Statement of BIPOC Caucus at the University of Ottawa

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Déclaration du caucus des professeur.e.s et bibliothécaires Noir.e.s, Autochtones et Racisé.e.s de l'Université d'Ottawa


* English version follows


Le caucus des professeur.e.s et bibliothécaires Noir.e.s, Autochtones et Racisé.e.s de l'Université d'Ottawa condamne sans équivoque l'utilisation du mot « n » et la conversation autour de la liberté académique qui est utilisée pour justifier cette insulte raciste. Nous sommes également déçu.e.s par la position de notre syndicat - l'APUO (Association des professeur.e.s de l'Université d'Ottawa) pour avoir présenté les enjeux antiracistes comme une menace à la liberté académique. Nous sommes également consterné.e.s que notre syndicat ait exprimé sa position sur une question qui nous concerne directement, sans nous consulter. Ce manque de considération à notre égard est très inquiétant et nous fait douter de la capacité de l’APUO à nous protéger et à nous représenter, en tant que professeur.e.s et bibliothécaires Noir.e.s, Autochtones et Racisé.e.s.

Pendant ce temps, nous exprimons notre solidarité inconditionnelle avec nos collègues et étudiant.e.s Noirs.e. alors qu'ils et elles continuent de faire face au racisme anti-Noir.e.s à l'Université d'Ottawa et dans la société canadienne. Les étudiant.e.s Noir.e.s méritent de fréquenter l'université sans avoir à entendre des termes désobligeants à propos de leurs communautés ou  sans que l’utilisation de termes qui les déshumanisent ne soit proposée pour un débat en salle de classe. Se référer à des œuvres qui utilisent une insulte raciste n'en fait pas moins une insulte.

1- L'utilisation du mot « n » par un.e professeur.e blanc.he montre une ignorance à propos du racisme anti-Noir.e.s et de l'histoire raciste du mot. En termes simples, l'interdiction d'utiliser des insultes racistes, même dans les discussions sur le racisme, n'est pas une violation de la liberté académique.

2- Les professeur.e.s qui ne sont pas Noir.e.s ne devraient pas utiliser le mot « n ». Ce mot demeure une insulte raciale utilisée contre les personnes Noir.e.s. La salle de classe n'est pas un espace «neutre», elle fait partie de notre société où le racisme anti-Noir.e.s persiste tragiquement. Et donc, il n'existe pas d’espace neutre où l'on peut utiliser le mot « n » sans réitérer sa charge raciste. De plus, une des manières pour les communautés Noires de tenter de se réapproprier le mot « n » a été d'interdire à d'autres communautés de l'utiliser. Un consensus existe autour du fait que les personnes à qui une insulte se réfère (en l’occurrence , les communautés noires) devraient être les seules à prononcer l'insulte si nécessaire dans des contextes universitaires.

3- Il est d’une grande violence pour les personnes Noir.e.s d’avoir à expliquer encore et encore que ce terme les déshumanise. Le Tribunal des droits de la personne de l'Ontario a été sans équivoque sur cette question:

«Le mot N porte avec lui le bagage de siècles d'esclavage, de racisme, d'abus et de manque de respect. Le terme est plus que simplement blessant pour les Afro-Canadiens; il rabaisse, humilie et affirme un sentiment menaçant de supériorité raciale. Il s'agit sans aucun doute d'un langage discriminatoire » (voir Knights v. Debt Collect Inc., 2017 HRTO 211 au par. 21)

Alors «Arrêtez de dire le mot « n ». Cela devrait aller de soi ». Si ce n'est pas assez évident, lisez le travail brillant, complexe et varié des universitaires et militant.e.s Noir.e.s.

