Adressée à SNCF et 5 autres

Soutien aux douze jeunes de Marseille !

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Le jeudi 28 avril 2016, des dizaines de milliers de personnes battaient le pavé partout en France, pour la quatrième journée de mobilisation nationale contre la Loi El-Khomri. Il y eut ce jour-là, à Marseille, 57 interpellations dont la presse nationale s’est faite l’écho. Parmi eux, nous sommes douze jeunes manifestants pacifiques, pour la plupart étudiants, à avoir été interpellés sur le parking de la SNCF. Après avoir été entendus sur place, nous avons été embarqués en fourgon cellulaire au commissariat central, et placé en garde-à-vue. Assignés à comparaître le 3 février dernier, nous subissons à nouveau la violence d’un jugement inique et ahurissant : 12000 € de dommages et intérêts, pour atteinte à l'image de la SNCF, à payer solidairement, 300 € chacun pour les frais d’avocat de la SNCF, 5000 € d’amende chacun, assortie d’un sursis simple et inscription au B2 du casier judiciaire. L’affaire est en appel.

 
Les faits (racontés par Pierre, l'un des douze inculpés). C'était le début de l'après-midi et le cortège de manifestant descendait une rue. La foule soudain s'est mise à courir. J'en comprenais l'origine en voyant les nuages de gaz lacrymogènes s'élever dans le ciel derrière moi, et me mettais à courir à mon tour. Dévalant la rue, tout le monde s'est mis soudain à tourner à gauche, comme pour se mettre à l'abri. Une situation confuse qui s'est bientôt éclaircie lorsque je me suis aperçu être entré dans l'enceinte de la gare Saint-Charles. Quelques centaines de manifestants et des CRS en nombre sur un terrain vague qui m'était inconnu, une situation imprévisible que je cherchais à fuir sans plus attendre. Un cheminot a ouvert un portail qui donnait sur le parking des employés de la SNCF, me permettant ainsi, comme à une dizaine d'autres jeunes, de quitter les lieux. Alors que je pensais en avoir fini avec les événements de la journée, j'ai aperçu à cinquante mètres devant moi un groupe de policiers qui s'approchait. Mais que pouvais-je craindre ? Avais-je seulement quelque-chose à me reprocher ? Après tout, le droit de manifester étant inscrit dans notre Constitution et me trouvant sur ces lieux contre ma volonté, je n'avais rien à redouter. Déambuler dans les rues contre un projet de loi qui touche à notre avenir, est un droit élémentaire. De bonne grâce, j'allais me prêter à un contrôle d’identité, tout comme les onze autres jeunes qui se trouvaient là. Il en est allé tout autrement : garde à vue de plusieurs heures, interrogatoires en règle et annonce de poursuites judiciaires. Que reproche-t-on au juste à ces douze interpellés du parking ? Entrave à la circulation des trains.

 
Une longue procédure pour un jugement incompréhensible. Un même dossier et un seul chef d'inculpation pour douze jeunes qui ne se connaissaient pas, mais qui ont bien dû apprendre à se connaître au fil d'une procédure assommante et émaillée d'irrégularités. Le matin du procès, le vendredi 3 février 2017, nous étions plutôt confiants, rassurés par la jurisprudence des semaines précédentes où des cas très similaires au nôtre s'étaient conclus par des relaxes, des stages de citoyenneté, au pire de petites amendes. À chaque étape, nous nous sommes montrés de bonne foi, croyant peut-être naïvement qu'il n'y avait dans cette affaire qu'un mal-entendu. Car nous nions avoir entravé quoi que ce soit, en dépit des allégations de la SNCF qui s'est portée partie civile. Nous n'avons été que de passage, cherchant à quitter ce que l'on nous reproche d'avoir voulu entraver, à savoir les voies d'une gare déjà bloquée, d'abord par la grève des cheminots, ensuite par une foule de manifestants et presque autant de CRS. Mais voilà, ce vendredi 3 février, la sentence est tombée. Lourde et infondée.


Nous avons tous entendu parler de la dureté de la répression policière du printemps dernier, et dans son dernier rapport, Amnesty International pointe en particulier l '« usage à plusieurs reprises d'une force excessive contre des protestataires, notamment en les chargeant violemment et en utilisant des grenades lacrymogènes ». Aujourd'hui, presque un an après les événements, la répression se poursuit sous la forme d'un acharnement judiciaire irrationnel.


Pourquoi la SNCF, entreprise publique, s'entête-t-elle à vouloir poursuivre douze jeunes sans ressource, au prétexte fallacieux qu'ils auraient attenté à son image ? Pourquoi là-dessus, la Justice s'obstine à son tour et impose des peines disproportionnées ? Tout laisse penser que le pouvoir en place cherche ainsi à criminaliser les luttes qui visent à préserver les libertés fondamentales et les intérêts du peuple. Il faudrait donc dissuader la jeunesse d’exprimer ses aspirations, de l’intimider par des mesures répressives arbitraires, lui faire accepter de force l’asservissement par une loi rétrograde. L’usage du 49-3, contre l’opinion majoritaire, en est la traduction la plus évidente.

 
Le 28 avril 2016, nous avons manifesté, comme des centaines de milliers d’autres en France, pour faire entendre la conscience d’un peuple libre, nos rêves d’une société plus juste et fraternelle, contre l'affaissement général d'un monde qui semble avoir perdu la boussole. Un an plus tard, nombre d’entre nous risquent de voir s’effondrer leurs perspectives d’avenir avec ce jugement et l'inscription au casier judiciaire qui l'accompagne. Quelques vies brisées passeraient-elles simplement par pertes et profits d’un système décadent ? Nous avons décidé de faire appel car aux conséquences matérielles que la peine inflige à nos vies étudiantes et professionnelles, s'ajoute le poids symbolique d'une injustice insupportable.

 
Nous appelons solennellement les pouvoirs publics et la justice à faire preuve de mesure et de raison. Nous réclamons par ailleurs que la SNCF retire sa plainte. Quant au jugement en appel, il ne saurait se conclure que par la relaxe pure et simple.

 

Cette pétition sera remise à:
  • SNCF
  • Député européen
    Jean-Luc Mélenchon
  • Emmanuel Macron
  • Premier ministre
    Edouard Philippe
  • Ministre de l'intérieur
    Gérard Collomb
  • Garde des Sceaux, Ministre de la Justice
    Nicole Belloubet


Pierre MARTIN-DUSSAUD a lancé cette pétition avec seulement une signature au départ et il y a maintenant 8 158 signataires. Lancez votre pétition pour créer le changement que vous souhaitez voir.




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