Sauvons la fête. Agissons

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Sauvons la fête. Agissons !

Ce message est issu d'acteurs/actrices de la scène musicale,  indépendant(e)s, apolitiques, hors de tout partis ou de syndicats. C'est un appel qui émane des petits, du terrain...

Que ce soit du coté du public ou des professionnels, nous sommes des dizaines de milliers, chaque semaine, à nous diriger vers les salles de concerts, les clubs, les bars/discothèques, les festivals. Ou plutôt, nous étions.

Nous appelons aujourd'hui a la reprise du travail pour les corps de métier de la scène "live" et au rétablissement du droit a l'expression de nos cultures dans des conditions sanitaires satisfaisantes.

Nous demandons l’ouverture d’une discussion avec les pouvoirs publics pour avoir une visibilité sur, la réouverture des établissements dans des conditions satisfaisantes d’accueil du public, ou sur des possibilités complémentaires legales et alternatives.

Nous voulons être entendus et respectés comme n'importe quel autre secteur de l’économie française.

Il n'est pas sérieux d'avoir les informations sur la fête de la musique quelques jours avant son déroulement. Trop de discours politiques rabaissent les activités de la scène à un travail de saltimbanque. Le ministre qui nous représente est aux abonnés absent, la culture est oubliée  des discours officiels. Seul le Secrétaire d’Etat au Tourisme est monté au front en structurant un « Comité de Filière Nuit » pour porter nos messages, mais il se heurte à l’hostilité des autorités sanitaires. C'est un pan entier de l’économie qui est ainsi délaissé, méprisé et avec lui des milliers d’hommes et de femmes, passionnés par leur métier.

Intermittent(e)s, saisonnier(e)s, entrepreneurs/euses ou salarié(e)s, DJs, barmans, barmaids, guichetier(e)s, technicien(e)s, prestataires techniques, physionomistes, agents de sécurité, agents d’entretien, agents d’artistes, tourneurs… Des milliers d’emplois, directs et indirects, sont en danger à très court terme. Certains établissements ont déjà annoncé leur fermeture, d’autres souffrent et beaucoup ne s’en relèveront pas. Des territoires entiers vont pâtir de cette crise a venir. Les festivals qui rythment l’été et abreuvent les économies locales de beaucoup de territoires, ont développé leur image touristique grâce à ces rassemblements culturels. La scène musicale française, elle,  est pourtant reconnue internationalement.

C’est toute la population qui ne peut plus danser, ne peut plus aller aux concerts, sont privés de culture, ne peut plus faire vivre la fête. Cet exutoire salutaire pour des milliers de personnes, cet espace de liberté, d’affirmation de soi, de partage et d’énergie est toujours suspendu sine die sans aucune visibilité.

La reprise de certaines activités, de certains évènements, se fait avec des annonces trop tardives , déconnectées de l’essence même de nos metiers : l’échange avec le plus grand nombre, et une construction commune. Les concerts à la télé ou les streams sur internet ne peuvent être qu’un ersatz temporaire et aucune réalité économique ou réponse sociétale  ne saurait être bâtie sur ces bases.

D’abord méprisé par nos élus, le secteur évènementiel festif et culturel est maintenant stigmatisé, agité comme un épouvantail par le Ministre de la Santé devant les députés et déjà désigné comme responsable d’une possible future seconde vague de l’épidémie . Il est insoutenable d’être pointé du doigt comme futur foyers de contamination alors que les transports en commun sont bondés, que les centres commerciaux ont été pris d’assaut, que des manifestations de plusieurs milliers de personnes sont « tolérées » et que les parcs d’attraction ont le droit d'exercer leur activité.

Les françaises et les francais trépignent, après des semaines de confinement, d’une envie  légitime de se retrouver. La tentation de braver les interdits est exacerbée. Déjà de nombreuses fêtes alternatives se tiennent et s’organisent chaque semaine, faute d’autre solution dans des conditions sanitaires et de sécurité désastreuses comme le montre l'exemple du Royaume Uni le week end dernier. Elles font prendre des risques considérables aux organisateurs et au public.

Faut-il les blâmer et les réprimander ou donner aux professionnels le cadre et les moyens de s’organiser dans les meilleures conditions ? De poursuivre les dialogues engagés  pour chercher des solutions?

Travaillons ensemble pour permettre l’expression de notre culture, 
Travaillons ensemble pour ramener la fête dans un cadre propice au respect mutuel, terreau essentiel pour continuer à vivre ensemble et ainsi éviter les rassemblements « à risque ».

Par le passé, notre secteur a montré qu’il était capable de faire preuve de compétence et de professionnalisme en matière de sécurité et d’accueil du public, en s’adaptant aux différentes réglementations, aux principes de précaution ou encore aux mesures Vigipirate.

Ensemble appellons a réouvrir la nuit, pour ne pas plonger dans l’obscurité.