4- À l'ère de Black Lives Matter, lorsque les professeur.e.s assument la tâche d'enseigner les questions de discrimination, cela s'accompagne de la responsabilité d'être sensibles aux problèmes qui affectent les personnes Noir.e.s et introspectifs quant à leur propre identité et au grand pouvoir qu'ils et elles détiennent sur les étudiant.e.s. Les professeur.e.s doivent en particulier être attentif.ve.s  afin de ne pas reproduire de préjudice par leurs méthodes d'enseignement. Il est important que les discussions sur les questions sociales aient lieu sans répéter une terminologie raciste qui traumatise les étudiant.e.s qui subissent le racisme. Il est également aberrant de suggérer que des discussions sur la façon dont les communautés minoritaires racialisées ont résisté au racisme ne peuvent être menées sans répéter des insultes raciales.

5- Les personnes qui sont Noires, Autochtones et Racisées sont les mieux placées mais n'ont pas la responsabilité d'éduquer les autres sur l’anti-oppression, en particulier lorsque de nombreuses ressources éducatives ont été produites par leurs communautés pour que d'autres puissent les utiliser. Il n'y a plus à débattre sur l'usage du mot « n », car ces débats réitèrent la violence envers les personnes Noires.

6- Contrairement à ce que certain.e.s de nos collègues ont soutenu, l'usage du mot « n » dans les œuvres de Vallières et Lalonde (deux personnes blanches) ne constitue pas une permission d'utiliser cette insulte. Dans tous les cas, il n'y a pas de similitude entre la situation du Québec et l'histoire des Noir.e.s. Faire un tel raccourci démontre une grande ignorance du racisme anti-Noir.e.s et de la suprématie blanche actuelle au Québec et dans le reste du Canada. La défense par les professeur.e.s et les syndicats de l'utilisation du mot « n » au nom de la liberté académique est une tactique qui vise à dissuader et décourager les étudiant.e.s de dénoncer lorsqu’ils et elles font l’expérience du racisme systémique sur le campus. Nous sommes extrêmement préoccupé.e.s par le manque de réflexivité et l'ignorance épistémique de certain.e.s de nos collègues. Cela révèle la profondeur du racisme anti-Noir.e.s dans ce pays.

7- L'histoire et l'actualité des frictions entre deux nations coloniales, le Québec et le Canada, n'autorisent aucune des deux à s'approprier la lutte des peuples Noirs ou Autochtones. Nous répétons: ARRÊTEZ d'utiliser le mot « n »! Le racisme anti-Noir.e.s et l'oppression des francophones blanc.he.s ne sont pas analogues.

8. Nous appelons l'administration universitaire à mettre en place des lignes directrices concrètes sur le racisme. Cela devrait inclure, mais sans s'y limiter, une déclaration obligatoire sur le racisme dans les programmes de cours. C'est l'absence de directives antiracistes qui permet au racisme de prospérer à l'université. Les dommages sur la santé mentale causés par le racisme sous toutes ses formes, y compris les microagressions, sont bien documentés par plus de 20 ans de recherche. L'université devrait travailler pour protéger notre santé mentale et celles des étudiant.e.s, et non pour infliger davantage ce genre de blessure.

9. L’essentiel de la couverture médiatique de cette affaire, ainsi que les déclarations de l'APUO, de l'APTUO et des professeur.e.s signataires, ont accordé peu d'attention à la manière dont ces actions et l'utilisation de l'insulte affectent les étudiant.e.s et en particulier toutes les personnes Noir.e.s, Autochtones et Racisé.e.s. De plus, lorsque des professeur.e.s blanc.he.s, l'APTUO et l'APUO se soutiennent pour avoir le droit d’utiliser un terme raciste sous le couvert de la liberté académique, ceci est un exemple de ce que Robin Diangelo (2018) appelle la solidarité blanche - l'échec des personnes blanches à se tenir mutuellement responsables lorsqu'elles disent ou font quelque chose de problématique, à contester le racisme quand ils et elles le voient ou à soutenir les personnes de couleur dans la lutte pour la justice raciale.

10. Nous recommandons vivement à nos collègues qui se considèrent comme des allié.e.s des luttes antiracistes: lorsque les personnes Noires, Autochtones et Racisées vous interpellent sur des questions de racisme, vous devez les écouter et ne pas invalider leurs expériences. Pour paraphraser la féministe noire Hazel Carby, nous demandons: Les personnes blanches, écoutez!

