Pour l'arrêt des bombardements meurtriers au Yémen

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Dans le tumulte de la poudrière du Moyen-Orient et du Proche-Orient, un conflit meurtrier oublié a cours depuis 2014. Au Yémen, pays du sud de la péninsule arabique, voisin de l’Arabie Saoudite et le plus pauvre du Moyen-Orient, c’est aussi la guerre.

 

L’année 2011 a été marquée par le départ du tyran Ali Abdallah Saleh dans la foulée des printemps arabes. Mansour Hadi a été élu président l’année suivante. Mais à l’instar de la Syrie, le printemps yéménite est devenu hiver où tout se meurt.

Le pays est en proie à une période d’instabilité et à une transition démocratique sensible et minée qui profite à Al-Qaïda qui prend racine dans la péninsule arabique. Face à la menace galopante, les États-Unis pourchassent les terroristes à coup de drones funestes qui déciment au hasard, civils ou islamistes. Le premier raid mené par Donald Trump au Yémen a tué près de 60 personnes dont 16 civils.

 

En mars 2014, la rébellion chiite houthiste – dirigée par Abdul Malik al-Houthi – a lancé une offensive sur le pays en semant la mort et la terreur pour s’emparer de la capitale Sanaa, du palais présidentiel et des grandes villes du pays. Mansour Hadi a pris la fuite et s’est réfugié royalement en Arabie Saoudite, le géant sunnite. Afin de restaurer son autorité, une coalition de pays sunnites, dirigée par l’Arabie Saoudite traque les Houthis soutenus par l’Iran chiite, l’ennemi juré du mastodonte wahhabite.

 

Le Yémen se retrouve entre les mains sanglantes de ces deux puissances rivales profitant de l’apathie de la communauté internationale, la tête dans le sable.

 

Ce conflit a transformé le ciel yéménite en un orage de bombes qui fauche, anéantit et étouffe sans pitié la population. La coalition menée par Riyad saigne le peuple yéménite à coups d’armes non conventionnelles.

 

Des hôpitaux, des écoles, des villages, des réserves d’eau et même un mariage, ont été pris pour cible par la rage destructrice de la coalition. Plus de 10 000 personnes ont déjà été tuées dans ce conflit, dont 2400 enfants et 2000 femmes. Dans l’indifférence de la communauté internationale, la coalition viole le droit international qui stipule la nécessité de protéger les civils lors des conflits.

 

Le pays sombre dans une des pires crises humanitaires au monde et les secours peinent à parvenir. Le port stratégique d’Hodeïda qui constituait un maigre espoir pour l’acheminement d’une aide humanitaire, a été complètement détruit par le feu de la coalition.  La menace saoudienne plane chaque jour, chaque nuit, comme une épée de Damoclès.

 

L’hydre de la guerre a déclenché une famine qui extermine à petit feu des enfants, des femmes et des hommes par millions ; 4 millions de personnes souffrent de malnutrition dont 2 millions d’enfants. Le visage de la jeune Saïda Baghili, émacié et asséché par la famine, est devenu le symbole de ce fléau sans intérêt. Une épidémie de choléra sévit actuellement. Cette épidémie qui touche plus d’un demi-million de personnes, tuant plus de 1700, vient gonfler le lourd tribut de cette guerre pour une population est laissée pour compte.

 

Les paysages se sont mués en lieux apocalyptiques où le feu de la guerre semble inextinguible. Les dents escarpées des montagnes sont devenues des coupe-gorges abritant la retraite des milices armées et des pires terroristes qui soient. Le déferlement de balles et de bombes résonne chaque jour. Les habitants sont pris au piège des djihadistes, des miliciens et de la coalition saoudienne.

 

Des carcasses de chars prennent peu à peu place dans les rues des grandes villes. Aden, l’une des villes phares du Yémen, réputée pour avoir été le jardin d’Eden, décline et devient enfer. Le Yémen, ancien royaume de Saba, expire et voit son patrimoine antique et médiéval laminé. Les navires commerciaux qui transitaient par son port s’effacent devant les bâtiments de guerre. Le Yémen est devenu un champ de ruines où le ballet de corps sanglants et l’errance de familles hagardes, sont les conséquences de la musique tapageuse des cuivres assassins, pendant que chantent et dansent les chefs de cette atrocité sans nom.

 

Le torrent de brasier déverse plus de 1,4 millions de personnes sur les chemins minés de l’exode. Des millions de yéménites sont précipités dans les affres de la misère qui incite des parents à vendre leurs propres enfants.

