Pétition fermée

Referendum Pour ou Contre le Franc CFA

Cette pétition avait 5 593 signataires


La zone franc est parmi les rares institutions ayant survécu à la vague des indépendances formelles des anciennes colonies françaises d’Afrique. Elle n’a cessé d’alimenter la polémique depuis plus de cinquante ans. Celle-ci a gagné en intensité depuis la dévaluation du franc CFA, imposée par la France en janvier 1994.

En fait, cette monnaie et les mécanismes de fonctionnement de la zone franc sont parmi les principaux instruments par lesquels la France continue d’exercer sa tutelle sur les politiques économiques de certains pays en Afrique de l’Ouest et du Centre. Sans la rupture avec cette tutelle, les pays africains continueront d’hypothéquer toute possibilité de développement et de progrès social. Autrement dit, la souveraineté monétaire est une nécessité pour parachever leur indépendance politique et renforcer les bases d’une transformation structurelle de leur économie.

En effet, nulle part on n’a vu un pays se développer avec une monnaie contrôlée par un autre pays, comme c’est le cas du franc CFA. Dans les crises économiques et financières que traverse le monde, on voit toute la différence entre les pays qui sont sous tutelle, comme les pays africains de la zone franc, qui ont les mains liées, et ceux qui exercent la pleine souveraineté sur leurs monnaies et disposent ainsi d’instruments leur permettant de recourir à des ajustements dans leurs politiques monétaires (taux de change, taux d’intérêt, octroi de liquidités au système bancaire) pour mieux faire face à la crise.

Confiscation de souveraineté
Pourtant, les Constitutions africaines proclament que l’émission de monnaie relève de la « souveraineté » des pays africains. Encore faudrait-il que ce soit une monnaie qui leur appartienne et sur laquelle ils puissent décider en toute indépendance. Ce n’est pas le cas du franc CFA. La dévaluation de 1994, décidée par la France, et le statut des Banques centrales africaines confortent amplement ce point de vue.

Lors de la réunion destinée à informer les dirigeants africains de cette dévaluation, feu le président Bongo du Gabon et d’autres participants ont dit que les émissaires français n’avaient pas demandé leur avis aux chefs d’Etat réunis à Dakar et que tout ce qu’ils avaient à faire était de signerce qui avait été décidé par Paris avec le soutien du Fonds monétaire international.

Les mécanismes de fonctionnement de la zone franc illustrent parfaitement la confiscation de souveraineté monétaire des pays africains. Depuis la dévaluation de 1994, les francs CFA des zones UEMOA (Union économique et monétaire de l’Afrique de l’Ouest) et CEMAC (Communauté économique et monétaire des Etats de l’Afrique centrale) ne sont plus convertibles entre eux par un taux de change fixe et les flux de capitaux entre les deux zones sont soumis à des restrictions, bien que théoriquement appartenant à la même zone monétaire !

Fuite des capitaux
Les « atouts » [qu’était censée apporter cette monnaie unique] comprenaient, entre autres, la « stabilité », illustrée par de faibles taux d’inflation et l’arrimage du franc CFA à une « monnaie forte » ; l’absence de risque de change entre les pays africains et la France et la « garantie » de convertibilité du franc CFA, promise par les autorités françaises. Ces « atouts » devaient permettre aux pays africains de connaître de forts taux de croissance économique, d’attirer des investissements privés et de faire des progrès significatifs dans le processus d’intégration économique sous-régionale. Mais qu’en est-il en réalité ?

D’une part, la « stabilité » d’une monnaie n’a jamais été un facteur décisif pour favoriser la croissance ou attirer des capitaux. Cela s’est vérifié dans le cas du franc CFA, qui souffre de deux handicaps majeurs. En premier lieu, il ne reflète pas les fondamentaux économiques des pays membres. C’est ce qui explique que les politiques monétaires des banques centrales africaines sont déconnectées des réalités économiques et sociales des pays membres, parce qu’elles sont calquées sur celles de la BCE, et sur son credo monétariste.

En second lieu, la « stabilité » du franc CFA n’est pas non plus un atout décisif pour attirer les capitaux. Le facteur principal derrière les flux de capitaux est la possibilité de faire des profits. Les pays producteurs de pétrole et ceux ayant des ressources minières attirent plus de capitaux, même avec des monnaies instables et des taux d’inflation élevés. Le Ghana et le Nigeria attirent plus de capitaux que la Côte d’Ivoire ou leSénégal. La réalité est que les mécanismes de la zone franc tendent à favoriser la fuite des capitaux plutôt qu’à les attirer. Quand on considère le taux d’inflation, mesuré par la variation des prix à la consommation, les pays non CFA ont enregistré des taux beaucoup plus élevés, et souvent à deux chiffres. Et pourtant, les performances des pays non CFA sont, la plupart du temps, meilleures, à une ou deux exceptions près.

Enfin, l’existence d’une monnaie commune, le franc CFA, était présentée comme un « avantage » qui devait favoriser l’intégration économique des pays membres. Mais là encore, la réalité montre autre chose. Les échanges entre pays de l’UEMOA ne dépassent guère les 15 %, tandis que ceux entre pays de la CEMAC n’atteignent même pas les deux chiffres. En réalité, le franc CFA a plutôt favorisé les relations verticales entre la France et ses anciennes colonies, au détriment de relations horizontales entre celles-ci. Le commerce des pays africains de la zone franc avec la France et la zone euro représente plus de 60 % de leur commerce total. Cela montre que le franc CFA sert essentiellement à maintenir les pays africains dans la vieille division du travail, qui fait d’eux des sources de matières premières et des débouchés pour les entreprises françaises et européennes.

Médiocre bilan
Au regard de ce qui précède, ce n’est dès lors pas étonnant que les pays africains de la zone franc aient un médiocre bilan économique et social. En effet, les atouts supposés ou avantages du franc CFA se sont révélés être des mirages pour les pays africains.



TEHE compte sur vous aujourd'hui

TEHE SEMIAN a besoin de votre aide pour sa pétition “United Nations: Referendum Pour ou Contre le Franc CFA”. Rejoignez TEHE et 5 592 signataires.