Stop rallye Monte-Carlo

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Le Rallye Monte-Carlo : non-sens écologique et financier

Du 20 au 26 janvier prochain aura lieu la première étape du championnat du monde de rallye automobile (WRC), le rallye Monte-Carlo. 

Non-sens écologique et financier, cet événement va une nouvelle fois apporter son lot d’excès et de démesure : pollution de l’air, pollution sonore, promotion des comportements routiers irresponsables, incitation aux pratiques polluantes, dépenses d’argent public inconsidérées, dégradations,…Pourtant, l’urgence est là, les associations environnementalistes donnent l’alerte depuis des décennies, 15000 scientifiques l’ont publié récemment dans la revue BioScience: les pratiques et modes de vie basés sur la dépense d’énergie fossile sont insoutenables pour la planète comme pour les humains. Les alertes sont très claires : extinction de masse de la biodiversité, disparition des glaciers, pénuries d’eau, air pollué… Il faut agir vite, en urgence, et changer nos comportements. Les dernières conférences internationales vont en ce sens. Avec de tels constats, comment accepter l’organisation de manifestation aussi excessive et démesurée que le Rallye de Monte-Carlo ? Nos élus doivent être courageux, et ne plus soutenir et amplifier cet événement. Les principaux arguments que ceux-ci invoquent pour soutenir cette manifestation ne tiennent pas, il faut maintenant changer de paradigme. Vouloir remplir des hôtels pendant quelques jours en lieu et place d’inciter et d’engager un territoire vers une urgente transition énergétique tient de l’irresponsabilité. Certains diront que nous avons besoin de voiture pour aller travailler, certes, avons-nous pour cela besoin de voitures de course ? Le rallye de Monte-Carlo est un tremplin à l’innovation mécanique écologique ? Nouvelle tentative malhonnête d’écoblanchiment. Il n’y a rien de vert dans ce rallye, mise à part nos paysages magnifiques qu’il contribue à dégrader.

Quel modèle de société les organisateurs et les municipalités concernées défendent-ils en organisant ce rallye ?- Une société polluante,  émissive de CO² et de nuisances sonores insoutenables.

La consommation des voitures de rallye en épreuve spéciale peut aller de 30 à 60 litres aux 100 km. Pour illustration, en 2010, le bilan carbone du Rallye de France s'élevait à 3 300 tonnes équivalent CO2, soit l'équivalent de 2160 trajets aller-retour entre Paris et New York en classe économique… Les autos ne sont pas les seules à polluer : des survols du rallye en hélicoptères sont vendus aux riches amateurs (Packs VIP Hélicoptères Rallye Monte-Carlo” ou “Package hélicoptère”) démultipliant les pollutions engendrées au-dessus de paysages préservées, zones Natura 2000, abords du Parc National des Écrins. 

On vous promet “des moments privilégiés de pur plaisir dans les meilleures conditions avec un survol de la région en hélicoptère…”  

Parmi les nuisances sonores insoutenables : le vrombissement des moteurs s’entend à des kilomètres du parcours. Entraînant des perturbations pour les populations riveraines ainsi que pour les animaux sauvages, d'élevage et domestiques. Pour Patrice Davesne, directeur du département moteur chez Citroën Racing cela semble être “un plus”: “Plus de bruit en 2017 en provenance des moteurs, c’est la promesse faite par Patrice Davesne, directeur du département moteur chez Citroën Racing, et actuellement en train de mener le développement de la C3 WRC. Il estime que les amateurs de bruits plus rauques, plus sauvages, seront satisfaits.” (Wrc.com - 27 Septembre 2016).


Différentes pollutions et nuisances inacceptables sont engendrées par le public : divers déchets (canettes, papiers gras...) sont abondamment observés après les courses ; des feux sauvages sont allumés engendrant des détériorations en bordure de route, dans les prés de fauche ainsi que dans des propriétés privées, risquant de plus d’entraîner des départs de feu non contrôlés. Alpes Rallye Clean, une association d'écoblanchiment (greenwashing) “veut un rallye plus propre” pour faire oublier, avec quelques petites actions d’information auprès des accros de l’auto, un bilan environnemental désastreux.


- Une société où, avec la participation des élus, des comportements irresponsables sont encouragés.


