Pétition fermée

Gardons une formation de qualité en psychiatrie. Pour une psychiatrie humaniste.

Cette pétition avait 748 signataires


L’API, l’Association des Psychiatres de secteur Infanto-juvénile, tient à réagir à la réforme du 3ème cycle des études médicales, qui menace gravement la psychiatrie et la formation des futurs praticiens.

Depuis la disparition de la spécialité en neuropsychiatrie, la psychiatrie contemporaine s’est individualisée comme discipline médicale du sujet, et non comme une spécialité d’organe. Etre spécialisé(e) en psychiatrie, c’est, pour nous, développer une connaissance approfondie d’une psychopathologie générale, du développement psycho-affectif et de ses troubles. Dans cette perspective, le retour d’une psychiatrie à une « simple » spécialité médicale est une attaque évidente des courants théoriques spécifiques à notre discipline, courants qui inscrivent les troubles dans l’histoire développementale du sujet et de sa famille.

La psychiatrie est une discipline médicale ; c'est la discipline qui étudie les maladies mentales ; le psychiatre est un médecin. Revendiquer que la psychiatrie est une branche de la médecine, c'est considérer que toutes les souffrances, toutes les particularités, tous les comportements, ne sont pas des maladies. C'est distinguer le normal et le pathologique, la souffrance et la maladie. C’est, comme dans toute démarche médicale, recueillir les symptômes, les regrouper en syndromes, envisager un diagnostic, proposer une thérapeutique.

 

Par décision de son Conseil d’Administration du 6 février 2016, l’API s’oppose à la réforme du 3ème cycle des études médicales, qui fait disparaître la psychiatrie infanto-juvénile, au profit d’une sur-spécialité médicale.

De plus, l’Api s’oppose à la réforme du Diplôme d’Etudes Spécialisées (DES) de Psychiatrie Générale qui réduit le nombre de stages obligatoires en psychiatrie infanto-juvénile à 1 semestre, sur 4 ans de formation, au lieu de 2 semestres actuellement. Les raisons de notre opposition sont les suivantes :

- En psychiatrie, le champ de l’enfance et de l’adolescence, est vaste et en même temps, spécifique. Y accorder un quart du temps de stages dans la formation obligatoire de tout psychiatre paraissait un minimum. Diviser par deux ce temps de formation est tout simplement indécent. C’est une erreur grave en terme de santé publique qui, au delà  de concerner tous les psychiatres en formation, futurs psychiatres d’adultes et futurs psychiatres d’enfants, concerne toute la population.

- En effet, la formation au développement et à la psychopathologie de l’enfant est un prérequis indispensable à l’appréhension de la psychiatrie du sujet adulte.

- C’est bien souvent au travers de leurs stages en pédopsychiatrie que les psychiatres en formation sont initiés à la prise en compte des familles, leur accueil, leur écoute.

- La parentalité, et ses troubles, ne sauraient être prises en charge sans les apports de la clinique du bébé et du jeune enfant, clinique appréhendée par les psychiatres en formation au cours de leurs stages en pédopsychiatrie.

- La maquette actuelle du DES de Psychiatrie Générale, complétée par le DESC de Psychiatrie de l’Enfant et de l’Adolescent, permet aux psychiatres en formation de choisir leur orientation clinique au cours de leur formation et au travers de leurs stages. C’est pendant leurs stages dans nos services, qu’ils décident de s’orienter vers la psychiatrie infanto-juvénile. 12 mois de formation est un minimum pour découvrir la diversité des pratiques en psychiatrie infanto-juvénile. Réduire de moitié, dans les quatre années du DES de psychiatrie générale, le temps de stage obligatoire en psychiatrie infanto-juvénile réduit, au moins d’autant, les possibilités de découvrir, d’investir ce large champ, et donc de s’orienter vers celui-ci.

- Enfin, la réforme accélère la crise démographique qui touche actuellement la psychiatrie et en particulier la pédopsychiatrie, et expose donc nos concitoyens, à une évidente difficulté d’accès aux soins.

 

Si pour vous, la psychiatrie ne peut se résumer à une médecine du cerveau,

Si pour vous, la clinique du sujet et la prise en compte de la famille doivent primer,

Si pour vous, la manière dont une société traite ses enfants, ses malades mentaux et ses vieux, est un signe de l’état de santé de cette société,

Signez cette pétition !



Vincent compte sur vous aujourd'hui

Vincent SCHERR a besoin de votre aide pour sa pétition “Thierry Mandon, secrétaire d'État en charge de l'Enseignement supérieur et de la Recherche: Pour une psychiatrie humaniste, gardons une formation de qualité en psychiatrie”. Rejoignez Vincent et 747 signataires.