Victoire confirmée

Pour la production de masques par les couturiers et couturières, stop à la Masqu'arade !

Cette pétition a abouti avec 57 772 signatures !


Malgré les belles paroles que nous avons pu entendre ces derniers jours, nos couturiers/couturières sont toujours limités dans la production de masques !

Il existe effectivement deux grands types de masques :
1/ Les masques barrières à usage non sanitaire pour les particuliers qui sont fabriqués à partir des recommandations de l’AFNOR et qu’il est donc possible de produire par les couturiers/couturières sans effectuer de tests particuliers. Ces masques sont donc vendus sous la responsabilité des couturiers/couturières.
2/ Les masques « grand public » pour les professionnels (toujours à usage non sanitaire) qui sont réparties en deux catégories et pour lesquelles les tests de conformité sont obligatoires :
- Masques individuels à usage des professionnels en contact avec le public (catégorie 1)
- Masques à visée collective pour protéger l’ensemble d’un groupe portant ces masques (catégorie 2).

Cependant, la frontière entre ces deux types de masques est très floue pour preuve l’appellation « grand public » est réservé à l'industrie textile alors que techniquement un masque grand public catégorie 2 et un masque barrière peuvent être similaires, mis à part le test d'homologation.

Cette homologation a été souhaitée dès le début de la crise sanitaire par les industriels textiles et par les grands distributeurs, le lobbying n’est plus à démontrer aujourd’hui dans notre gouvernement tellement ils sont omniprésents, à se demander si ce n’est pas eux qui dirigent notre Pays…

Couturières/couturiers professionnelles/professionnels ou volontaires, nous fabriquons depuis plusieurs semaines ces masques pour faire face à la demande très importante de la population étant donné le manque de masques disponibles. Aujourd'hui, nous sommes rabaissés dans la production et la vente de masques, après avoir profité de nos services et de notre rapidité de réponse pour produire ces masques en respectant scrupuleusement les recommandations de l’AFNOR.

Effectivement l'AFNOR a publié le 27 mars un guide d’exigences minimales, de méthodes d’essais, de confection et d’usage (AFNOR SPEC S76-001), que l'on suit scrupuleusement… On utilise le tissu indiqué, le grammage indiqué pour avoir une filtration suffisante pour contrer la diffusion du virus, les patrons et les doublages indiqués. Nous avons investi dans du matériel, pratiqué des prix raisonnables, offert des masques aux personnels soignants… Pour les professionnelles indépendantes, nous avons également fait une croix sur le fond de solidarité pour pallier à ce manque.

Ces tests restent complétement absurdes. En effet, nous fabriquons des masques pour la plupart en coton. Le coton peut absorber bien plus que 50 lavages. De plus, pour les masques barrière à plis, l’AFNOR recommande de la popeline coton qui a un tissage serré qui permet d’atteindre le grammage recommandé. Le respect de cette recommandation semble donc suffisant, ces tests ne servent qu’à avantager les industriels et la grande distribution.

Parlons des masques que proposent ces industriels. La plupart seront produits hors de notre Pays, dans des conditions de travail déplorables, avec une rémunération très faible pour les salariés. De plus, la matière utilisée sera majoritairement du polyester. Les fibres du polyester se rétrécissent, de plus en plus avec les lavages successifs, arrivant à des masques complétement imperméables que vous devrez jeter et donc acheter à nouveau. Pour information, un masque est considéré réutilisable par l'Institut Français du textile et de l'habillement à partir de cinq lavages, ce critère devrait être revu à la hausse... A noter également que le polyester larguera en se détériorant des microplastiques dans nos rivières et dans nos océans. Cette crise nous a-t-elle pas appris que la protection et le respect de l’environnement est aujourd’hui incontournable ?

