Urgence d'une réforme quant à la gestion déplorable de la bibliothèque du collège Mwanga

Urgence d'une réforme quant à la gestion déplorable de la bibliothèque du collège Mwanga

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Anciens élèves du collège Mwanga a lancé cette pétition adressée à La direction du collège Mwanga

Collectif d’anciens élèves de l’Institut Mwanga

Objet : Lettre d’indignation
À Monsieur l’Abbé Recteur et Préfet des études de l’Institut Mwanga à Goma

C’est avec regret que nous, désormais anciens élèves de cet établissement scolaire, tenons à dénoncer la façon dont la bibliothèque rend services à l’école, mais également tous les faits et agissements périphériques qui constituent plus ou moins la cause de récurrents problèmes que connaissent les élèves, premiers clients et bénéficiaires de ce service, auxquels problèmes nous serons entrain de proposer des pistes de solutions.

L’Institut Mwanga est une institution de renom au niveau régional et il s’avère que la bibliothèque, un service si important pour l’éducation de la jeunesse car étant le premier appui de l’enseignement, est largement défaillant pour une école de ce calibre. Longtemps ignorés, nous nous rendons compte de toute la gravité de ces problèmes seulement au moment de retirer nos dossiers scolaires. En voici quelques uns avec force détails. Nous avons pris soin de commencer par ceux qui ont trait à la forme, les problèmes de fond suivront.

Il est plus qu’évident que notre bibliothèque connaît un sérieux problème d’entretien. Son achalandage laisse carrément à désirer car, comment imaginer une bibliothèque où les livrés sont étalés à même le sol, à la portée de tous les agents qui causent leur détérioration? Et après on pourra imputer aux élèves tout cas d’endommagement de livre. Est-ce une insuffisance des étagères ou tout simplement une gestion laxiste et déplorable de ce service ? Comme telle est la norme dans une véritable bibliothèque, les livres devraient être rangés suivant des critères bien spécifiques, en l’occurrence le département (langues, sciences, arts, etc.), la rubrique (français, anglais, mathématiques, sciences humaines, etc.), la branche (littératures, grammaire, géométrie, histoire, journaux…) et consort, de manière à faciliter la recherche d’un manuel. Des exemples de bibliothèques soignées ne sont pas à chercher très loin. Celle de nos plus proches voisins de la Maison Des Jeunes de Goma en est un.

Par ailleurs, il existe une énorme confusion des services rendus à la bibliothèque car, comment admettre dans le même cadre aménagé pour le stock des livres :

L’entrepôt et le point de vente des uniformes scolaires
Le point de vente des cahiers de communication et journaux de classe
Le point de perception de nombreux frais (ceux du bus scolaire par exemple)
Et ce n’est pas le pire car on peut également y trouver :

Un congélateur pour congeler du jus et le vendre sur place !
Un point de fabrication et de vente de pop-corn !
Un entrepôt de caisses de bières et de vivres lors de festivités !
La question qui se pose alors est de savoir pourquoi garder le nom de bibliothèque car ce qui porte ce nom au collège est mieux adapté à être une buanderie, un magasin, une maison d’alimentation, ou un entrepôt !

Abordons maintenant les problèmes de fond : Une autre potentielle et éventuelle source de problèmes et de tiraillement entre élèves et bibliothèque est l’absence ou le mauvais état des pièces justificatives de retrait et de dépôt de livres. En effet, si elles continuent d’exister, les listes où sont répertoriés les noms de chaque élève associés à tout livre qu’il aurait pris de la bibliothèque au fil des années sont mal entretenues. Les archives qui sont si importantes pour une institution telle que la bibliothèque sont malheureusement très surchargées et en lambeaux pour la plupart. D’autre part, elles ne sont pas toujours correctement mises à jour, càd il est arrivé des fois où des livres ont été remis à la bibliothèque et qu’il a été soit omis soit ignoré de le signaler aux noms de leurs propriétaires qui de ce fait seront impliqués dans de graves problèmes ultérieurement.

Toutefois il existe au moins un moyen très pratique de pallier ce genre de problème. Il s’agit de munir chaque élève, bénéficiaire des services de la bibliothèque, d’une carte de bibliothèque qui lui soit individuelle. La carte de bibliothèque est un outil indispensable, et pour le cas présent, impératif pour le bon fonctionnement de la bibliothèque. Elle permettrait d’avoir des pièces justificatives crédibles et fiables de la part de toutes les deux parties et éviterait de susceptibles magouilles dans les archives, pour quelque raison que ce soit, de la part du gestionnaire de la bibliothèque qui jusqu’ici est le seul à détenir les documents auxquels on se réfère. La carte de bibliothèque, similaire à la fiche de payement se trouvant dans le cahier de communication, permettrait de résoudre un large panel des problèmes afférent à la bibliothèque. En plus, il ne coûte pratiquement rien d’en procurer une à chaque élève ou de l’insérer dans le cahier de communication.

