Transformons la prison de Forest en musée pédagogique

Transformons la prison de Forest en musée pédagogique

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Quand elle atteindra 2 500 signatures, cette pétition aura plus de chance d'être reprise par les médias et journaux locaux !
Ligue des droits humains a lancé cette pétition adressée à Les citoyen.n.es

À l’heure de l’annonce de la fermeture de la prison de Forest pour septembre 2022, nous, soussignées et soussignés, appelons les autorités à en faire un outil pédagogique et historique en transformant la prison de Forest en Musée Pédagogique de la Prison en Belgique.

Par sa valeur symbolique, historique et sociale, et en raison de sa haute valeur architecturale, la prison de Forest pourrait devenir un lieu de mémoire, d’ouverture d’esprit et de réflexion remarquable pour le public, et en particulier les jeunes. C’est pourquoi nous lançons un appel aux autorités fédérales, régionales et communales à sauvegarder la prison de Forest en la transformant en Musée Pédagogique de la Prison en Belgique.

Pourquoi créer un musée pédagogique de la prison ?

Notre appel pour sauvegarder l’établissement pénitentiaire de Forest s’inscrit dans les efforts réalisés ces dernières années pour disposer d’une prison-musée pédagogique en Belgique dans la continuité de « l’Appel pour sauver la prison-musée de Tongres » lancé par Jean-Marc Mahy et Luk Vervaet, soutenu par quelques centaines de magistrat·e·s, professeur·e·s, politiques, acteurs et actrices du terrain carcéral et de la protection des enfants en 2008[1].

Notre appel rejoint également celui lancé en 2016 par Florence Dufaux, sociologue et criminologue : « Il conviendrait […] de permettre de réaménager la prison de Forest en musée (tel qu’était le musée de la prison de Tongres avant qu’elle ne soit cyniquement transformée en centre fermé pour mineurs) comme outil de sensibilisation sur la question de l’enfermement, plutôt que de la transformer en logements de luxe »[2].

Notre appel rejoint, enfin, la proposition de la Commission de Surveillance de la prison de Forest- Berkendael qui écrit, dans la conclusion du rapport d’activités de l’année 2020 : « Enfin, dès lors que leur fermeture est annoncée comme imminente avec l’entrée en fonction de la prison de Haren en 2022, la Commission souhaite clôturer son rapport par une invitation du monde politique à la réflexion sur la destination qui pourrait être donnée aux prisons de Forest et Berkendael. À cet égard, la Commission tient à rappeler l’initiative intéressante et constructive qu’a été la transformation de la prison de Tongres, à sa fermeture, en « musée pédagogique sur la prison ». Ce projet a permis, entre 2005 et 2008, à plus de 300.000 personnes de visiter les lieux en étant guidé par des anciens détenus. Les témoignages sur l’impact positif d’une telle visite ont afflué, notamment de la part des professeurs-élèves. La Commission souligne l’importance du travail de mémoire à l’égard de tout ce qui a pu se passer à l’intérieur des murs de ces prisons, et dont elle-même a été le témoin durant de longues années ».  

Un musée pédagogique de la prison pour combler une carence du Master Plan des prisons ?

Les différents Masterplans pour « une détention dans des conditions humaines », dont le premier date du 18 avril 2008, investissent tous leurs moyens dans la construction de nouvelles prisons, à l’encontre de l’ensemble des analyses criminologiques qui mettent en évidence l’impact négatif d’une telle politique : ces moyens sont investis à fonds perdus,  au détriment des moyens humains et du développement d’une réelle politique de réinsertion, et en négligeant les indispensables efforts de prévention de la délinquance à fournir. En particulier, ils n’attachent aucune importance à la valeur pédagogique de l’histoire de l’incarcération en Belgique pour les générations tant actuelles que futures. Ni aux cris répétés du secteur social à disposer d’instruments d’éducation et de prévention pour les jeunes, en particulier pour les jeunes fragilisés, à risque et en difficultés.

L’exemple précité de la prison de Tongres est frappant quant à ce désintérêt pour la valeur éducative d’un musée de la prison. Après 161 ans d’existence, celle-ci a été fermée en 2005. Elle a alors été transformée en prison-musée avec des activités pédagogiques et culturelles. Les autorités ne se sont jamais intéressées à ce projet. En trois ans d’existence, il a pourtant attiré des visites de dizaines d’écoles et des centaines de milliers de visiteuses et visiteurs. En novembre 2008, les autorités ont mis fin à cette expérience unique et elles ont réaffecté l’établissement, comble de cynisme, en centre fermé pour mineurs délinquants.

