Intégration de l'Albanie à l'Union Européenne

Pétition fermée

Intégration de l'Albanie à l'Union Européenne

Cette pétition avait 394 signataires

Matgieu AREF a lancé cette pétition adressée à union européenne (bureau de liaison)

Il s'agit de l'un des plus anciens peuples européens qui mérite autant que les autres d'être intégré dans la fédération de l'Union Européenne.

 

Pour la quatrième fois l’Union Européenne vient de rejeter l’entrée de l’Albanie dans cette fédération qui porte mal son nom. Je n’ose penser que ce refus soit conditionné par des questions d’ordre « technique ou fonctionnel ». Cet acharnement peut-il faire penser à une sorte d’albanophobie générée par des pressions de pays viscéralement anti-albanais ? En tout cas cela semble bien à un scandale et une cabale orchestrée par certains contre ce petit pays mais également et surtout ce grand peuple qui a donné à cette Europe-là (celle qui le rejette actuellement) ces deux plus grandes civilisations la grecque (via les Pélasges) et la romaine (via les Étrusques) ! Selon tous les auteurs antiques grecs les Pélasges furent les prédécesseurs des Grecs et non leurs ancêtres. Leurs derniers descendants dans les Balkans furent les Thraces à l’Est et les Illyriens à l’Ouest. Les Albanais sont les descendants des Thraco-illyriens dernier maillon de cette lignée pélasgique issue de la Préhistoire européenne. Les Illyriens, selon les Anciens, ne furent-ils pas les frères de sang des Celtes ?  En effet selon Appien (Illyrie 2, Macédoine II) Keltos (ethnonyme des Celtes), Illyrios (ethnonyme des Illyriens) et Galos ou Galas (ethnonyme des Gaulois) sont frères issus de Galatæ et de Polyphème (cyclope ou géant sauvage). Appien tient cette légende de Théocrite (IIIe s avant JC, VIe et XIe Idylles). Polybe affirme (Histoire, II, 7,5) que Celtes et Illyriens sont issus de la même famille ethnique. Tous ces pays qui dénient l’européanité de la nation albanaise ignorent tout de ce peuple. Ils ont occulté ses origines millénaires et brillantes et n’ont gardé qu’une mémoire sélective d’un piètre passé c’est-à-dire celui de cinq siècles d’occupation ottomane (à partir du XVe siècle comme d’ailleurs l’ensemble des pays balkaniques) sous le joug duquel une grande partie de sa population s’est convertie à l’Islam. Ils ont également en mémoire presque un demi-siècle de dictature communiste qui a plongé l’Albanie dans un isolement drastique et une sorte de léthargie qui lui a été néfaste à tout point de vue. Enfin ils ont en mémoire ces grappes humaines ayant pris d’assaut les bateaux vers l’Italie et l’Occident qui pour eux personnifiait la liberté et l’Eldorado. Évidemment toutes ces élites politiques ont feint d’oublier qu’avant le XVe s l’ensemble de la nation albanaise fut de confession chrétienne (catholiques et orthodoxes) et fut christianisée par Saint Paul avant qu’il ne passe de l’autre côté de l’Adriatique pour convertir l’Italie entière au christianisme. Ils ont occulté son passé préhellénique prestigieux. À leur décharge les élites politiques (XIXe, XXe et XXIe siècles) ont été abusées par de nombreux pseudo-scientifiques (ce furent pour la plupart des historiens, hellénistes, archéologues et linguistes) qui ont détourné voire dénaturé la véritable histoire antique de toute la péninsule balkanique. En effet c’est suite à de nombreuses fausses pistes, erreurs et analyses dévoyées que l’histoire préhellénique de la Grèce a été tronquée et c’est le « communément admis » qui a prévalu et prévaut toujours aujourd’hui. À partir de 1968, c’est-à-dire depuis presque cinquante ans, j’ai entamé des études et recherches pluridisciplinaires qui ont abouti à la publication de deux livres (2003 et 2004 pour l’édition française et 2007 et 2008 pour l’édition albanaise) et la soumission d’une thèse en doctorat à la Sorbonne/Paris IV, en 2012.  L’historiographie moderne de la Grèce s’est engluée dans une sorte d’idéologie rampante ou s’est tout simplement engouffrée dans de fausses pistes ayant assombri voire tronqué l’histoire de la Grèce préhellénique et archaïque pour les raisons suivantes.

 

 

 

  • Avoir cru en une guerre de Troie ayant eu lieu au XIIe s avant J.-C. Cette date a été établie arbitrairement, sans aucune preuve historique, par Ératosthène, mathématicien grec du IIIe s avant J.-C (date méconnue de tous les auteurs classiques). De ce fait cela a fait croire à une ancienneté des Grecs et fait remonter leur histoire à une date largement antérieure à cette guerre-là. En conséquence c’est à partir de cette hypothétique guerre de Troie que les historiens modernes ont basé toutes les autres dates de l’histoire de la Grèce. Alors que tous les auteurs antiques du VIe et Ve siècles av. J.C. ignorèrent l’existence d’une civilisation « mycénienne » - invention du pseudo-archéologue Heinrich Schliemann - ainsi que l’existence d’une telle date. Les seuls mycéniens, pour eux, furent tout simplement les « habitants » de la « ville » de Mycènes. Ces auteurs antiques considérèrent les Pélasges comme leurs uniques prédécesseurs et non leurs ancêtres.

  • Avoir considéré le linéaire B comme un ancien grec alors qu’à l’époque de cette écriture (issue du linéaire A crétois) les Helènes n’étaient entrés dans l’histoire du pays qu’ils allaient conquérir beaucoup plus tard.