Que dire des fameuses pénalités dont nous ne faisons connaissance qu’au moment de retirer le dossier scolaire, lorsque plus que jamais nous sommes sommés  de remettre tous les manuels que nous avons emprunté à l’école ? Certes, il n’est pas raisonnable qu’un élève garde indéfiniment un livre qui appartient à l’école et qui serait probablement entrain d’être utilisé par ceux des classes inférieures, mais cela ne donne aucunement à la bibliothèque le droit de taxer jusqu’à 5$ par livre et par an, d’autant plus qu’aucun communiqué, encore moins un article dans le règlement d’ordre intérieur qui est la seule disposition légale prise entre l’école, les élèves et leurs parents, ne suppose le versement d’un quelconque montant en marge de pénalité en cas de remise tardive de livre.

En plus les autorités ne font pas grand-chose pour que les livres soient remis à temps. On pourrait par exemple ne pas remettre le bulletin scolaire à quiconque à la fin d’année n’est pas en ordre avec la bibliothèque ou l’exclure en début d’année suivante jusqu’au règlement du litige, au lieu d’attendre des années pour se replonger dans des archives qui ne sont jamais totalement fiables. Par contre, on dirait même que ces autorités font tout pour que les livres soient remis le plus tard possible, feignant de les recouvrer en début d’année solaire et en lâchant l’affaire de sitôt et surtout en nous cachant l’existence de ces frais tout au long de notre parcours scolaire. C’est donc légitimement que nous devons prendre ces frais pour une véritable arnaque. Nous pensons qu’il y a anguille sous roche, qu’une investigation plus poussée nous ferait découvrir qu’un gros empire s’est construit derrière ces prétendues pénalités. Pour appuyer cette suspicion, il suffit de constater qu’aucune facture, aucun reçu n’est délivré lorsqu’on s’acquitte de ces frais, comme c’est le cas d’ailleurs de plusieurs autres frais dont nous ne manquerons pas de parler. Mais d’abord qu’en est-il du cas de perte de livre ?

Malgré tous les agissements que nous n’avons cessé de dénoncer, nous sommes conscients que les élèves sont eux aussi à la base de certains problèmes impliquant la bibliothèque, pour ce qui est notamment de la perte des livres. Ceux-ci doivent être remboursés et l’on ne peut discuter à ce sujet car, quoi qu’on puisse dire, les livres de l’école appartiennent exclusivement à l’école. Mais même lorsque la bibliothèque doit réclamer ce qui lui revient de droit, elle ne le fait pas toujours dans les règles de l’art. On ne connait pas le vrai prix d’un livre et il arrive à « marchander » sur celui-ci. Toujours pas de reçu de payement, et sur les listes le livre est coché comme s’il était remis de façon ordinaire, ce qui ne permet pas du tout de savoir combien de livres ont été perdus, s’ils ont réellement été perdus, combien ont été remboursés (on ne peut pas se fier à la somme d’argent perçue car le prix d’une unité est variable, et ce même pour le même livre). Ainsi de l’argent peut se volatiliser, tout dépend de la conscience et de l’honnêteté de la personne qui le perçoit. Cette pratique est favorisée par le fait que le Collège a pris l’habitude de régulièrement se ravitailler en manuels scolaires, a priori sans vérifier rigoureusement s’il y aurait de baisse flagrante de stock ou un besoin réel.

