Les étudiant​.​e​.​s en noir de deuil

Les étudiant​.​e​.​s en noir de deuil

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Etudiant​.​e​.​s ENGAGÉ​.​E​.​S a lancé cette pétition adressée à Etudiants et à

                      "Quiconque écrit s'engage"- Thomas Corneille 

Bonjour à toutes et à tous ! 

Cette lettre ouverte est un appel du coeur des étudiant.e.s. Nous affrontons le noir depuis bientôt un an, nous luttons pour continuer à apprendre. Malgré les efforts intenses de nos professeur.e.s, notre communauté se heurte au silence de celles et ceux qui nous dirigent. Aujourd'hui, nous prenons la plume et décidons de dire notre détresse.

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                                Les étudiant.e.s en noir de deuil.

Solitude. Vide. Obscurité. Si nous devions associer une couleur aux mois qui viennent de s’écouler, ce serait très certainement le noir. Nombreux.ses sont les étudiant.e.s à avoir fait face à une froide indifférence.

Les derniers mois n’ont été simples pour personne et le COVID-19 a épuisé les hommes autant qu’il a détruit les corps. La pandémie a amplifié nos difficultés, nos douleurs, nous a plongé un peu plus dans le noir. Car le noir a préexisté à la crise sanitaire. Pour nous qui voulons nous exprimer aujourd’hui, pour les étudiant.e.s en recherche d’une tribune, cette lettre adressée à toutes et tous est l’occasion de parler. De mettre des mots sur notre mal-être, de le dénoncer et à terme, de l’éjecter hors de nos vies. Les étudiant.e.s sont plongé.e.s dans l’obscurité. Ces mots, beaucoup d’entre vous les ont entendus. Les ministres et les journalistes évoquent notre nom depuis quelques semaines. Mais l’ont-ils fait avant la pandémie ? Un peu, pas assez. Les étudiants eux-mêmes n’ont pas dit tout ce qu’ils ont à dire. Notre voix s’est perdue dans l’anxiété chronique, la peur de l’échec, la perte de confiance en soi, la dépression et l’idée qu’il est normal de souffrir. Elle espère rejoindre la lumière, retrouver son chemin.

Nous ne pouvons imputer à la seule crise sanitaire l’obscurité du moment. Le chemin sur lequel nous nous sommes engagé.e.s depuis plusieurs années est périlleux, et pour beaucoup d’entre nous il ne sera malheureusement qu’une impasse. Nous nous sommes engagé.e.s dans des études exigeantes, nous avons travaillé, nous avons été contrôlé.e.s, évalué.e.s sur nos compétences. Nous méritons nos places car elles sont le résultat de notre investissement. Mais aujourd’hui, nos efforts passés comme nos ambitions futures se heurtent à un mur immense. Incomprises et aliénées par des décisions universitaires et gouvernementales, nos formations se dégradent jusqu’à oublier leur vocation : l’accomplissement et l’épanouissement de leurs étudiant.e.s.


Soyons clairs, la richesse intellectuelle qui anime nos études et nos projets n’est que le souci d’une minorité silencieuse, celle de la communauté universitaire. Il nous faut aujourd’hui multiplier les enseignements, sans nous laisser le temps de réfléchir. Nous accumulons les heures de cours imposées par des gestionnaires ignorant tout de nos exigences. À quoi nous servent nos formations ? Elles nous enlisent dans des mécanismes où il nous faut désormais cocher des cases, répondre à une logique de productivité et non plus aimer apprendre.

Aimer apprendre. Encore faut-il pouvoir apprendre et avoir les moyens financiers d’étudier dans de bonnes conditions, ce dont beaucoup d’entre-nous manquent cruellement. Est-il normal de devoir cumuler études et emplois étudiants ? La précarisation de notre communauté et son invisibilisation freine toute ambition et désir de se rendre utile à la société.

Précarité également dans la recherche et l’enseignement, qui sont pour beaucoup d’étudiants une voie d’avenir. La Loi de Programmation Pluriannuelle de la Recherche (LPPR) nous enferme un peu plus dans une logique essentiellement comptable. Le risque principal est de voir le financement de projets de recherche intéressés et précarisés, plutôt que d’assurer une stabilité et un débouché professionnel que nous espérons depuis longtemps. Aujourd’hui, ce ne sont plus les intérêts des chercheur.se.s qui garantissent un financement, mais le projet qui s’adapte aux financements en répondant à des logiques pratiques, dictées par les exigences d’une société au service de son propre développement culturel, scientifique, et bien évidemment, économique. Cette loi nous empêche de nous projeter sereinement dans l’avenir alors que notre présent est déjà bien sombre.

Épuisé.e.s par la surcharge de travail, les ennuis financiers et la peur d’un lendemain plus qu’incertain les étudiants cherchent la lumière, attendent dans le noir. Les décès et tentatives de suicides qui touchent actuellement les universités françaises rappellent la nécessité d’agir. Maintenant.

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