Le rallye promeut des comportements en totale contradiction avec les campagnes de prévention diffusées par la sécurité routière (voir par exemple les campagnes « vous rouliez juste un peu vite, vous l’avez juste un peu tué » ou bien «les-chiffres-de-la-vitesse»). Pour rappel : en 2016, 3 469 personnes ont été tuées sur les routes françaises. 

L’incitation à la conduite à haut risque sur les routes est bien réelle. Lors des nombreux repérages et des entraînements pour les pilotes de rallye, les essais sont effectués aux côtés des usagers (piétons, cyclistes, automobilistes) parfois à grande vitesse, rendant la fréquentation des routes dangereuses et donnant un spectacle navrant d’inconscience. Et quand l’exemple vient d’en haut, il n'en est que plus contagieux : déclaration de Julien Ingrassia, copilote de Sébastien Ogier au journal Le Matin (juin 2014) :

"A la fin du repas, Sébastien me dit : allez on va faire un tour. Je pensais qu'on allait boire un verre avec ses amis à Gap. Il a sorti du garage une vieille R11 Turbo avec deux pneus cloutés et on est allé faire les cons à 11 heures du soir sur des routes enneigées. Une manière pour lui de voir si j'avais l'estomac bien accroché, et pour moi de voir qu'à gauche il y avait un client".


Ce type de manifestation constitue évidemment une « éducation à rebours » qui s’oppose aux efforts des enseignants, des éducateurs sportifs et des nombreuses associations qui travaillent pour une éducation à l’environnement, à la santé (lutte contre la sédentarité) et à la sécurité routière. 


Pendant les rallyes, la fermeture de certaines voies publiques entraîne également de nombreuses gênes et contraintes pour les populations riveraines, comme les difficultés d’accès aux établissements scolaires en l’absence du ramassage habituel ! Certains gymnases, espaces sportifs et d’activités de plein air ne sont plus accessibles aux scolaires ni aux clubs.

 

Une société organisant le gaspillage des finances publiques


L’organisation de ce rallye constitue une dépense excessive (notamment, pour la ville de Gap, qui ne manque pourtant pas de projets de rénovation bien plus urgents : piscine, écoles, notamment). Elle engendre notamment un coût du au réquisitionnement des différents services des villes ou de l’Etat sur les lieux d’accueil des événements (montage et démontage des infrastructures, remise en état des espaces verts, installation de lignes de téléphone et d’internet, sécurité…), son coût est d’autant plus important que de nombreuses heures supplémentaires sont nécessaires pour tenir les délais imposés par l’organisation. Pour le département des Hautes-Alpes, 408 gendarmes, 141 policiers et 398 sapeurs-pompiers sont mobilisés à l’occasion du Rallye Monte Carlo dans le contexte de l’état d’urgence et des plans Vigipirate… De plus, après le passage d’un rallye, une remise en état des routes empruntées est souvent nécessaire. Il est inacceptable que les collectivités consacrent des millions d’euros de fonds publics pour un divertissement polluant et dangereux. 

« Il n’y a traditionnellement pas grand-chose ici pendant le mois de janvier, on ne peut pas se permettre de perdre le rallye pour le secteur de l’hôtellerie », voilà le seul argument des pros-rallye dans les Hautes-Alpes : un déni de réalité et une fuite en avant. Dans quelques dizaines d'années, lorsque les skieurs d'aujourd'hui raconteront à leurs enfants ou petits-enfants leurs vacances à la neige, ceux-ci les regarderont probablement avec des yeux émerveillés... mais sans espoir. Si l'on ne parvient pas à maintenir l'augmentation globale des températures à 2°C, on ne pourra plus skier que dans un nombre très réduit de stations. Certaines formes d’économie peuvent nuire à l’environnement, non seulement parce qu’elles sont source de pollution mais aussi parce qu’elles puisent de manière excessive dans le patrimoine naturel et donc mettent en péril notre futur.

Le Rallye Monte-Carlo est très loin d’être une vitrine des valeurs d’éducation, de culture et de sport que nous aimons et que nous voulons transmettre à nos enfants. Les belles montagnes des Alpes du sud méritent mieux. Non au rallye, ni ici, ni ailleurs