Et les frais de location de syllabus ! Tantôt leur justification est qu’ils servent au renouvellement et à l’entretien des syllabus, et ce en dépit des frais affectés à la bibliothèque, inclus dans les frais scolaires. Tantôt dits calqués sur le modèle de tout établissement qui met des manuels conçus par ses propres enseignants ou professeurs à la disposition de ses élèves ou étudiants, en guise de droit d’auteur, ce qui serait plus juste. Mais dans tous les deux cas, la justification de ces frais n’est pas vérifiée. En effet, d’un côté les syllabus que nous avons utilisés n’ont jamais été renouvelés et se trouvent actuellement dans un piteux état bien des années après leur mise au point (les syllabus de Biologie en 6è scientifique par exemple datent de l’année 2013-2014 pendant que les soi-disant frais de location de syllabus destinés à les renouveler sont perçus depuis des plusieurs années maintenant). D’un autre côté, dire que ces frais sont perçus en guise de droit d’auteur serait une véritable honte pour le Collège et une confirmation que certains frais sont effectivement détournés de leur but. Nous avons en effet recueilli le témoignage accablant d’un des concepteurs mêmes de ces syllabus – que nous préférons laisser momentanément dans l’anonymat – disant qu’il ne lui a jamais été versé, à lui ou à quelque autre concepteur de syllabus, une quelconque somme en guise de droit d’auteur. Ces allégations sont d’une telle gravité que l’Institut Mwanga serait menacé sur le plan juridique pour obstruction à la jouissance de la propriété intellectuelle (du vol pour faire simple).

De surcroît, les frais de location de syllabus ont tout d’une arnaque car on les fait payer même à ceux qui n’ont jamais reçu de ces syllabus. À titre exemplatif, en 6è Sc/B (2019-2020) 31 élèves se sont partagé 15 syllabus d’histoire (qui en passant ont été remis aux élèves pratiquement en milieu d’année scolaire, au mois de janvier 2020) càd seuls 15 élèves en détenaient. Et pourtant au moment de retirer le dossier scolaire, l’ont fait payer à tout élève de 6è scientifique sans exception 3$ pour la location du syllabus d’histoire, sans chercher à savoir s’il en a effectivement détenu un. Ainsi 16 élèves de la classe citée se trouveront dans « l’obligation d’offrir » leur argent à la bibliothèque. Ceci multiplié par le nombre de classes et le nombre d’élèves lésés et sachant que cela se fait tous les ans, imaginez l’extension de ce vol !

Dans le même ordre de pensée, parlons maintenant du fléau qu’est l’absence de la moindre facture ou reçu de paiement de n’importe quel frais à la bibliothèque. Dans aucune cellule où l’on perçoit de l’argent ceci n’est acceptable. Pour des raisons de justification, de traçabilité, de preuve et/ou de demande de paiement, il est d’une nécessité absolue de détenir des pièces justificatives fiables à la fois de la part du percepteur des frais et du débiteur, ce qui n’est pas le cas de notre bibliothèque. Les seules fiches du bibliothécaire, qui du reste sont complétées à sa propre guise ne suffisent pas. De l’argent peut être blanchi, encore une fois, tout dépend de sa conscience et de son honnêteté. Pour résoudre ce problème, il serait mieux de séparer les services : que toutes les factures (demandes de paiement) soient délivrées à la bibliothèque bien entendu mais que tous les frais soient perçus à l’économat (sinon à quoi sert-il), tout dans l’unique intérêt de l’établissement.

Nous aurions préféré demeurer dans un contexte objectif mais il serait une erreur d’omettre de parler de la personne même qui a dans ses attributions principalement la gestion de la bibliothèque, Madame Liliane MUDERWA pour ne pas la citer. À défaut de lui imputer la cause de tous les problèmes que nous avons connus tout au long de notre parcours scolaire et que nos cadets ne vont pas cesser de connaitre si aucune réforme n’est mise en marche, nous nous devons au moins de fustiger son attitude à l’égard des élèves ses premiers clients, et qui sait, à l’égard de certains membres du personnel de l’école, et pire encore, à l’égard des parents d’élèves. Son attitude n’a jamais permis une franche collaboration entre élèves et bibliothèque et freine de facto la culture de la lecture des élèves et par conséquent nuit à l’évolution de l’éducation de la jeunesse. Tout au long de notre parcours nous avions parfois « peur » de nous rendre à la bibliothèque retirer un livre même si le besoin et l’envie nous rongeaient. Nous craignions tout simplement d’être outrageusement insultés, et ce si au moins nous avions eu la chance que quelqu’un nous adresse la parole, tant soit timidement, car un autre de ses principaux défauts est le dédain à l’égard de ses interlocuteurs.

Elle est aussi la première personne qui incite à ne pas user des seules langues autorisées à l’école (français, anglais et latin) et que les autorités et les enseignants des langues ont tant de mal à cultiver dans l’esprit des élèves. En fait, si vous ne maîtrisez pas le swahili, c’est inutile d’aller sereinement régler quelque compte à la bibliothèque, car vous risquez de ne pas vous en sortir de l’éventuelle engueulade que vous encourez. Normalement la réception d’un cadre tel que la bibliothèque et de n’importe quel autre nécessite une personne joviale et accueillante et non une personne qui ne manifeste que de la fadeur et une atmosphère sinistre.

