être la vôtre.

Cindy et Rémi