PRÉVENTION SUICIDE - Un échéancier d'urgence des mesures "Santé mentale et psychiatrie"

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Tout d'abord rappelons que le suicide est évitable. Nous pouvons sauver des vies en agissant.

Tout d’abord un exemple, à ce jour la France ne dispose pas de ligne nationale d'écoute suicide gérée par l'État mais les seules lignes existantes sont celles d'associations (en partie financées par le ministère de la santé). Pourtant le suicide est la cause de 20% des décès chez les hommes de moins de 65 ans et la France se situe dans le groupe des pays européens à taux élevés de suicide avec un niveau nettement supérieur (de 16,2/100 000 habitants) à la moyenne européenne (10,2).  Malheureusement seules deux lignes permanentes existent et, malgré les efforts des associations qui s'en occupent, certains soirs (aux heures des plus grands nombres d'appels) elles sont saturées. Lors du premier confinement SOS Amitié dut gérer une hausse de 30 à 40% des appels, et avec le reconfinement l'association nécessite maintenant 500 bénévoles d'urgence.

C'est pour quoi il faut s'assurer d'une mise en place efficace et (plus) rapide de cette ligne prévue pour 2021.

Ces lignes d'écoute sont parfois le dernier rempart avant un suicide ou une tentative de suicide mais elles doivent entrer dans une politique de prévention plus globale.

En 2018 la France s'est dotée d'une stratégie(4) qui a pris la suite du "Programme national d'actions contre le suicide" (PNACS) 2011-2014. C'est la "Feuille de route - Santé mentale et psychiatrie" présentée par Agnès Buzyn alors ministre de la santé en Juin 2018. En 2021 trois ans après son lancement ce plan qui est complet n'a aucun échéancier des actions qui sont présentées. Seul un petit nombre d'actions a des dates de mises en place.

Or, la crise du COVID-19 risque d'avoir un impact très important sur le nombre de suicide notamment d'ici quelques mois. En effet, l'isolement lié au multiples confinement et à la nécessité de voir moins de personnes ainsi que de respecter les gestes barrières a pu avoir un impact négatif sur la santé mentale de beaucoup de français. Des études et données ont permis de montrer que lorsque certaines crises ou évènements entraînent un soutien entre les gens et de la fraternité, le nombre de suicide baissait (1). De telles choses ont été constatés notamment pendant le confinement en France mais, malheureusement cet élan n'a pas touché tout le monde et s'est en partie essoufflé post-confinement. Un risque important d'augmentation du nombre de suicides a été mis en exergue par différentes études (sur cette crises ou les crises plus généralement)(2).

Les psychiatres français redoutent une vague de personnes affaiblies suite au reconfirment. Le docteur Christophe Debien responsable national de VigilanS parle ici des jeunes, «Les étudiants cumulent tous les facteurs de vulnérabilité : ils sont loin de leur environnement social, peuvent connaître une précarité financière, un accès aux soins difficile. Le confinement précipite des vulnérabilités.[...] selon les remontées que l’on a des centres médico-sociaux, ils voient de plus en plus de gens nouveaux. Qui n’étaient jusque-là pas connus de la psychiatrie»

"À la question "Avez-vous déjà envisagé sérieusement de vous suicider ?", 20% des personnes interrogées répondent "oui". Parmi ces personnes qui ont pensé à mettre fin à leurs jours, 11% disent l'avoir envisagé pendant la période du premier confinement, et 17% depuis la fin de ce confinement. Soit respectivement 2,2% et 3,4% de la totalité des personnes interrogées." d'après franceinfo (3) Cette hausse est déjà là, 5,6% des sondés ce n'est pas rien.

De plus, le risque suicidaire est majoré de 20 à 30% en cas de chômage. "Entre 2000 et 2010 en France, le taux de chômage est significativement et positivement associé au taux de suicide"(INSERM) et des centaines de milliers de personnes risquent de perdre leur emploi à cause du Covid-19, le taux de chômage ayant déjà fortement augmenté après un bon de 1,9 point en 3 mois le faisant passer à 9,0 % d'après l'INSEE.

 

Il est temps de faire plus et de mettre en place un échéancier d'urgence reprenant les mesures les plus efficaces pour lutter contre une épidémie de suicides lié au COVID-19 et le reste des actions de la "Feuille de route - Santé mentale et psychiatrie"(4) pour des dates plus lointaines. Il faut que l’État agisse plus et dès maintenant.

"Les ministres de la Santé ont un rôle important à jouer dans le leadership et la fédération des parties prenantes d’autres secteurs de leur pays afin de travailler main dans la main."

"Le suicide est évitable. Pour que les actions nationales soient efficaces, les pays doivent se doter d'une stratégie multisectorielle globale de prévention du suicide." Source: OMS 2014(5)

 

Cette pétition est adressée au Président de la République, au Premier Ministre, au Ministre des Solidarités et de la Santé, aux Présidents des groupes parlementaires de l'Assemblée Nationale, au directeur général de la Santé et à la directrice générale de Santé publique France.

(1) https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/20435960/ et https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/22324579/

(2) https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/1626335/ , https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/32297718/ , https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/28273888/ , https://www.thelancet.com/action/showPdf?pii=S0140-6736%2820%2930460-8 , https://www.thelancet.com/journals/lanpsy/article/PIIS2215-0366(20)30171-1/fulltext , https://www.thelancet.com/journals/lanpsy/article/PIIS2215-0366(20)30141-3/fulltex

(3) https://www.francetvinfo.fr/sante/maladie/coronavirus/deconfinement/info-franceinfo-l-apres-confinement-une-periode-particulierement-favorable-au-risque-suicidaire-selon-une-etude-de-la-fondation-jean-jaures_4168005.html

(4) https://solidarites-sante.gouv.fr/actualites/presse/dossiers-de-presse/article/feuille-de-route-sante-mentale-et-psychiatrie-jeudi-28-juin-2018

(5) https://www.who.int/publications/i/item/preventing-suicide-a-global-imperative