Réinvestissons en petite enfance au Québec !

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À titre de parents d’un enfant fréquentant un centre de la petite enfance, d’administrateurs ou de gestionnaires de CPE ou encore d’éducatrices, nous vous écrivons pour vous demander expressément d’user de votre influence pour le bien des enfants, de leur famille et de l’ensemble de la société québécoise. En effet, il faut que le gouvernement réinvestisse dans les CPE et qu’il revienne à un tarif de garde universel.

Plusieurs études scientifiques partout dans le monde, telles que celles de Richard Tremblay de l’Université de Montréal (Nobel de criminologie 2016), de Janet Currie de l’Université de Princeton, et de James Heckman de l’Université de Chicago (Nobel d’économie 2000), démontrent clairement qu’il faut miser sur des services éducatifs de haute qualité en petite enfance. C’est profitable pour toute la société à court, moyen et long terme. Chaque 1$ investi dans des services de qualité aux 0-5 ans permet à la société d’économiser jusqu’à 7$, selon James Heckman, Nobel d’économie. 70 000 mères ont pu occuper un emploi (chiffres de 2008), une hausse de 1,8 % de l’emploi total au Québec selon les économistes Pierre Fortin et Luc Godbout.

Les CPE sont les services de garde éducatifs qui présentent les plus hauts taux de qualité, selon l’étude Grandir en qualité 2014 de l’Institut de statistique du Québec. Les enfants issus de milieux défavorisés ont 2,5 fois moins de risques d’être vulnérables dans leur développement s’ils ont fréquenté exclusivement un CPE, selon l’EMEP, une étude de la Direction de santé publique de Montréal.

Pourtant, dans les dernières années, le gouvernement a choisi plutôt d’imposer d’importantes compressions, au détriment de la qualité des services offerts aux tout-petits. D’ailleurs, avec la taxe famille, il a poussé de nombreux parents à migrer vers les garderies commerciales non subventionnées, où dans l’immense majorité des cas, la qualité n’est malheureusement pas au rendez-vous.

Or, avec plus de 2,4 milliards de dollars en surplus budgétaires, le gouvernement a la marge de manœuvre pour réinvestir en petite enfance. Pour répondre aux besoins criants de la population, il faut réinvestir dans les CPE en misant sur la qualité, qui fait toute la différence pour les enfants. 300 millions de dollars en compressions dans les CPE depuis 2006 ont fait très mal aux équipes de professionnelles et aux services directs aux enfants. Il est urgent d’y réinvestir les sommes requises pour assurer le développement du plein potentiel des enfants dès le plus jeune âge.

Pourquoi la petite enfance est si importante? 85% du cerveau d’une personne se développe dans ses 5 premières années de vie. Ces 5 premières années sont donc capitales: elles vont avoir des répercussions sur sa vie entière. Le retour sur investissement pour la société est immense en offrant aux enfants des services de petite enfance de haute qualité. Le dépistage des enjeux de développement et l’accompagnement des enfants et leurs familles (directement ou par référence au service public de santé) offre les conditions favorables à partir le système éducatif du bon pied. Tous les enfants devraient pouvoir bénéficier de ces services de qualité offerts en CPE.

De plus, pour assurer l’égalité des chances et la justice sociale, il faut revenir à un tarif universel. En effet, la modulation selon le revenu familial est inéquitable, car les parents, déjà pris à la gorge, se retrouvent à payer trois fois : par les impôts qui sont progressifs pour tous, par leur contribution quotidienne, et encore une fois par une facture surprise qui s’ajoute à leurs impôts à la fin de l’année.

Un CPE, c’est:

  • Un organisme privé à but non lucratif dont le CA est composé en majorité de parents;
  • Un milieu de vie incomparable pour les jeunes enfants et leur famille;
  • Le premier maillon de la chaîne d’éducation au Québec;
  • Un guichet unique de services spécialisés pour les familles

 En chiffres, le réseau des CPE et de la garde en milieu familial, c’est:

  • 180 000 enfants de 0 à 5 ans;
  • 8240 parents bénévoles sur les CA des CPE;
  • Près de 40 000 emplois, incluant 19 000 éducatrices professionnelles;
  • Près de 1000 CPE répartis en 1525 installations

Nous vous demandons de réinvestir dans les CPE en misant avant tout sur la qualité. Les services de petite enfance constituent le premier maillon du système éducatif et leur financement doit refléter cette mission cruciale. Il va de soi qu’il découle de notre demande que nous attendons aussi à un réinvestissement important dans tout le système d’éducation pour soutenir la persévérance et la réussite.

En vous remerciant de l'attention que vous porterez à notre demande, nous vous prions d'agréer, Mesdames/Messieurs, l'expression de nous sentiments les plus distingués.

 



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