un revenu ET un travail : la communauté RH s'engage

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un revenu ET un travail

la communauté Ressources Humaines s'engage

 

Nous, directeurs-trices et professionnel-le-s des Ressources Humaines, voulons, pour tou-te-s, à la fois un travail utile et épanouissant, et un revenu universel décent. Supprimer le chômage et la précarité par la création et la distribution de richesse et l’intégration économique et sociale, valoriser le travail porteur de sens, et permettre à chaque talent d’être utilement exprimé, voilà notre programme, aussi ambitieux que réaliste.

 

La valeur créée par le travail et le développement de tous les talents

 

D’abord nos vœux, adressés à nos concitoyen-ne-s, en cette année 2017, et pour les suivantes : ceux du rayonnement des bonheurs privés, du progrès humain et de la paix sociale, et des enthousiasmes et des succès professionnels, individuels et collectifs.

Nous serons celles et ceux qui contribueront résolument et concrètement à ces objectifs, quelle que soit la majorité issue des urnes républicaines.

Par l’équilibre des temps de vie et la santé préservée ; par le dialogue, la performance durable, et la création et la répartition intelligentes de la valeur ; et par l’action entrepreneuriale et citoyenne, et la qualité de vie au travail.

 

Car voilà bien les cœurs de notre métier. Ce n’est jamais l’envie d’une casse sociale qui nous fait agir ; c’est la valeur créée par le travail et le développement de tous les talents. Or longtemps, emploi, travail et revenu ont été pensés comme nécessairement liés, en un triangle pourtant toujours loin d’être équilatéral : être employé, à travailler, pour gagner ; et parfois aussi (mais on veut moins voir ce triangle plus noir), perdre sa vie à la gagner, ou à ne pas la gagner faute d’emploi. Et tous les espoirs humains, et tous les conflits politiques et sociaux, naissaient, et naissent encore, de ce triangle qu’il devient pourtant difficile, partout, de dessiner.

Car ce paradigme s’effondre, avec l’automatisation, digitale ou robotique, qui, dans le même mouvement, va détruire des emplois, en créer d’autres, accaparer la valeur créée, et diminuer la pénibilité du travail.

 

Qu’est-ce qui, dans le travail, est épanouissant, pour tou-te-s ?

 

Chacun-e, qui a déjà réalisé une tâche répétitive, ou aboutissant à abîmer son corps ou sa psyché, comprend bien que le travail, au-delà de son étymologie, n’est, dans son acception actuelle, pas que plaisir quotidien. Il y a donc lieu de se réjouir d’une plus faible exposition tendancielle des individus à la pénibilité, au-delà même de ce que des lois récentes, importantes mais compliquées, prévoient désormais dans nos organisations pour la prévenir ou en réduire les effets.

 

Qu’est-ce qui alors, dans le travail, est épanouissant ? Ce n’est certainement pas d’avoir peur de perdre son emploi. Ce n’est certainement pas non plus, pour éviter ce risque lourd, de passer ses journées, et beaucoup de salariés et d’agents le vivent, à enchaîner des actions vides de sens, subordonnés à d’amorales, ou parfois immorales, personnes morales.

Un travail épanouissant, c’est, d’abord, répondre qualitativement, positivement, aux besoins ou aux envies d’un ou plusieurs autres. C’est aussi le plaisir d’activer et de mettre, au service d’un projet, des compétences, et de maîtriser une technique ou un outil. C’est enfin la fierté d’une réalisation, individuelle et collective. Et c’est cette vision-là du travail qu’il nous faut faire connaître et pratiquer à chacun-e, et pas seulement à une portion de plus en plus réduite du corps social.

Notre pays laisse en effet exister un immense gâchis de compétences : 6 574 100 de personnes demandeuses d’emploi (catégories A à E, fin 2016), pendant un an, et ce sont plus de 10 milliards d’heures de travail perdues pour la France. Alors même que tou-te-s celles et ceux qui ont été, devraient être, et seront nos collègues et nos associé-e-s, privés actuellement de faire leur travail et d’être les membres de nos équipes, ont un désir farouche de contribuer de nouveau, fièrement, à l’énergie de création et de production de notre pays ; et que pourtant notre pays les enferme dans la spirale délétère d’un silence acheté par une aumône mensuelle temporaire, pensant presque nous épargner le devoir (quand on y rajoute les promesses émues de l’emploi comme priorité souvent remâchée, jamais atteinte, depuis des décennies) de donner droit, à ces millions d’humains, à leur pouvoir d’agir.

 

Supprimer le chômage et la précarité, et redonner toute sa place au travail

 

Or éradiquer le chômage et la précarité est à portée de main : il nous suffit de considérer comme impensable et inacceptable, économiquement, socialement, politiquement, de voir consacrés des milliards de temps de vie perdus à la recherche d’un emploi, ou de voir tant de personnes souffrir de n’avoir pas d’emploi. Il nous suffit, réfléchissez-y, de ne plus dessiner un triangle, et de le remplacer par une autre géométrie :