 

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Statement of the caucus of the Black, Indigenous and People of Colour (BIPOC) Professors and Librarians at the University of Ottawa


The Black, Indigenous and People of Colour (BIPOC) Professors and Librarians caucus at the University of Ottawa unequivocally condemns the use of the N word  and the conversation on academic freedom that is being used to justify the use of this racist slur.  We are also disappointed at our union - the APUO (Association of University of Ottawa Professors) for framing anti-racist issues as a threat to academic freedom. We are also appalled that our union has expressed its position on an issue that concerns us directly, without consulting us. This lack of consideration towards us is really disturbing and makes us doubt the capacity of our union to protect and represent us, as BIPOC professors and librarians.

In the meantime, we express our unconditional solidarity with our Black colleagues and students as they continue to face anti-black racism at the University of Ottawa and elsewhere in Canada. Black students deserve to go to university without having to hear derogatory terms about their communities or having the use of terms that dehumanize them being put up for a class debate.   

1- The use of the N-word by a white professor shows willful ignorance about anti-Black racism, and about the racist history of the word. Simply put, being prohibited from using racial slurs even in discussions about racism is not a violation of academic freedom. Referring to works that use a racist slur does not make the slur any less a slur.

2-Non-Black professors shouldn’t use the N-word. The N word is still a racial slur used against Black people. The classroom is not a "neutral" space, it is part of our society where anti-Black racism tragically persists. And so, there is no such neutral space where one can use the N word without reiterating its racist charge.  As well, for Black communities a part of trying to reclaim the N word has been prohibiting other communities from using it. Consensus exists around the fact that people to whom a slur refers (in this case, Black communities) should be the only ones to utter the slur if needed in academic contexts. 

3- It is a great violence for Black people to still have to explain again and again that this term dehumanizes them. The Ontario Human Rights Tribunal has been unequivocal on this matter: 

“The N-word carries with it the baggage of centuries of slavery, racism, abuse and disrespect. The term is more than simply hurtful towards African-Canadians; it demeans, humiliates and asserts a threatening sense of racial superiority. It is without a doubt discriminatory language” (see Knights v. Debt Collect Inc., 2017 HRTO 211 at para. 21)

So “Stop saying the n-word. This should be self-explanatory”. If it is not self-explanatory, read and engage the brilliant, complex and varied work of Black scholars and activists. 

4-  In the era of Black Lives Matter, when professors take up the task to teach issues about discrimination it comes with responsibility of being sensitive of issues that affect Black people and self-reflective of their own identity and of the great power they hold over the students.  Professors especially need to be mindful so as not to reproduce harm through their teaching methods. It is important that discussions about social issues take place without repeating racist terminology that traumatize students who experience racism. It is also ludicrous to suggest that discussions about how racialized minority communities have resisted racism can’t be had without actually repeating racial slurs.   

5- People who are Black, Indigenous and People of Colour (BIPOC) are best placed but are not responsible to educate others on anti-oppression, particularly when ample educational resources have been produced by BIPOC communities for others to use. There is no need for a further debate on the use of the N word, as these debates reiterate violence against Black people.

 6- Contrary to what some of our colleagues have argued, the inclusion of the N-word in works by Vallières and Lalonde (two white people) does not constitute permission to use the N word. In any case, there is no such similarity with the Quebec situation and Black history. To make such a shortcut demonstrates a great ignorance of anti-Black racism and the ongoing white supremacy in both Quebec and  the rest of Canada. Faculty and unions supporting the use of the N word, in the name of academic freedom is a silencing tactic that aggressively deters and discourages students from coming forward when they experience systemic racism on campus. We are extremely concerned about the lack of reflexivity and epistemic ignorance of some of our colleagues. This reveals the depth of anti-Black racism in this country.

7-  The history and current events of the friction between two colonial nations, Quebec and Canada, do not authorize either of the two to appropriate the struggle of Black or Indigenous people. We repeat: STOP using the N word!  Anti-Black racism and the oppression of White Francophones are not analogous. 

