Rendons la raison à notre pays

Rendons la raison à notre pays

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Quand elle atteindra 100 signatures, cette pétition aura plus de chance d'être inscrite comme pétition recommandée !
Théo DCHG a lancé cette pétition adressée à Tout le monde

Ce texte semble long. Il l'est. Le problème est de savoir si, dans une situation aussi complexe que celle-ci, il n'est pas préférable d'être exhaustif, pour dégager tous les aspects et tous les enjeux. J'ai envie de partager ma pensée, de voir si d'autres personnes peuvent entendre un semblant de raison. Si vous le lisez jusqu'au bout merci. Si vous signez, merci mille fois.

Chers gilets jaunes, cher gouvernement,

 

Chers car non pas que vous me soyez précieux, vos actions et vos exactions sont d’un prix que peu de monde aurait pu concevoir à la date du 17 novembre. Disons-le tout net, la barbarie a envahi ce pays, soi-disant défenseur des droits de l’Homme, précurseur du progressisme, civilisé, républicain, démocratique, et tout autant d’adjectifs flattant l’égo de nos dirigeants, se targuant d’être la parole du peuple dans un système dépassé par les besoins et les attentes de monsieur tout le monde. Un monsieur tout le monde qui aujourd’hui exprime sa colère et son désarroi de la plus violente des façons. Entendons-nous, vous qui là-haut dans votre belle tour d’ivoire êtes bien enclins à vouloir nous prouver votre compréhension par des flots d’aberrations : les fruits de violence récoltés dans un déchaînement bien rare ce samedi sont ceux produits par les graines de mépris que vous plantez depuis maintenant bien longtemps. Aucune logique partisane ici, aucune orientation politique dans mes paroles, un simple constat : l’élitisme social, la technocratie et l’individualisme à outrance sont ce qui définit notre société aujourd’hui. Et vous, dirigeants, en êtes le reflet le plus flagrant et le plus outrant. Par le mépris du peuple et vos maladresses permanentes, VOUS avez créé cette situation. VOUS avez contribué à détruire les symboles de notre pays. VOUS êtes responsables. Droite, gauche, centre, extrêmes, peu importe l’étiquette, les gouvernements se suivent et les politiques se ressemblent. Le peuple est perdu, à cours de moyens et se sent comme une bête blessée et acculée. Sauf qu’une bête blessée et acculée mord, et celle-ci vous a mordus au plus profond de votre système et de vos symboles.

 

Et aujourd’hui j’ai honte. J’ai honte car mes concitoyens ont répondu d’une façon tellement prévisible qu’elle m’en faisait presque peur. J’ai honte car par ce mépris quotidien dont vous et vos semblables faites preuve depuis si longtemps, vous avez poussé la bête à charger et à détruire. Détruire des symboles qui pourtant sont l’image de la prise de pouvoir du peuple, ou de la raison sur la violence. Le Jardin des Tuileries a été vandalisé, sa grille détruite, pour symboliser la contestation populaire ? Je réponds 10 août 1792 et 24 février 1848. L’Arc de Triomphe et la tombe du soldat inconnu saccagés ? Je réponds que la scénographie présente à l’intérieur en appelait aux enseignements de l’Histoire quant à la valeur supérieure du dialogue et de la paix face à la violence et la lutte armée. Et pour cela, chers membres du gouvernement, chers gilets jaunes, le simple fait d’y réfléchir aurait pu être riche d’un double enseignement. Sauf que d’un côté comme de l’autre, l’absence de considération ici, l’absence de recul et de réflexion là, vous vous y refusez.

 

Ce mouvement me choque et me blesse. Il est le reflet même de l’hypocrisie et de l’individualisme de notre société. Il est le reflet du manque de recul évident et de l’agir par pulsions de nos sociétés capitalistes égoïstes dans lesquelles l’autre n’a que peu de place. Et VOUS en êtes responsables vous qui méprisez le peuple français. Car aujourd’hui, ces chers gilets jaunes en sont à plus de trois semaines de blocage, de gens qui partent travailler malgré tout mais qui sont otage d’un mouvement que vous avez créé. A vous mes chers gilets jaunes, je pose une question : croyez-vous réellement que le blocage de l’accès des grandes surfaces impactera réellement les revenus de leurs PDGs ou de leurs directeurs ? Ne pensez-vous pas que les premières personnes qui pâtiront de vos actions sont les caissiers.ères, les chefs de rayon, bref des employés qui gagnent certainement moins que vous tous les mois et sont obligés de compter le moindre centimes arrivé le 20 ? Lorsque vous me répondez, quand j’ose vous dire que la semaine il serait bon de laisser les gens exercer leur métier, qu’il faudrait que chacun fasse comme vous, je suis pantois devant tant de manque de réflexion. Moi qui travaille au sein d’une structure gérant des établissements et services pour personnes en situation de handicap, pensez-vous que ces personnes cessent de l’être pendant votre mouvement ? Pensez-vous que leur besoin d’accompagnement n’existe plus ? Pensez-vous que vos compatriotes cessent de devoir aller à l’hôpital pour se faire soigner ? Ne pensez-vous pas, enfin, qu’une fois ces journées terminées, ces gens qui eux se mettent au service d’autrui méritent, après des journées de plus dix heures parfois, de pouvoir rentrer, se reposer, auprès de leurs familles sans être bloqués plus de 45 minutes sur trois ronds-points ? La hausse des carburants a été le déclencheur de cette colère violente, ne me dites pas que vous faites cela pour nous. Quand on vous pose la question, vous dites que si, mais savez-vous d’où viennent 85% de cette augmentation ? Si vous voulez agir pour tous, allez manifester devant l’ambassade des Etats-Unis, dont l’embargo sur les pays producteurs de pétrole est à l’origine de 35c d’augmentation sur les 41c de ces dernières années.