Pourquoi la prison de Forest ?

Au niveau mondial, la prison de Forest fait partie des trois cents prisons du 19ème siècle, construites selon le « Pennsylvania system », le modèle américain des premières prisons cellulaires des temps modernes[3]. En Belgique, la prison de Tongres (1844) fut la première prison de ce type. La prison de Forest dont le projet de construction fut élaboré dès 1873 et qui s’est ouverte en 1910, en est, avec celles de Louvain (1860) et de Saint-Gilles (1885), un des exemples par excellence[4]. Elle fut aussi une des dernières élaborées selon cet archétype. Avec les prisons d’Anvers (1921) et de Gand (1921), la prison de Forest (1922) fut la première prison belge où fut créée une annexe psychiatrique et une aile séparée pour les femmes, le 7 avril 1924.

Près d’un siècle ou deux après leur construction, toute une génération de prisons du 19e siècle touche à sa fin. Les anciennes prisons disparaissent des centres-villes et, avec elles, toute trace de l’histoire de l’incarcération. Au lieu de les laisser se transformer entièrement en hôtels de luxe, centres commerciaux, écoles, centres sportifs ou logements dans de « nouveaux quartiers urbains multifonctionnels », comme on peut lire dans des déclarations de certains édiles politiques, nous appelons à conserver ces lieux en témoignage de la nature de la prison et de ses conséquences en termes de souffrances et d’atteintes à la dignité humaine pour les détenues et les détenus au sein de leurs murs.

Pour toutes ces raisons, nous appelons les autorités à la création d’un outil pédagogique, historique, social et architectural en transformant la prison de Forest en Musée Pédagogique de la Prison en Belgique.

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Nu de definitieve sluiting van de gevangenis van Vorst is aangekondigd voor september 2022, doen wij, ondergetekenden, een oproep aan de autoriteiten om van de gevangenis van Vorst een educatief en historisch instrument te maken door ze om te vormen tot een Pedagogisch Museum van de Gevangenis in België.

Omwille van zijn symbolische, historische en sociale waarde en door zijn architectuur, zou de gevangenis van Vorst zo een plaats van de herinnering worden, een plaats die jong en oud aan het denken zet over detentie. Daarom doen we een oproep aan de federale, regionale en gemeentelijke autoriteiten om de gevangenis van Vorst te beschermen door er een Educatief Gevangenismuseum in België van te maken.

Een pedagogisch gevangenismuseum: waarom ?

Onze oproep tot vrijwaring van het gevangenisgebouw in Vorst kadert in de inspanningen die de voorbije jaren werden geleverd om in België over een pedagogisch gevangenismuseum te beschikken. Zo was er in 2008 de “Oproep om het gevangenismuseum van Tongeren te redden”. De oproep werd gelanceerd door Jean-Marc Mahy en Luk Vervaet, gesteund door enkele honderden magistraten, professoren, politici, mensen actief in het gevangeniswezen en voor de bescherming van het kind [1].

In 2016 lanceerde Florence Dufaux (1980-2016), sociologe en criminologe, volgende oproep: "de gevangenis van Vorst zou moeten omgevormd worden tot een museum (naar het voorbeeld van het gevangenismuseum van Tongeren, voor het op een cynische wijze werd omgevormd tot een gesloten centrum voor minderjarigen). In plaats van luxueuze appartementen, zouden we zo een instrument creëren om het bewustzijn over de kwestie van de opsluiting te vergroten.”. [2]

Tenslotte is er de Commissie van Toezicht van de Gevangenis van Vorst-Berkendael die in zijn conclusie van het activiteitenverslag 2020 volgend voorstel doet: “de Commissie wenst haar rapport af te sluiten met een uitnodiging aan de politieke wereld om na te denken over de bestemming van de gevangenissen van Vorst-Berkendael in 2022. In dit verband herinnert de Commissie aan het interessante en constructieve initiatief dat plaatsvond in de gevangenis van Tongeren. Toen die werd gesloten, werd er een "pedagogisch gevangenismuseum" van gemaakt. Dankzij dit project konden er tussen 2005 en 2008 meer dan 300.000 mensen de gevangenis bezoeken onder begeleiding van voormalige gevangenen. Getuigenissen over de positieve impact van zo'n bezoek stroomden binnen, vooral vanwege leraars en hun leerlingen. De Commissie onderstreept het belang om het verleden te bewaren en ons te herinneren aan wat er binnen de muren van deze gevangenissen gebeurde en waarvan zij zelf de getuige was gedurende vele jaren.” 

