Decision Maker Response

Emmanuel Macron’s response

Oct 11, 2019 — Mesdames, Messieurs,
Chers membres des associations et organisations non-gouvernementales,
Chers tous,

Nous partageons la même ambition. Celle de construire un monde sans sida, sans tuberculose, sans paludisme d’ici à 2030. Un objectif ambitieux qui ne prendra pas qu’une minute, mais qui est réalisable à condition que nous nous en donnions les moyens.

Vous le rappeliez, le Fonds mondial lutte depuis près de 20 ans pour éradiquer ces pandémies. Le chemin accompli est impressionnant : 32 millions de vies ont pu être sauvées dans 142 pays, 18.9 millions de personnes ont reçu un traitement rétroviral contre le VIH, 5.3 millions de personnes ont été traitées pour une tuberculose.

Trop impressionnant ? Ces avancées incroyables ont pu donner l’impression que le combat était gagné. Que nous étions déjà parvenus à aller vers leur éradication. Il reste pourtant du chemin à parcourir : 2.8 millions de personnes meurent encore chaque année de ces pandémies à travers le monde, 40% des personnes touchées par la tuberculose ne sont pas soignées, 1 000 adolescentes contractent encore le VIH chaque jour. En parallèle, la résistance aux médicaments se développe.

Partout dans le monde, parce qu’on est en situation de précarité, parce qu’on vit dans des régions reculées, parce qu’on ne peut pas obtenir de traitements, on meurt de maladies qui auraient dû disparaitre il y a bien longtemps. Pouvons-nous l’accepter ? Pas une minute.

C’est pourquoi j’ai décidé d’accueillir la 6ème Conférence du Fonds mondial en France pour remobiliser autour de cette cause essentielle. Depuis des mois, je mobilise les chefs d’État et de gouvernement du monde entier. Et nous avons réussi ! Les résultats sont là : tous les donateurs du G7 augmentent leur contribution, certains de plus de 15% ; des pays sont devenus donateurs pour la première fois, à l’image de l’Arménie, de l’Azerbaïdjan, des Émirats arabes Unis, du Koweït et de Monaco ; certains comme l’Espagne sont revenus au tour de table des donateurs ; d’autres ont fortement augmenté leur contribution comme le Qatar, l’Arabie Saoudite, l’Irlande ; de nombreux pays ont également accepté de donner davantage et les dirigeants africains se sont mobilisés en s’engageant à renforcer les budgets dédiés à leurs systèmes de santé.

La France a quant à elle pris toute sa part à l’effort collectif en contribuant à hauteur de 1.429 milliard de dollars (soit une augmentation de 20%). Notre pays maintient ainsi son rôle de pionnier dans la lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, conservant sa place historique de deuxième contributeur au Fonds tout en renforçant son aide bilatérale, via l’Agence française de développement et Expertise France, et en continuant à entretenir un dialogue régulier et étroit avec les pays recevant nos aides.

Au total, nous sommes parvenus à lever ce jeudi 10 octobre, plus de 14 milliards d’euros ! Aux 13.92 milliards d’euros annoncés lors de la reconstitution, s’ajouteront en effet au moins 100 millions d’euros supplémentaires que la France s’est engagée, avec Bill Gates, Bono et Peter Sands, à lever dans les semaines qui viennent. C’est la première fois que le Fonds parvient à lever autant d’argent.

Je l’ai dit, cette restitution n’était pas pour autant le point final de la mobilisation, loin de là. Les acteurs étatiques et privés pourront encore donner après cette échéance. Interpellez-les comme je continuerai à le faire ! Ne cessons pas le combat.

L’élimination de ces grandes pandémies est possible d’ici 2030. Nous avons la possibilité de sauver 16 millions de vies dans les années qui viennent. J’ai besoin que vous continuiez à convaincre les responsables politiques et les acteurs privés du monde entier à donner. Nous avançons vite, mais tous ensemble, nous pouvons accélérer le mouvement à un niveau sans précédent.

Je compte sur vous autant que vous pouvez compter sur moi pour mener à bien ce combat.

Emmanuel Macron