-          L’emploi, condition bien souvent pour un revenu comme contrepartie d’un travail, sera rare. Plus besoin d’être employeur quand un algorithme ou un robot réalise pour vous une activité de travail, et crée de la valeur, sans qu’il ne soit besoin de la distribuer, bien entendu, à ces automates. Et n’en doutez pas, l’automatisation créera par définition moins d’emplois qu’elle n’en détruira : chacun-e comprend que le travail de création, de fabrication, de pilotage et de maintenance des algorithmes et des robots nécessitera moins de main d’œuvre que celle que l’algorithme ou le robot permettra de ne pas employer. Et tous les métiers, tous les niveaux de qualification, tous les statuts sont concernés, même si dans des proportions et à des rythmes différents, par cette vague inédite. L’industrie outillait et optimisait le processus de travail ; l’économie de l’information, de la connaissance et des services, et sa vitesse et son désir d’efficience encore jamais atteints, organisent puissamment et systématiquement le remplacement de l’humain, dès qu’il s’agit de faire plus de deux fois une même tâche. Et le salariat, cette forme d’emploi qui n’a que quelques dizaines d’années, n’a, lui, pas plus d’avenir que de passé ; mais le voir s’effriter, qu’on le choisisse ou qu’on le subisse, sans organiser la perception d’un revenu, mettrait en péril les destins individuels, et le destin national.

-          Le travail, lui, n’est pas rare. Qui n’a jamais quitté son bureau, son atelier, son agence, son guichet, son comptoir, son champ, son local associatif, sans se dire qu’il y aurait encore tant à faire, demain et le jour d’après, pour les clients, pour les usagers ? Il y a tant de solutions à inventer, d’entreprises et de projets à lancer et à faire vivre, de produits et de services à  fournir, pour répondre à des besoins toujours nouveaux, pour résoudre les défis humains et planétaires. Tant d’entre nous, déjà, et le phénomène grandira avec les générations, qui refusent l’aliénation pour choisir la liberté d’être créatifs et utiles. Le travail n’est pas rare, pas plus que ne l’est le talent ou le savoir, et c’est là l’avenir du travail. Permettre à chacun-e d’exercer des formes de travail, énergiques et intelligentes, créatives et ouvertes, sans l’obsession de le faire d’abord pour subsister, c’est là l’avenir du travail. Oser entreprendre, pour celles et ceux que le risque de la précarité ne tarauderait plus, c’est là l’avenir du travail.

-          La possibilité de vivre dignement n’est ni un luxe ni une récompense, c’est un droit fondamental, inscrit dans nos textes les plus hauts ; et comment accepter, comment justifier que 14% d’entre nous vivent encore sous le seuil de pauvreté ? Sans doute faut-il commencer (le temps de démontrer l’évidence, pourtant – pour qui côtoie chaque jour ceux qui travaillent ou voudraient travailler – que la liberté de travailler retrouvée par la perception sécurisée d’un revenu ne créera pas une société d’assistanat) par un revenu universel conditionnel, qui serait versé, à tou-te-s, en contrepartie d’un travail, et de contributions civiques. Le compte personnel d’activité préfigure, dans son esprit, ce modèle ; mais au lieu de ne permettre qu’à ceux qui ont un emploi d’accumuler des droits, donnons d’emblée à tou-te-s le droit de percevoir un revenu, et celui de travailler : tou-te-s seront alors en capacité et en devoir de contribuer au modèle.

Mais comment financer l’amorçage de ce qui n’apparaît plus ici comme seulement une utopie, ni même seulement comme un futur souhaitable, mais comme ce qu’il faut nécessairement penser et organiser maintenant, pour ne pas compter (ce serait insoutenable, à tous égards), en 2050, en France, 15 ou 20 millions de personnes en situation de fragilité ? Dans notre pays qui se classe au sixième rang de la richesse mondiale par le PIB, nous disposons des ressources pour verser à chacun-e un revenu universel décent. Nous, en charge des Ressources Humaines, sommes prêts à nous engager, au côté des directeurs-trices financiers et des actionnaires à chaque fois qu’il en existe, et de tous les acteurs économiques et politiques, pour inventer, avec toute l’ingéniosité dont sont capables ceux qui pensent que les vases peuvent être communicants, le système qui préservera, et même augmentera (par son effet redistributif colossal, par le véritable choc de simplification qu’il exigera, et par la valeur créée par 10 milliards d’heures de travail supplémentaires) les intérêts des parties prenantes.

 

un revenu ET un travail, donc : une nécessité belle et réaliste

 

Nous, en charge des Ressources Humaines, sommes, les premiers, dans les entreprises, facilitateurs de la coopération, des pratiques collaboratives, du dialogue : de l’intelligence collective, au quotidien. Et le défi de cette intelligence collective, dans le monde qui vient plus encore que dans celui d’aujourd’hui, c’est de contribuer à une économie humaniste et prospère, qui crée de la richesse pour en redistribuer, à tou-te-s, une partie, et pour produire ou préserver des biens communs, dans la double finalité du bien-être humain immédiat, et d’une planète capable de procurer au moins le même pendant les années et siècles qui suivront.

 

Ce qui rassemble et honore l’esprit d’entreprise, l’intérêt général et l’engagement politique, c’est la pertinente efficacité tout à la fois de l’action, immédiate, et de la vision, prospective et stratège. Par la sécurisation d’un revenu universel décent et le développement du travail utile et épanouissant, osons libérer l’innovation, l’envie d’entreprendre, et tous les projets marchands et non-marchands dont l’humanité a besoin. Donnons dès aujourd’hui à chacun-e le pouvoir de travailler à son avenir, et au nôtre.

 

 

 

 



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