  • Ventris et Chadwick n’ont pas cherché à inclure dans le cadre de leurs études et recherches d’autres langues (l’albanais, par exemple) que le grec et n’ont pas pensé qu’il pouvait exister des traces substantielles du pélasgique ancien duquel est issu l’ancien grec et à fortiori l’albanais moderne. Malgré leur découverte ils n’ont pas modifié la perspective que nous avons de l’histoire grecque. En effet le déchiffrement du linéaire B est tributaire du caractère fragmentaire et unilatéral de la documentation utilisée dans leurs travaux de déchiffrement du linéaire B. Les mots et noms employés dans cette écriture (inspirée du linéaire A crétois), ne sont pas des textes littéraires et ne nous renseignent guère sur la civilisation ni l’histoire de cette époque. Il s’agit souvent de répertoires ou d’inventaires comptables de toutes sortes de produits bruts ou manufacturés dont certains noms dérivent de dénominations ou vocables souvent étrangers aux dits Mycéniens (en raison des divers échanges commerciaux) aux dits Mycéniens. Ainsi la portée philologique ou linguistique en demeure donc assez restreinte. Notons, toutefois, que les noms préhelléniques des divinités de la mythologie figuraient déjà sur les cachets crétois dès l’époque des palais (~2000~1700). Il est à noter que la plupart de l’onomastique des poèmes épiques s’explique moins par le grec que par le dialecte gheg de l’Albanie du nord.

  • Avoir sous-estimé voire totalement occulté le rôle primordial joué par les Pélasges dans l’éclosion de la civilisation grecque proprement dite.

  • N’avoir pas mis suffisamment en exergue le rôle des Étrusques (même ethnie que les Pélasges) dans l’éclosion de la civilisation romaine.

  • N’avoir fait aucun rapprochement entre les Étrusques, les Pélasges, les Thraco-illyriens et les Albanais actuels.

  • N’avoir pas tenu compte des nombreux écrits antiques des VIe et Ve siècles av. J.-C. (Iliade d’Homère, Hécatée de Milet, Hellanicos de Lesbos, Hérodote, Thucydide, les auteurs tragiques, etc.) qui ont clamé haut et fort que seuls les Pélasges furent les prédécesseurs des Grecs et non leurs ancêtres.

  • Avoir occulté l’origine de l’Iliade et l’Odyssée : poèmes de tradition orale préhellénique (pélasgique). Ces poèmes ont été modifiés, remaniés voire manipulés pour servir la cause des premiers conquérants hellènes (historiquement apparus après le VIIIe s avant J.-C.) du pays qui allait devenir la Grèce (Hellade), appelé jusque-là « Pélasgie ».

  • Avoir négligé l’étude approfondie de l’histoire et de la langue des Pélasges qui ont essaimé des deux bords du Danube à la Méditerranée (y compris la Crète et les îles de l’Égée) et de l’Adriatique (voire la mer tyrrhénienne) à l’Asie Mineure.

  • La linguistique moderne s’est fourvoyée dans son idéologie indo-européaniste. L’on a créé, de toutes pièces, une langue virtuelle appelée « indo-européen » (et, par la même occasion, créé un peuple « hypothétique » indo-européen). Puis l’on s’est évertué à effectuer des comparaisons multiples entre des langues anciennes (grec et latin d’origine européenne) et des langues intruses (d’origine asiatique) et d’autres beaucoup plus récentes (langues balto-slaves et finno-ougriennes ou ouralo-altaïques) ainsi que la liaison faite avec le sanscrit (écrit au VIe s avant J.-C. et contemporain du grec écrit à la même époque du temps de Pisistrate) ou le tokharien (plus récent). Il y eut, bien entendu, de nombreuses interférences entre toutes ces langues (par la force des choses, la promiscuité, les mouvements de populations, les diverses conquêtes, les échanges commerciaux, etc.). Mais les linguistes, dans leur système de comparaison, n’ont pas tenu compte du facteur chronologique de chacune des langues étudiées et de l’histoire inhérente à chacune de ces langues. Cependant l’étude de ce mélange hétéroclite n’a pas abouti à une meilleur connaissance de la genèse d’une langue européenne c’est-à-dire une « langue mère » à l’origine du grec et du latin lesquels ont influencé des langues arrivées assez tardivement en Europe orientale tels le balto-slave (VIe/VIIe s après J.-C.) et le finno-ougrien (dont le hongrois apparu vers le Xe/XIe s après J.-C.).  La négligence de l’histoire des langues, la méconnaissance ou l’occultation de la véritable origine des Grecs (via les Pélasges) et des Latino-romains (via les Étrusques) ont conduit les linguistes à ne faire aucun rapprochement entre la langue albanaise (dialectes gheg et tosk issus du thraco-illyrien) et son ancêtre ethnolinguistique le « pélasgique ancien » (dont l’étrusque et le phrygien sont très proches du thraco-illyrien). C’est dans cette direction qu’il aurait fallu rechercher cette langue mère de l’Europe et, par voie de conséquence, en situer le foyer originel (et non pas à partir de l’Inde – d’où le terme artificiel « indo » associé au terme « européen »). Certains auteurs contemporains dont J. P. Mallory et Colin Renfrew ont essayé d’aborder cette question de « foyer originel » sans pour autant régler définitivement ce problème. En conclusion la plupart des linguistes, trop compartimentés et enfermés dans leur propre discipline, ont, dans le cadre de leurs études et recherches, négligé la part historique, ethnolinguistique et chronologique inhérente à chacune des langues étudiées.

     

    Suite à cet exposé il ne reste plus qu’à espérer que les élites politiques de l’Union Européenne comprendront que ce petit état de l’occident balkanique mérite de faire partie de la fédération européenne autant que les autres nations européennes. 

 

 

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