 

En-dehors de ces violences barbares, de cette destruction d’éléments de patrimoine au symbole plus grand, je vous trouve hypocrites. Hypocrites car lorsque l’on vous pose la question, les revendications arrivent parce que vous avez l’impression que votre petit portefeuille personnel est touché… c’est le cas, oui. Mais depuis bien longtemps. Une maladresse de plus du gouvernement, et c’est la prise de conscience. Mais il n’y a pas que votre portefeuille qui est touché, et ce depuis des années. Je vous trouve hypocrites car lorsque les enseignants manifestent, font grève, vous êtes les premiers à vous en plaindre, les traiter de feignants, après tout ils ont tellement de vacances… peut-être que si les enfants d’aujourd’hui n’avaient pas autant tout pouvoir, que si le gouvernement ne délaissait pas les profs comme ils le font, ils n’auraient pas besoin d’autant de vacances. Peut-être parce que face à la violence, il y a le dialogue et le recul, et que ceux-ci viennent par l’éducation. Et tiens, chose inouïe, qui est responsable de cette éducation ? Eux. Je vous trouve hypocrites car lorsque la SNCF fait grève pour défendre les valeurs du service public, qui retrouve-t-on en première ligne des râleurs, qui se plaignent d’être bloqués, qui sont prompts encore une fois à se moquer ? Vous m’avez compris. Je vous trouve hypocrites car lorsque vous n’êtes pas concernés directement, votre altruisme est aussi visible que le respect du gouvernement pour le peuple. Et pourtant, cette année 2018 a été riche. Vous êtes-vous mobilisés lorsque le gouvernement a baissé les APL de 5€ ? Non. Vous êtes-vous mobilisés lorsque l’ISF a été supprimé ? Non. Vous êtes-vous mobilisés lorsque les députés d’Emmanuel Macron ont refusé de voter un texte de loi sur l’inclusion des élèves handicapés en octobre ? Non.

On se plaint de la perte des libertés, mais celle de ceux que vous bloquez, que vous terrorisez par la violence de vos actes, que vous insultez et conspuez lorsque l’on vous met face à vos contradictions, je la cherche toujours. J’ai beau chercher, creuser, je ne l’ai pas trouvée. Le gouvernement a voulu s’adresser au peuple directement lors de sa campagne, se targuant d’être le renouveau politique qui sort des logiques partisanes, le système Macron Jupiter a eu sa réponse par le peuple, là où il rentrait dans le genre de logique qu’il disait refuser. On marche en plein anneau de Moebius. Quoi que l’on fasse, que le peuple essaye de faire, l’Histoire se suit et se répète. Election de gouvernements totalitaires dans le monde, mépris de classe, égoïsme. Le simple fait de se renseigner sur l’Histoire du Monde et de notre pays aurait pu être riche d’enseignement aux « élites » quant aux attitudes à ne pas avoir. Le simple fait de se renseigner sur l’Histoire du Monde et de notre pays aurait pu montrer au peuple que la violence n’apporte pas de solution et entraîne la violence. Mais malheureusement, le simple fait de se renseigner sur l’Histoire du Monde et de notre pays aurait pu nous montrer que nous finirions par en arriver là.

 

Alors aujourd’hui j’ai la gueule de bois, comme l’impression de vivre un rêve éveillé qui se transforme petit à petit en cauchemar. Qu’arrive-t-il à notre beau pays ? J’ai envie de croire que les mots ont encore la portée qu’ils eurent jadis, mais j’en doute. La raison a quitté notre France, et les gens qui se trouvent entre le mépris du gouvernement et la violence d’un mouvement qui fait se déplacer 1 500 casseurs dans notre capitale n’ont qu’à assister, atterrés, au spectacle d’autodestruction que nos « élites » ont-elles-mêmes créé, des gouvernements méprisants aux opposants appelant à continuer et s’amusant, comme toujours, à faire de la récupération sur le dos des français. Loin de moi l’idée de vouloir créer quelque mouvement que ce soit, loin de moi l’idée d’apporter une dimension partisane ici, mais près de moi l’idée d’exprimer mon indignation face à un mouvement qui prend les français en otage, près de moi l’idée d’exprimer mon indignation face à un système politique qui ne fait que récolter ce qu’il a semé, et près de moi l’idée de dire que oui, le fond du mouvement des gilets jaunes et plus qu’entendable, mais que la forme est déplorable. Je suis un simple citoyen, un monsieur tout le monde qui gagne chaque mois le SMIC, qui fait plus de 2 500 kms en voiture par mois, qui est impacté directement depuis bien longtemps par toutes ces politiques. Mais en fait, j’ai l’impression de ne plus l’être quand je vois les images de ce qu’il se passe. Alors j’attends et j’espère car j’ai l’impression de ne rien pouvoir faire, même lorsque j’essaye d’échanger avec certains. Ce petit pamphlet j’en suis presque sûr n’aura pas grande portée, mais à l’heure où la sauvagerie a envahi la France, c’est le seul grain de sable que je me sens capable d’apporter à l’édifice.

 

Un simple citoyen.

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