Un autre problème qui se doit d’être réglé est son irrégularité exaspérante qui serait due, à en croire les propos d’un membre du personnel de l’école, à la multitude des services qu’elle rend à l’école outre la gestion de la bibliothèque. De toute façon, à défaut de ne pas pouvoir être au service des élèves à chaque instant, il serait préférable d’avoir un horaire bien fixe à afficher même à la porte de la bibliothèque, pour ne plus avoir à exécuter des aller-retour incessants

Nous saisirons la présente occasion pour signaler un autre fait qui ne relève pas de la bibliothèque mais qui nous engage nous anciens élèves et que nous découvrons au moment de récupérer notre dossier scolaire. Il s’agit de la fameuse vache en signe de cadeau aux enseignants : « Nous avons appris que nous devrions obligatoirement préparer un cadeau aux enseignants, soit une vache, sans quoi nous n’aurions pas accès nos documents scolaires. » Pour le coup ceci est clairement un abus. La gratitude est une valeur morale qu’il est préférable d’avoir et non obligatoire. Et même si l’on est reconnaissant, il n’a jamais été, il n’est pas et il ne sera jamais obligatoire de le manifester matériellement. Toute initiative d’offrir un présent à nos chers enseignants pour leur encadrement devrait normalement émaner de nous élèves, et aux dernières nouvelles il n’y en a aucune. Que les enseignants imposent eux-mêmes un cadeau de la part des élèves, c’est ahurissant ! Et de là à l’insérer dans les frais de retrait du dossier scolaire, très belle stratégie pour soutirer de l’argent. Nous nous opposons fermement à cela. Le meilleur moyen de procéder serait d’approcher les élèves, de les persuader qu’ils ont une certaine obligation morale de réserver un cadeau spécial à leurs enseignants en reconnaissance de l’éducation qu’ils leur ont donnée et de leur laisser, seulement à eux, de prendre une décision. Un cadeau obtenu dans cette voie serait plus authentique, plus beau et plus significatif.

La seule raison avancée pour justifier « la vache des enseignants » est qu’elle est payée chaque année, tout comme les autres frais abusifs, illégitimes ou illégaux que nous avons cités. Ce n’est pas parce que quelque chose est fait répétitivement qu’il est bon de le faire. De même, le mal reste le mal même si c’est tout le monde qui le fait. C’est cette tradition malveillante que nombreux ont déjà prise pour norme que nous sommes entrain de combattre, cette tradition qui permet à certains de s’enrichir malhonnêtement sur le dos des autres, cette tradition qui enfonce les bonnes manières au fond du gouffre, qui détruit l’éducation de la jeunesse, avenir de ce monde, qui est déjà suffisamment mal en point.

Au moment où nous sommes sur le point de mettre un terme à cette lettre, nous aimerions vous poser une question : Êtes-vous sûr, M. l’Abbé Préfet, que tous les frais ou tout l’argent perçus à l’école, spécialement à la bibliothèque sont directement reversés sur le compte bancaire de l’école, aussi sûr que lorsque vous l’aviez confié à un des nôtres ? Quoi qu’il en soit il y a sérieusement nécessité de le vérifier. Le grand Collège Mwanga est infecté d’une maladie auto-immune qui se doit d’être soignée et guérie. En annexe vous trouverez un recueil de témoignages et impressions tirés d’ici et d’ailleurs, de personnes liées directement à l’Institut Mwanga et qui ont plus ou moins déjà eu affaire avec la bibliothèque. Nous garderons leurs auteurs anonymes et vous laisserons la latitude d’y croire. Retenez seulement que le danger est réel.

Notre attente est que cette lettre déclenche une série de réformes pour que tout soit dorénavant fait dans la clarté et la justice et surtout que nous soyons les premiers bénéficiaires de cette justice. Pour ce, nous sommes disposés à apporter notre appui, d’une manière ou d’une autre, à toute initiative visant à améliorer les conditions d’étude à l’Institut Mwanga, car il est aussi de notre devoir, en tant qu’anciens élèves de cette école, de participer à son essor et de favoriser l’éducation de nos cadets. Finalement, nous vous exprimons nos salutations distinguées et souhaitons une franche collaboration.

Fait à Goma, le 01/12/2020

Annexe: Recueil des témoignages 

 

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