Contre la violence raciste et homophobe, Pierre Serne doit être protégé.

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A Valérie Pécresse
Présidente du Conseil Régional d'Ile de France

Face à la menace d’extrême-droite, la protection de la République n’est pas un privilège, mais un droit.

Depuis janvier 2018, Pierre SERNE élu d’opposition au sein de l’Assemblée du Conseil Régional est la cible permanente d’un groupe d’extrême-droite « Réseau Libre ». Ce groupe, sous ses diverses dénominations, ne cache pas ses objectifs : son logo représente une arme automatique. Il ne cache pas ses idées : dans ses appels à tuer, il parle des « nègres », des « fiottes », des « boucaques ». Il ne cache pas non plus l’étendue de son réseau : à plusieurs reprises, des éléments des procédures policières concernant notamment les plaintes déposées par Pierre Serne ont été publiés sur son site.

Mieux que personne, vous savez que Pierre SERNE est nommément la cible des menaces de mort de ce groupe en tant qu'élu. L’origine de cette campagne de haine est en effet le recours que Pierre SERNE a intenté contre votre décision visant à retirer les aides aux transports aux bénéficiaires de l’Aide Medicale Etat. C’est en faisant son travail d’opposition et en faisant annuler cette décision reconnue illégale par la justice qu’il a suscité la hargne de partisans de la thèse du Grand Remplacement, qui ont notamment applaudi à l’attentat de Christchurch.

L’accès à la protection fonctionnelle due aux élus en cas d’attaque dans l’exercice de leurs fonctions ne devrait donc être qu’une simple formalité. Pourtant, alors qu’elle lui avait été accordée après une première salve de menaces et de harcèlement, vous la lui refusez aujourd'hui.

Rien n’a changé depuis cette date, sauf une chose. Les menaces à son encontre se sont amplifiées parce qu’il a osé se défendre en informant et en alertant au-delà de son seul cas, sur les activités et les discours racistes, islamophobes et homophobes du groupe « Réseau Libre », sous divers avatars, sur leur dangerosité et le risque de passage à l’acte, ce qui a donné lieu notamment à des articles de presse.

En le privant de sa protection fonctionnelle à ce moment précis , ce ne sont pas seulement les moyens matériels de se défendre que vous vous permettez de lui enlever. C’est aussi un symbole fort, un geste lourd de sens que vous faites et dont vous savez qu’il ne manquera pas d’être relevé par les individus qui le ciblent. Lorsqu’on enlève son bouclier à celui qui subit les coups, que fait-on si ce n’est signifier qu’il peut être frappé sans encombres ? A l’heure où un rapport d’enquête parlementaire reconnaît l’augmentation du risque de violence concrète par les groupes d’extrême-droite comme celui-ci, à l’heure où en Europe, cette menace s’est matérialisée par l’assassinat de Walter Lübcke, tué parce qu’il avait témoigné son soutien aux réfugiés, cette décision pourrait être lourde de conséquences et vous ne pouvez l’ignorer.

Certes Pierre Serne n’est pas votre ami politique et c’est un euphémisme.
Certes, il est ciblé par l’extrême-droite, justement pour avoir combattu une mesure que vous aviez prise.

Mais justement pour cela, et parce que toute autre décision ne pourrait être interprétée que comme une mesquine revanche par procuration, vous avez, en tant qu’élue de la République le devoir tout particulier de faire respecter ses droits démocratiques, face à l’extrême-droite violente. Des droits dont vous n’êtes pas propriétaire, mais garante.

Nous exigeons que la protection fonctionnelle lui soit rendue au plus vite par un nouveau vote de la commission permanente du Conseil Régional, parce que le danger est réel et immédiat.

Quelques éléments d'information complémentaires

https://www.20minutes.fr/high-tech/2505279-20190429-cyber-harcelee-cible-reseaux-armes-fachosphere-tres-angoissant

https://www.mediapart.fr/journal/france/010419/revelations-sur-des-patriotes-qui-projetaient-des-attentats-islamophobes/prolonger