8. We call upon the university administration to set up concrete guidelines on racism. This should include but not be limited to a mandatory statement on racism in course syllabi. It is the absense of anti-racist guidelines that allows racism to flourish at the university. Mental health harms caused by racism in all its forms including microaggressions are well documented by over 20 years of research. The university should work to safeguard our mental health, not further inflict this sort of injury.

9. Most of the media coverage of this case, as well as the statements from the APUO, APTUO  and the professor signatories, have paid little attention to how these actions and the use of the slur affect students and especially all BIPOC people. Moreover, white faculty, APTUO and the APUO coming together to support each other for their right to use a racist slur in the name of academic freedom, is an example of what Robin Diangelo (2018) calls white solidarity – the failure of white people to hold each other accountable when they say or do something problematic, to challenge racism when they see it or to support people of colour in the struggle for racial justice. 

10. We strongly encourage our colleagues who consider themselves allies of the anti-racist struggles: when BIPOCs challenge you on issues of racism, you must listen to them, and not invalidate their experiences. To paraphrase Black feminist Hazel Carby, we ask: White people, Listen! 


Black, Indigenous and People of Colour (BIPOC) Professors and Librarians caucus at the University of Ottawa 

Signatures : 


Nadia Abu-Zahra, Associate Professor, Chaire conjointe en études des femmes, Université d’Ottawa

Natasha Bakht, Professor, Shirley Greenberg Chair for Women and the Legal Profession, Faculty of Law, University of Ottawa 

Leila Benhadjoudja, Assistant Professor, School of Sociological and Anthropological Studies, University of Ottawa 

Jude Mary Cénat, Assistant professor, School of Psychology, University of Ottawa 

Sonia Ben Soltane, Assistant Professor, School of Social Work, University of Ottawa

Gulzar R. Charania, Assistant Professor, Institute of Feminist & Gender Studies, University of Ottawa

Y.Y. Chen, Assistant Professor, Faculty of Law, University of Ottawa

Veldon Coburn, Assistant Professor, Institute of Indigenous Research and Studies

Keri Cheechoo, Assistant Professor, Director of Indigenous Teacher Education Program, Faculty of Education, University of Ottawa

Boulou Ebanda De B'Beri, Professor, Department of Communications, University of Ottawa 

Josephine Etowa, Professor, Faculty of Health Sciences, University of Ottawa

Thushara Hewage, Assistant Professor, School of Sociological and Anthropological Studies

Awad Ibrahim, Full Professor, Faculty of Education, University of Ottawa.

Vivek Krishnamurthy, Assistant Professor, Faculty of Law, University of Ottawa

Yoo Young Lee, Interim Head, Information Technology, University of Ottawa Library

Jamie Liew, Associate Professor, Faculty of Law, University of Ottawa

Tricia McGuire-Adams, Canada Research Chair in Indigenous Ganandawisiwin Sovereignties, Assistant Professor, Faculty of Education, University of Ottawa.

Baljit Nagra, Assistant Professor, Department of Criminology, University of Ottawa 

Nicholas Ng-A-Fook, Professor, Faculty of Education, University of Ottawa

Cecilia Tellis, Head, Design & Outreach, University of Ottawa Library

Chidi Oguamanam, Professor, Faculty of Law, University of Ottawa

Mythili Rajiva, Associate Professor, Institute of Feminist and Gender Studies, APUO Equity Officer

Pierrot Ross-Tremblay, Assistant Professor,  Canada Research Chair in Indigenous Intellectual Traditions and Self-Determination, Institute of Indigenous Research and Studies

Ryme Seferdjeli, Associate Professor, Department of History, University of Ottawa

Peruvemba S. Jaya, Ph.D, Associate Professor, Department of Communication, University of Ottawa 

Nasser Ary Tanimoune, Associate Professor International Development and Global Studies, University of Ottawa 

Monnica T. Williams, Associate Professor, School of Psychology, University of Ottawa

Chibuike Udenigwe, Associate Professor, School of Nutrition Sciences, University of Ottawa