Un toit pour toutes et tous : soutenez l'Hôtel de la Rue

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Bonjour à tous, 


Je m’appelle Edson, j'ai débarqué sur Strasbourg, en short, et claquette le 23 février 2019.  Je ne savais pas où dormir, j'ai composé le 115 en espérant avoir une place, mais je ne trouvais rien. Je revenais d'un voyage de cinq ans en Espagne et je n'avais plus envie de subir la vie de la rue et je voulais m'en sortir. Le lendemain même je prenais rendez-vous avec une assistance sociale. 

Je me déplaçais partout et je faisais les choses vite, mes rendez-vous s'enchaînaient, je déposais des CV, mais j'avais un grand problème : je n'avais plus de papiers en règles, il fallait que je refasse ma carte d'identité mais je voulais travailler, m'en sortir. J'ai donc trouvé trois boulots en même pas quinze jours. Donc j'ai commencé à travailler dans deux usines en même temps, J"ai fait le 2/8, j'enchainais ça durant deux mois sans m'arrêter.  Je ne pouvais être hébergé nul part vu mes heures de travail, j'étais obligé de dormir dans un parc, dans une tente... L'assistante sociale à ce moment, la seule chose qu'elle a trouvé à me dire c'est que “je me débrouille bien tout seul et que je m'en sortirai” . Une porte s'est fermée à moi. 


Le quotidien dans la rue : 

Je vivais avec ma nouvelle famille du parc, tous les jours je me lavais dans le froid, mais je vivais et je profitais de chaque moment pour percevoir le peu de bonheur que nous trouvions tous ensemble dans ce parc. Tout le monde se mélange, tout le monde se soutient, tout le monde se connaît. Cependant j'avais en tête que j'avais fait le tour du monde et que c'était la première fois que j'avais honte d'être ce que je suis, de vivre comme ça.

Un jour, Soroush, un jeune Afghan de 21 ans se suicide à 10 mètres de ma tente, une semaine encore avant il dormait près de moi.  C'est un grand choc pour nous tous, et je me souviens qu’à ce moment même mes objectifs se sont réveillés en moi et j'ai compris ce que nous devions faire : Nous réveiller, que nous souffrions en silence, que nous étions invisibles, que personne ne s'intéressait à nous, que nous n'étions rien. 


Pour moi nous devions nous faire voir et non pas nous cacher. Que c''était grave ce qui s'était passé, que je devais en parler. Je décidais de créer l’association “La Roue Tourne”, de tout faire pour que mes amis du parc ne manquent plus jamais de rien. Je rassemblais mes amis en leur expliquant et en leur demandant juste de me faire confiance. Je me souviens encore de leur avoir dit « L'hiver prochain on ne le passe pas dehors ! ».

Je demanda de l'aide à tout le monde sur les réseaux sociaux, la page facebook de la roue tourne accumula entre 200 et 300 soutiens en un mois seulement, mais j'étais tout seul derrière cette page, derrière la roue tourne, les gens me demandent combien nous sommes. 

Nous sommes nombreux, car même s'ils ne m'aident pas à le faire je sais qu'ils me font confiance et qu'ils sont là si j'ai besoin, donc je distribue les dons tout seul à pied, en vélo, quand l'un d'eux veut bien me laisser un vélo. Je décide de faire des lives sur la page facebook de la roue tourne et je décide de montrer ce que je fais.

Sans rien dire je décide de fixer un rendez vous à Marie Dominique Dresse, adjointe du maire de Strasbourg et de lui demander un bâtiment vacant ou un terrain pour accueillir les SDF des rues de Strasbourg... La réponse est terrible, c’est un « NON » sans appel. Prenant mon courage je décide de leur demander un second rdv mais c’est un long silence que j’obtiens. 


Il devient pour moi  urgent de faire entendre que nous sommes humains, que nous sommes des SDF et que nous savons de quoi nous parlons, que personne ne sait de quoi nous souffrons chaque jour, qu'ils peuvent l'imaginer mais personne ne pourra se mettre à notre place.

Alors, le 23 juillet 2019, à 10h30 du matin, sans aucune autorisation,  je décide d’ouvrir un bâtiment de la mairie, de 1850m² vide depuis 7 ans, chauffé et climatisé à vide situé au 91 route des romains à Strasbourg, 

Ce jour là une dizaine de personnes sont rassemblées devant le bâtiment, je leur demande juste une chose s'ils sont d'accord pour que j'ouvre le squat, je leur explique que je souhaite l'ouvrir pour aider les miens et pour leur offrir un toit. Tout le monde est d’accord : 

« L'hôtel de la rue existe, nous sommes là, vous ne pouvez plus nous ignorer, on l’a fait,, vous en rêviez »

Nous sommes ici est nous ne voulons pas sortir, de nombreux bénévoles et militants nous rejoignent et nous passons la première nuit. Nous savons qu'à ce moment-là, nous avons le bâtiment et qu'il faut le remplir le plus vite possible. Tous nos contacts sont sur le coup et très vite le bâtiment passe de 20 à 80, puis à 135 personnes. Aujourd'hui, un mois après l'ouverture, nous sommes 157 personnes dont 63 mineurs qui aujourd'hui grâce à de nombreux bénévoles, dons et parrainages ont repris le chemin de l'école avec le cartable rempli de fournitures scolaires. L'hôtel de la rue rassemble les cinq continents sous son toit, après la demande de ses habitants, des cours de FLE se sont mis très vite en place et une salle de classe va bientôt voir le jour.


« L'hôtel de la rue est né, on l'a fait, et on l’a juste fait pour vous démontrer que tout est possible, cet hôtel c'est juste un prototype, un laboratoire, pour que ça motive d'autres associations et collectifs à le reproduire, on veut juste aider les sans abris, peu importe leurs origines... »

Et nous allons nous battre pour que tout le monde le sache et en prenne conscience. Je suis cependant aujourd’hui en danger. Je risque de graves poursuites judiciaires. C’est pour cela que j’ai besoin de vos signatures, pour appuyer mon action et montrer que je ne suis pas tout seul. 

 Nous vous avons juste montrés comment tout est possible. LA ROUE TOURNE ET ELLE COMPTE TOURNER LE PLUS LONGTEMPS POSSIBLE MAIS CE N’EST PAS POSSIBLE SANS VOUS. Aidez-nous à continuer d'ouvrir des bâtiments vacants, appartenant à l’Etat, pouvant sauver des vies, aidez moi à ne pas être inculpé par l’Etat !