Les professeurs de SES contre la réforme du lycée

Les professeurs de SES contre la réforme du lycée

0 a signé. Prochain objectif : 200 !
Quand elle atteindra 200 signatures, cette pétition aura plus de chance d'être inscrite comme pétition recommandée !
professeurs de SES contre la réforme a lancé cette pétition adressée à Samuel Dalphrase

Une pétition, une prise de parole qui si elle est partagée et relayée doit participer à changer les choses. Nous sommes de nombreux professeurs de SES à ne pas partager le sens de cette réforme et du nouveau programme proposé. En signant vous commencer à le dire. En signant vous empêchez les promoteurs de cette réforme de dire que tout se déroule dans un consensus paisible. Bref vous rétablissez un peu de vérité.

Réunis ce 30 avril 2019 à Sélestat pour une journée pédagogique, 38 professeurs de Sciences Economiques et Sociales venus de 22 établissements différents de l'académie  de Strasbourg ont décidé d’exprimer leur refus de la réforme du Lycée en travaillant collectivement dans un atelier librement organisé, à l’écart des ateliers proposés par l’institution.

Contrairement aux affirmations officielles, la réforme est loin de s’appliquer dans le consensus et la maîtrise. Les échanges entre professeurs lors de ce travail collectif ont, en effet, montré combien la réalité de nos établissements diffère du discours officiel rassurant.

Les nombreuses pertes d’heures sur les 2 années à venir (entre 6 et 20 heures en moins par établissement) illustrent l’impossible mise en œuvre d’une réforme qui impacte particulièrement les SES. Nous partageons ici les inquiétudes et les interrogations auxquelles aucune réponse conséquente n’a, à ce jour, été apportée.

Nous ne sommes pas opposés au fait de vouloir proposer aux élèves un enseignement plus adapté à leurs attentes et leurs inclinations, bien au contraire. C’est d’ailleurs ce à quoi ont contribué historiquement les SES à la fois en faisant entrer au lycée une 3ème culture (à côté des Sciences et des Humanités) mais aussi en proposant des pratiques innovantes, participant avec un succès non démenti à la démocratisation des études secondaires (et supérieures) en France.


Nous sommes cependant particulièrement perplexes quant aux modalités, aux contenus et à l'organisation de l'enseignement de SES dans le cadre de la mise en place de la réforme.


Sur les modalités d'abord. Si la réforme du lycée a précipité les choses, une possible réforme de l’enseignement des SES était annoncée depuis près de 3 ans, ce qui laissait le temps de faire un bilan de l’existant et une concertation sur le devenir de la discipline. S'il ne semble pas y avoir eu de véritable bilan de notre enseignement, on ne peut nier qu'une démarche de concertation ait été mise en œuvre après la diffusion des nouveaux programmes par le CSP (Conseil Supérieur des Programmes), mais elle s’est faite à minima et se révéla être relativement symbolique puisque les projets de programmes n’ont été modifiés qu’à la marge après la consultation ;et pour cause puisque les membres du CSP n’ont pas toujours reçu les résultats de la consultation organisée. Nous sommes à 5 mois de la rentrée 2019 et s'il est normal qu'une réforme de cette ampleur provoque de l'appréhension, on peut toutefois s'interroger sur la manière dont elle est menée : il apparaît en effet évident qu’un sentiment de défiance s'installe chez de nombreux professeurs du fait du manque de confiance et de dialogue qui caractérise la mise en œuvre cette réforme qui ne peut se faire sans voire contre eux/elles !


Sur les contenus ensuite. Pour rappel, les SES naissent au milieu des années 60 et il s’agissait de compléter les études dites « classiques » pour permettre aux élèves d’avoir des clés de compréhension des réalités économiques et sociales d’un monde en pleine mutation. Mais, au fur et à mesure du temps, la discipline semble s’être éloignée du projet initial pour se réduire à des enseignements aussi technicisés qu’encyclopédiques, laissant peu de place à la réflexion. Et si nous nous félicitons du retour marqué dans les programmes de la Science Politique, le reste du programme de Première nous pose question, l'orientation de celui-ci étant particulièrement univoque, surtout dans sa partie économique. D’ailleurs, à ce titre, il nous semble intéressant de rappeler que lors du vote au CSE (Conseil Supérieur de l’Education), si le programme de SES a reçu un vote négatif comme de nombreux autres programmes, il a réussi la performance de n’obtenir aucune voix en sa faveur. Il en va de même pour les modalités d'évaluation pour lesquelles aucun bilan ni consultation n’ont été effectués. Là encore, nous ne pouvons que nous interroger sur la défiance entre institution et enseignants pour en arriver à un tel résultat ;là encore, le manque de dialogue et de considération semble évident.

Sur l'organisation enfin. Plusieurs aspects de la nouvelle organisation du lycée et des épreuves finales posent questions. D’abord, sur le statut même des SES, passant d’une discipline structurante d'une série à une discipline de spécialité parmi d’autres, spécialité à laquelle on peut même renoncer en classe de Terminale. En découlent des interrogations sur les effectifs et donc plus loin sur nos postes :ainsi, les effectifs en Terminale ne pourront pas être équivalents à ceux de Première ; ces effectifs risquent eux-mêmes d’être contraints par la mise en concurrence avec d’autres spécialités et les premières projections ne nous incitent guère à l’optimisme. A ce titre, il nous semble que les « difficultés » qui sont apparues autour de l’enseignement d’HGGSP montrent les limites de cette manière de faire :il se retrouve dévolu quasi-exclusivement aux historiens-géographes, ne contenant pas de sociologie politique Pour finir, et en revenant sur la question de l'évaluation, il faut noter qu'elle se fera de plus en plus localement, créant des disparités entre établissements et entre élèves. De même, les premiers retours nous laissent à penser que les modalités retenues semblent difficilement réalisables par les élèves dans la durée impartie.

A cela, il faut évidemment ajouter des éléments qui concernent les SES mais aussi dans une large mesure les autres disciplines et qui tendent à dégrader drastiquement nos conditions de travail :classes plus chargées et plus nombreuses, doublements réduits, évaluation permanente impliquant une modification de la relation pédagogique vers une stricte logique de résultat.

 

 

 

Fondamentalement, nous vivons cette réforme comme un moyen d'atteindre 2 objectifs pour les SES :

- faire des économies de postes (les premiers retours nous laissent ainsi à penser que la réforme pourrait se traduire pour les enseignants de SES par une baisse de 10% des heures d’enseignement dispensé par les professeurs de SES)

- avancer d'un pas encore dans l'entreprise de dissolution/transformation des SES pour en faire un enseignement de Sciences Economiques standardisé au lycée, teinté de quelques touches de Sciences Sociales


Nous aimons notre métier et sommes très attachés à notre discipline et c’est pour cette raison que nous nous opposons à ce qu'ils deviendront après la mise en place du nouveau lycée.

 

 

 

Des professeurs de SES contre la réforme.

 

0 a signé. Prochain objectif : 200 !
Quand elle atteindra 200 signatures, cette pétition aura plus de chance d'être inscrite comme pétition recommandée !