Soutien à Joann Sfar !

Soutien à Joann Sfar !

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Le samedi 23 mai 2020 sur France Inter, l’auteur Joann Sfar était interrogé sur la crise que traverse les artistes-auteurs. Avec le franc parler qui le caractérise, le dessinateur du Chat du Rabbin a décrit la situation dramatique de ses pairs et l’inefficacité des soutiens de l’État. Il a fait part de son sentiment que les auteurs étaient aujourd’hui mal représentés vis-à-vis des pouvoirs publics.

À la surprise générale, la Société des Gens de Lettres, association se revendiquant comme représentative de tous les auteurs en France, a livré un communiqué quelques jours ensuite. Cette institution attaque Joann Sfar en justice pour diffamation, prenant personnellement contre elle les propos désillusionnés de l’auteur sur la gestion de la crise pour leur profession. Cet organisme privé s’est vu doté de deux millions d’euros durant la crise sanitaire, à la fois par l’État et les organismes de gestion collective, pour redistribuer des aides aux auteurs selon des critères très restrictifs et inadaptés à nos métiers. Ce dispositif est jugé inadéquat par beaucoup d’auteurs. Nous demandons la mise en place par l’État de mesures de soutiens simples, directes, sans rupture d’égalité et sans intermédiaires privés.

Fondée par Balzac, la Société des Gens de Lettres est supposée avoir pour mission la défense des auteurs et leur liberté d’expression. Comment est-ce possible que cette institution attaque aujourd’hui l’un de ceux qu’elle prétend représenter et défendre ? La Société des Gens de Lettres attaque-t-elle en justice les maisons d’édition aux pratiques illégales ? Non. La Société des Gens de Lettres attaque-t-elle en justice notre organisme de sécurité sociale, qui a illégalement « oublié » le prélèvement de cotisations de 190 000 artistes-auteurs en France depuis 40 ans ? Non. Mais aujourd’hui, cette institution décide de faire pression sur l’un d’entre nous, pour le faire taire. Nous ne nous tairons pas.

Nous, auteurs, avons le droit de ne pas nous sentir représentés par la SGDL. Nous auteurs, avons le droit à la liberté syndicale. Nous, auteurs, avons le droit de nous interroger sur l’efficacité la gestion de fonds publics nous étant destinés. Nous auteurs, avons le droit à la démocratie sociale, comme dans les autres professions.

Par cette pétition, nous demandons :

- Que la Société des Gens de Lettres retire immédiatement toute démarche juridique à l’encontre de l’auteur Joann Sfar.

- Que l’État organise rapidement des élections professionnelles pour les artistes-auteurs au sens large (écrivains, scénaristes, plasticiens, dessinateurs, vidéastes, sculpteurs, etc ) afin que nous puissions élire des représentants professionnels de SYNDICATS qui nous représentent réellement auprès des pouvoirs publics.