Le gouvernement, les industriels et les réseaux de distributions préparent cette mainmise sur le marché des masques de longue date, on constate facilement des points obscurs vu les dates annoncées sur le site du gouvernement :
> « Au terme d’une démarche supervisée par l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM), avec le soutien de l’ANSES, deux nouvelles catégories de masques grand public ont ainsi été créées, par une note d’information des ministères de la santé, de l’économie et des finances, et du travail du 29 mars 2020. » https://www.entreprises.gouv.fr/covid-19/liste-des-tests-masques-de-protection
> Dans « la Présentation à la presse de la production de masques grand public du 27 avril 2020 » nous constatons que : « A date, 390 prototypes ont passé les tests de la DGA avec succès » ainsi que « L’exceptionnelle mobilisation de l’industrie textile française a déjà permis la production de plus de 41 millions de masques grand public depuis le 30 mars. » https://www.entreprises.gouv.fr/files/files/home/Pre%CC%81sentation_production_de_masques_de_protection_-_27_avril.pdf
> Le 29 Avril seulement, les couturières découvrent « Les informations relatives aux masques grand public » et donc les obligations des entreprises qui souhaitent commercialiser des masques grand public https://www.entreprises.gouv.fr/covid-19/liste-des-tests-masques-de-protection
De ces faits, il est donc légitime de penser que le gouvernement et les industriels ont orchestré une concurrence déloyale à l’encontre des petites entreprises puisqu’ils étaient forcément informés du plan d’action des uns et des autres avant même d’avoir diffusé l’information aux français et notamment aux nombreuses couturiers/couturières, qui pendant ce temps servaient de « bouche trou » et suivaient d’ailleurs scrupuleusement les recommandations de l’AFNOR diffusées le 27 mars.

Aujourd’hui, nous couturières/couturiers professionnelles/professionnels ou volontaires, comprenons évidemment que des normes soient nécessaires pour garantir des masques grand public de qualité et utiles pour lutter contre l’épidémie. Nous souhaitons aujourd’hui produire des masques de qualité, respectueux de l'environnement, réellement réutilisables.

Nous attendons encore des réponses écrites et officielles à la suite des annoncent faites par certains membres du gouvernement récemment … A noter que le seul cadre "légal" que nous avons est une note d’informations interministérielle publiée le 29 mars.

C’est pourquoi, au vu des évolutions récentes, nous demandons :

>  que le cadre légal soit clarifié de manière officielle concernant la fabrication et la vente de l'ensemble de ces masques,

>  que les résultats des tests réalisés sur les masques « grand public »  soient obligatoirement publiés de manière détaillée et compréhensible. En effet, il est indiqué sur le site de l’Institut Français du textile et de l’habillement que « la Direction Générale des Entreprise autorise la réutilisation de matières/complexes déjà testés ». Nos couturiers/couturières pourront ainsi utiliser des matières et des modèles conformes et mettre en avant les résultats des tests pour leur commercialisation. (https://www.ifth.org/2020/04/29/covid-19-masques-et-surblouses-guides-et-documents-ifth/?fbclid=IwAR1jKjQNOfaIS7XTq5Rjy9w4IQSR0JnBdmoXIEdygJjmO3Y9YKfGyYdW2Vo

> d’imposer une traçabilité de composition exacte des tissus (matière, tissage, grammage)  par les vendeurs de tissus de façon à garantir une qualité des matériaux utilisés pour tous,

> d'imposer l'utilisation de matériaux non polluants et réellement réutilisables.

La gouvernement doit dès aujourd'hui garantir une équité et une transparence pour la production et la vente de masques !

Vous comprendrez donc que nous ne faisons malheureusement pas le poids face aux industriels et aux grandes distributions. Alors face à cette situation absurde, merci de signer et partager cette pétition pour que le gouvernement puisse nous écouter et reconnaître notre investissement dans cette crise sanitaire.



Paul compte sur vous aujourd'hui

Paul LE MEUT a besoin de votre aide pour sa pétition “STOP à la Masqu'arade !”. Rejoignez Paul et 57 771 signataires.