De verschillende Masterplannen voor “een detentie in humane omstandigheden”, waarvan het eerste dateert van 18 april 2008, investeren alle middelen in de bouw van nieuwe, hoog technische gevangenissen buiten proportie, die ingaan tegen de analyses van criminologen die de negatieve impact van zo’n politiek benadrukken. Dit gebeurt ten koste van de menselijke hulpbronnen en ten koste van de ontwikkeling van een echt re-integratiebeleid door voorbij te gaan aan de noodzakelijke inspanningen om delinquentie te voorkomen. Ze hechten met name geen belang aan de educatieve waarde van de geschiedenis van de detentie in België voor zowel de huidige als de toekomstige generaties. Ze luisteren evenmin naar de herhaalde vraag van de sociale en de juridische sector om educatieve en preventieve instrumenten te creëren voor jongeren, in het bijzonder voor de meest kwetsbare jongeren.

Een treffend voorbeeld van dit gebrek aan belangstelling voor de educatieve waarde van een gevangenismuseum is het verhaal van het gevangenismuseum in Tongeren. Na 160 jaar bestaan ​​werd de gevangenis van Tongeren in 2005 gesloten. Ze werd omgevormd tot een gevangenismuseum met educatieve en culturele activiteiten. De autoriteiten hebben nooit enige interesse getoond voor dit initiatief. In zijn driejarig bestaan, ontving het gevangenismuseum het bezoek van tientallen scholen en tienduizenden bezoekers, zonder enige publiciteit of reclame. In november 2008 maakten de autoriteiten een einde aan deze unieke ervaring en werd de oudste gevangenis van België en zijn museum omgevormd tot een gesloten centrum voor jonge delinquenten.

Waarom de gevangenis van Vorst ?

Op wereldvlak is de gevangenis van Vorst een van de driehonderd negentiende-eeuwse gevangenissen, gebouwd volgens het "Pennsylvania-systeem", het Amerikaanse model van de eerste cellulaire gevangenissen in de moderne tijd.[3] In België was de gevangenis van Tongeren (1844) de eerste die gebouwd werd volgens dit model. Samen met de gevangenis van Leuven (1860) en Sint-Gillis (1885) is de gevangenis van Vorst, waarvan het bouwproject in 1873 werd ontworpen en die in 1910 werd geopend, een van de meest sprekende voorbeelden van dit model[4]. Ze is er ook een van de laatste modellen van. In de gevangenis van Vorst werd in 1922, na die van Antwerpen (1921) en Gent (1921), een psychiatrische afdeling geopend en werd er op 7 april 1924 een aparte vleugel voor vrouwen gecreëerd.

Een of twee eeuwen na hun bouw komt er een einde aan een hele generatie van 19e-eeuwse gevangenissen in België. De oude gevangenissen verdwijnen uit de stadscentra en met hen alle sporen van de geschiedenis van de opsluiting in ons land. In plaats van de gevangenis van Vorst om te bouwen tot “nieuwe multifunctionele stadswijk”, zoals we dat kunnen lezen in de verklaringen van bepaalde politici, met luxehotels, winkelcentra, scholen, sportcentra en andere accommodaties, pleiten we ervoor dat deze plek behouden zou blijven. Als getuige van de natuur van de gevangenis en de gevolgen ervan in termen van pijn en aantasting van de menselijke waardigheid voor de gevangenen binnen hun muren.

Om al deze redenen roepen we de autoriteiten op om een ​​pedagogisch hulpmiddel te creëren door de gevangenis van Vorst om te vormen tot een Pedagogisch Gevangenismuseum van België.



[1] L’expérience de cette prison-musée et la lutte pour la sauver est décrite dans le livre de/ De ervaring van dit gevangenismuseum en de strijd om het te behouden is beschreven in het boek van : Jean-Marc Mahy et Luk Vervaet, « Le musée de Tongres est mort, vive la prison ? », Éditions Academia – L’Harmattan s.a., 2019.
[2] Observatoire international des prisons, « Notice 2016. Pour le droit à la dignité des personnes détenues », p. 41.
[3] Mitchel P. Roth, Prisons and Prison Systems - A global Encyclopedia, Greenwood press, Westport, Connecticut, London, 2006, p. 206.
[4] Idem, p. 31.

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