Pour une véritable prise en compte du vote blanc aux élections

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Le vote blanc a un sens. Il exprime la non adhésion des citoyens aux choix politiques qui leur sont offerts. Il obligera ceux qui prétendent être élus pour les représenter à revoir leurs programmes.

Il faut exiger du Parlement qu'il modifie la loi n° 2014-172 du 21 février 2014, pour que les votes blancs soient considérés comme des suffrages exprimés, dans toutes les élections.

POUR UNE VERITABLE PRISE EN COMPTE

DU VOTE BLANC AUX ELECTIONS

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Beaucoup de citoyens pensent, en exprimant un vote blanc (en mettant dans l’urne une enveloppe vide ou un bulletin vierge), qu’il sera pris en compte pour départager les candidats en présence.

En fait, il n’en est rien !

Si, depuis le 1er avril 2014, date d’entrée en vigueur de la loi n° 2014-172 du 21 février 2014 visant à reconnaître le vote blanc aux élections, les votes blancs sont désormais décomptés séparément des votes nuls (enveloppes contenant des bulletins de différents candidats, bulletins ou enveloppes annotés, déchirés…) – ce qui n’était pas le cas jusqu’alors – ils ne sont toujours pas considérés comme des suffrages exprimés.

Le nombre de suffrages exprimés correspond toujours au nombre de votants dont la définition arithmétique est :

Nombre d’électeurs inscrits sur les listes électorales - nombre des abstentionnistes – nombre de votes blancs – nombre de votes nuls

En pratique, pour le législateur, cela signifie tout simplement qu’un vote blanc, qui n’exprime pas de choix sur un candidat, n’a pas de sens et n’a pas à être pris en compte !

Sacré paradoxe ! Le vote blanc n’est-t-il pas, au contraire, plein de sens ?

Refus total du (des) candidat(s) ; refus du (des) programme(s) ; ou encore expression d’une impossibilité de faire un choix entre des candidats ou des programmes qui n’emportent pas l’adhésion…

Pour bien prendre conscience de l’importance de la prise en compte des votes blancs comme suffrages exprimés, notamment pour la règle d’obtention de la majorité absolue, dans les votations à un seul tour, ou au premier tour de scrutin (dans les élections à deux tours), un exemple chiffré suffit.

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Prenons le cas simple suivant :

1 000 électeurs inscrits dans une circonscription dans laquelle il y a 3 candidats

Lors du vote, il y a 300 abstentions et 700 votants (dont 5 votes nuls et 100 votes blancs). Les votes se répartissent comme suit :

Candidat A : 300 suffrages

Candidat B : 170 suffrages

Candidat C : 125 suffrages

Hypothèse N° 1 (règle actuelle) :  Le nombre de votants est arithmétiquement le suivant :

1 000 – 300 – 100 – 5 = 595

La majorité absolue étant atteinte avec 298 suffrages, le candidat A est élu dès le 1er tour et les pourcentages obtenus par les candidats sont les suivants :

Candidat A : 50,42%              Candidat B : 28,57%              Candidat C : 21,01%

 

Hypothèse N° 2 votes blancs considérés comme des suffrages exprimés :  Le nombre de votants est arithmétiquement le suivant :

1 000 – 300 – 5 = 695

La majorité absolue étant atteinte avec 348 suffrages, aucun candidat n’obtient ce score.

Les pourcentages obtenus par les candidats sont les suivants :

Candidat A : 43,16%      Candidat B : 24,46%       Candidat C : 17,99%    Blancs : 14,39%

-       Si nous sommes dans une élection à un seul tour, il faut procéder à une nouvelle élection.

-       Autrement, il faut procéder à un deuxième tour de scrutin, avec un nombre de candidats fonction de la règle de maintien retenue.

Remarque : Si, pour avoir le droit de se présenter au 2ème tour, on retient la règle des dernières élections législatives de 2017, qui est d’avoir obtenu un nombre de voix au moins égal à 12,5% du nombre des électeurs inscrits (soit 125 voix, dans mon exemple), les trois candidats peuvent se maintenir pour le 2ème tour.

Dans un cas comme dans l’autre (élection à un ou deux tours), le choix démocratique est considérablement élargi avec les votes blancs (10% des électeurs inscrits dans l’exemple).

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Au deuxième tour des élections législatives de 2017, au niveau national, l’abstention a représenté 57,36% des électeurs inscrits. Les votes blancs, décomptés mais non pris en compte comme suffrages exprimés, ont représenté 6,99% des votants, ce qui est loin d’être négligeable.

Si l’interprétation du nombre des abstentionnistes est toujours délicate, l’interprétation du nombre de votes blancs est sans contestation possible. C’est le refus, la contestation du choix proposé.

Plus grand est le nombre de votes blancs, plus est manifeste l’inadéquation de l’offre politique avec les souhaits des citoyens.

Si les citoyens avaient conscience que le vote blanc est un véritable élément constitutif du débat démocratique, peut-être reprendraient-ils le chemin des urnes !

La véritable prise en compte du vote blanc aurait donc un double avantage :

-       Obliger les candidats (et les partis politiques) à revoir les contenus de leurs programmes en les confrontant davantage à l’expression citoyenne (locale, régionale ou nationale, selon le type d’élection).

-       Accroître la participation des citoyens en faisant reculer l’abstention.

En conséquence, exigeons du Parlement, une modification de la loi n° 2014-172 du 21 février 2014, pour que les votes blancs soient considérés comme des suffrages exprimés, dans toutes les élections (locales, régionales, nationales).

 

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