SOLIDARITÉ AVEC LES FAMILLES ROMS INSTALLÉES À PÉRIGNY (94)

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SOLIDARITÉ AVEC LES FAMILLES ROMS INSTALLÉES À PÉRIGNY (94)

En octobre 2017, Périgny sur Yerres (Val de Marne) a vu un bidonville se construire sur un terrain abandonné depuis plus de 20 ans au bord de la départementale D253 (« Rue de Brie). Alors que l’hiver s’installait, nous sommes allé(e)s à la rencontre de ces nouveaux habitants et avons constaté des conditions de vie difficiles. Leurs habitations, précaires, sont mal isolées du froid, de la neige et de la pluie, sans eau ni électricité, avec parfois un seul poêle pour réchauffer une famille entière. Nous déplorons le fait que les services de la mairie aient refusé d’améliorer ces conditions de vie – cela aurait pu être fait en raccordant le terrain à l’eau et à l’électricité et en organisant le ramassage des ordures ménagères. Nous tenons d’ailleurs pour responsable la mairie de Périgny sur Yerres de l’insalubrité et des risques pour les personnes fragiles (il y a des femmes enceintes et des enfants en bas âge), puisque ses services ont coupé l’eau du cimetière pour empêcher les personnes de s’y approvisionner et ont répondu par la négative aux demandes de traitement des déchets. Nous déplorons également le non respect du droit à l’éducation lorsque dans un premier temps l’inscription des enfants à l’école, la domiciliation et l’accès aux services du CCAS leur ont été refusés.

Malgré ces conditions de vie difficiles, les familles Roms qui se sont installées à Périgny se sont organisées pour évacuer leurs déchets, s’approvisionner en électricité à l’aide de groupes électrogènes; nous les avons aidées en apportant de l’eau, des vêtements chauds, des bâches pour se protéger de la neige et de la pluie, des produits de première nécessité, des infirmières viennent dispenser des petits soins… Les enfants sont scolarisés à Périgny. Les hommes travaillent comme ferrailleurs. La fondation Abbé Pierre et l’association Romeurope apportent un soutien dans les démarches administratives. Des liens d’amitié se sont créés avec ces familles qui ne cherchent qu’un avenir meilleur.

Nous qui avons vu, nous qui nous rendons régulièrement au bidonville, nous qui sommes allé(e)s à la rencontre de cette petite communauté, nous sommes scandalisé(e)s par les pétitions qui circulent sur internet et par l’article du parisien en date du 17 juin qui relaie des propos diffamatoires et mensongers. Nous rappelons aux auteurs de la pétition « contre les pollutions de la nappe phréatique et pour l’expulsion du campement rom », à ses signataires, ainsi qu’aux services de la mairie qui l’ont publié en une de leur site, que la diffamation est punie par la loi et que le respect de la dignité humaine et le droit au logement sont des droits fondamentaux, ce dernier étant inscrit dans la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948 (article 25), dans le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels (1966), et dans La Charte sociale européenne révisée (1961, révisée 1996).

Nous, citoyens et citoyennes solidaires, sommes extrêmement préoccupé(e)s par  l’inaction de toutes les collectivités territoriales concernées qui pourraient œuvrer pour une résolution honorable de la situation. Car le bidonville fait l’objet d’un arrêté ordonnant l’évacuation et AUCUNE SOLUTION DE RELOGEMENT N’A ÉTÉ PROPOSÉE. Pour ne pas subir la violence d’une destruction de leurs habitations et de leurs biens, les familles se sont engagées à quitter le terrain à la fin de l’année scolaire, mais elles n’auront pas d’autre solution que de reconstruire un autre campement de survie un peu plus loin, avec l’espoir de ne pas en être chassées trop vite. Drôle de manière de résorber les bidonvilles que de déplacer le problème… Pourtant, la nouvelle instruction gouvernementale du 25 janvier 2018 donne consigne aux Préfets de Région et aux Préfets de Département « de dépasser l’approche centrée sur les évacuations et d’inscrire l’intervention publique dans une dimension plus large ».  Des solutions sont possibles, elles commencent par une amélioration des conditions de vie sur le terrain, et se poursuivent en réfléchissant ensemble à des projets d’insertion et à l’avenir que nous pouvons offrir à ces familles.

Nous lançons aujourd’hui un appel à la solidarité avec ces familles et demandons un maintien sur le site ou une proposition de relogement pérenne. Nous appelons également au respect de leur dignité.

 

Premiers signataires : Les habitants de Périgny sur Yerres

 

Michèle Aubet

Amélie Brazier

Nathalie Brazier

Véronique Cabirol

Véronique Cormier

Catherine Degois

Valérie Fazendeiro

Maureen Fazendeiro

Isabelle Marchais-Servat

Sylvie Perennes

Jérôme Saint Martin



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