Violer ses enfants en toute impunité

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Violer ses enfants en toute impunité !

 

Si je prends la parole aujourd’hui publiquement c’est pour exprimer l’impasse dans laquelle nous nous trouvons mes filles et moi-même.

Les moyens de protéger mes enfants s’amenuisent chaque jour face au système judiciaire qui ne reconnait ni ne punit la dangerosité de leur bourreau.

Mes filles ont été victimes de violence et d’attouchements sexuels commis par leur père et contre lequel j’ai porté plainte auprès de la brigade des mineurs à plusieurs reprises.

Le parcours que nous traversons toutes les trois depuis maintenant plus de six ans est douloureux tant dans l’acharnement de cet homme à notre encontre que dans l’incohérence judiciaire.

J’ai été victime de violences conjugales, physiques et morales, pendant plusieurs années et je me suis enfuie avec mes filles le 26 octobre 2013. J’ai porté plainte ce jour-là mais celle-ci a été classée sans suite, même après un constat d’un médecin légiste à l’Hôpital Rangueil. « Les blessures n’étaient pas assez graves » dixit la policière du commissariat de Toulouse qui m’avait pourtant auditionné une deuxième fois. Aurait-il fallu que j’attende plusieurs fractures avant de partir ? Que je subisse encore pendant des années cette haine ?

Une ordonnance de protection a été prononcée et un point rencontre a été mis en place pendant quelques temps avant de fixer une garde classique.

J’ai vécu dans la peur de l’obscurité et des hommes pendant des mois mais je me suis battue pour que le cours de la vie continue dans des conditions les plus sereines possibles pour mes enfants. J’ai changé de poste au sein de mon entreprise afin de m’organiser au mieux dans la gestion de mes enfants, j’ai dû chercher un nouvel appartement, trouver une nouvelle école, une nouvelle crèche et m’installer dans une nouvelle commune.

 Nous avons ré appris à vivre et nous pensions que nous étions protégées…

En 2016, j’ai porté plainte contre le père de mes enfants pour violence à leur encontre, il a été condamné et a eu un rappel à la loi. La garde classique n’a pas été remise en cause et j’ai été contrainte de respecter cette décision. Mes filles m’appelaient régulièrement en pleurs quand elles étaient chez leur père pour que je vienne les chercher. Ces séparations étaient une véritable souffrance pour nous trois. L’appréhension qu’il leur fasse du mal ne me quittait jamais.

 

Le 1er janvier 2017, lorsque j’ai récupéré mes deux filles, elles m’ont fait des révélations quant aux « attouchements à caractère sexuel » que leur père exerçait sur elles et plus particulièrement sur ma plus jeune fille. Elle était alors âgée de 5 ans.

Le sol s’est effondré sous mes pieds ce jour-là et il ne se passe pas une minute, encore aujourd’hui, sans que je ne pense pas à ces aveux.

Avant de porter plainte j’ai contacté la psychologue qui suit mes deux filles afin qu’elle les reçoive et qu’elle entende leur déclaration. Elle les a confirmés et a même fait un signalement auprès de la cellule départementale de protection des mineurs, qui reste encore non traité à ce jour.

Je me suis ensuite rendue au commissariat et nous avons été auditionnées à la brigade des mineurs par un policier et une experte psychologue. Elle a confirmé que mes enfants n’affabulaient pas et que vu mon état d’effondrement je ne manipulais pas mes enfants.

Cela fait plus de 3 ans que je dois affronter les juges, les psychiatres, expliquer l’abomination de ce délit incestueux, donner des détails de ma vie intime, relater et défendre la parole de mes enfants.

Ma plus jeune fille me donnera des détails un an après avoir porté plainte requalifiant ainsi en viol l’infraction commise.

Personne ne remet à ce jour en cause la parole de ma plus jeune fille même pas les rapports d’experts.

Alors pourquoi ce délit n’est-il pas puni ? Pourquoi l’oblige-t-on à revoir son père ? Oblige-t-on une femme violée à voir régulièrement son agresseur ?

Pourquoi un enfant victime d’inceste serait-il obligé de voir son agresseur sous prétexte que c’est son père. Tout serait donc permis par simple justification d’un lien de filiation. Cela serait reconnaitre un pouvoir certain sur un enfant en toute impunité. Un accès à son corps sans aucun consentement. Comment pourrait-elle se reconstruire. Les risques post traumatiques d’un tel préjudice sont graves et je ne peux me résoudre à mettre mes enfants en péril plus longtemps.

La justice est complice de non-assistance en personne en danger.

Je suis sortie à chaque fois de ces entretiens encore plus anéantie. Mon sentiment de culpabilité est immense et je le garderai probablement toujours au fond de moi mais je me dois de protéger mes enfants. Je me relèverai à chaque fois, à chaque étape et je défendrai jusqu’au bout ces deux jeunes filles en devenir.

Elles ont besoin d’être reconnues victimes pour pouvoir se construire.  La société et la justice se doivent de protéger les enfants, les victimes d’inceste et de condamner les coupables.

Pourquoi personne ne condamne ce père qui est un monstre. Dans une expertise il a été reconnu qu’une attention particulière quant à sa sexualité devait être portée. Pourquoi les juges n’en tiennent pas compte.

Pourquoi mon cri de douleur retentit dans le silence assourdissant de la justice.

Malgré toutes les procédures je fais appel et je refuse de laisser mes enfants en contact avec leur père. N’importe quelle mère refuserait de mettre consciemment ses enfants en danger…n’importe laquelle les protègerai de viols à répétition. Faut-il encore une fois que l’on me dise que les faits ne sont pas assez graves.

Je m’y refuse et je m’y refuserai toujours. L’impensable, l’impardonnable a été commis.

Personne ne doit avoir accès à leur corps sans leur consentement.

Je m’épuise physiquement, moralement et financièrement pour que justice soit rendue. Nous avons à ce jour perdu tous les recours en justice.

Elles ont le droit de garder encore leur innocence d’enfants.

Moins de 1% des pédocriminels sont condamnés et 84% des victimes mineures d’attouchements sexuels sont contraints de vivre avec leur agresseur jusqu’à la majorité.

J’en appelle à ce jour aux plus hautes instances pour que mes filles puissent être écoutées et entendues dans leur souffrance.