Plus de 2 000 yéménites ont quitté de force leur pays pour Djibouti, où ils parviennent tout juste à rester en vie dans de misérables camps de réfugiés soumis aux caprices du désert. Un exil de masse s’annonce et menace d’accroître la catastrophe humanitaire qui risque de se répercuter bien au-delà des frontières d’un Yémen en putréfaction. Et là, hélas, toujours pas de réaction de nos dirigeants internationaux. Qu’attendent-ils ?

 

Les petites âmes sont particulièrement touchées par cette guerre oubliée et peu évoquée dans la presse. On estime que six enfants sont tués quotidiennement par les bombardements saoudiens. Les corps d’enfants hâves et décharnés affluent en masse dans les hôpitaux déliquescents et saturés.

 

Chaque pluie de bombes, chaque attaque au sol, laisse des djebels de cadavres d’enfants ensanglantés, blanchis par la poussière et la mort.

Chaque pluie de bombes, chaque attaque au sol, obère l’accès à l’éducation des jeunes ; on assiste à la destruction des écoles et à l’invasion des armes dans ces temples de la connaissance, désormais sans lendemain.

 

Un niveau « inacceptable » pour l’ONU qui a placé le royaume saoudien sur la liste noire des pays violant les droits des enfants avant de se rétracter suite au chantage financier de l’Arabie Saoudite…

 

En dépit de ces attentats perpétrés contre le Yémen, l’Occident continue à conclure de faramineux contrats avec les satrapes de Riyad. Les Etats Unis de Trump, ont vendu 380 milliards de dollars d’armement. Le gouvernement britannique, quant à lui, a conclu une transaction à hauteur de plus de 4 milliards de dollars d’armes. La France pour sa part, a signé un contrat de 455 millions de vente d’armes. Pour ne citer que ceux-là, il s’agit de milliards de dollars sont tachés de sang innocent.

 

Quant à l’Iran, le géant chiite est accusé, via un système de contrebande, de vendre des armes aux Houthis qui les retournent contre leurs enfants, leurs sœurs, leurs frères.

 

Qui peut rester indifférent à cette situation révoltante qui fauche des vies par milliers ? Au tapis de corps d’enfants, de femmes et d’hommes gisant sur le sol ? A ces mères au visage enfermé dans un niqab qui ne laisse apparaître que leurs yeux semblables à des océans soumis aux lames cruelles de la désolation ?

 

Le Yémen n’est ni une « vache à pétrole », ni un point stratégique pour l’Occident qui se dit l’apôtre de la paix et de la démocratie. Dusse cette terre accoucher d’un or noir abondant pour que les consciences s’éveillent enfin ? Il est à se demander, bien que la réponse soit évidente, si la valeur d’un peuple se mesure à la valeur de ses débouchés économiques ou à sa position géostratégique.

 

Cette grêle de bombes meurtrières noie davantage le pays dans le chaos et s’avère être dénuée d’efficacité. « La campagne aérienne menée par l’Arabie saoudite a très peu d’impact opérationnel ou tactique sur le terrain et ne conduit qu’à un renforcement des antagonismes au sein de la population et à la fragmentation du pays » expliquent des experts onusiens dans un rapport.

 

Le ministère des Affaires Étrangères du Yémen renvoie la balle, non, la bombe, à l’Iran pour son soutien aux Houthis et souligne son rôle dans l’enlisement du conflit.

 

Le secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires, Stephen O’Brien a souligné que « le nombre de bombardements a été multiplié par trois, chaque mois, par rapport à 2016 » alors que « les affrontements armés ont, eux, plus que doublé ».

 

Ces bombardements viennent attiser l’hydre de la guerre et confirme cette citation de Jean Jaurès : « On ne fait pas la guerre pour se débarrasser de la guerre ».

En tant que jeune défenseure des droits de l’Homme et de l’enfant, le monstre tueur de la guerre réveille en moi un cri de révolte à travers ma plume. C’est un cri pour l’espérance, pour l’optimisme qui se base sur l’histoire et le progrès dans le monde et dans son environnement. L’optimisme c’est l’espoir d’un monde meilleur.

Le flambeau de l’optimisme a éclairé les ténèbres pour ouvrir la voie à un monde baigné par les lumières d’un futur meilleur comme le symbolise la déclaration des droits de l’Homme du 26 août 1789. Et comme a dit Albert Camus, « il y a sur cette terre des fléaux et des victimes et il faut, autant qu’il est possible, refuser d’être avec le fléau ».

 



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