Victoire confirmée

Régularisez ma situation après 4 ans de vie et d'études assidues en France

Cette pétition a abouti avec 362 signatures !


Monsieur le Préfet,

 

Cela fait quatre très belles années passées en France : la découverte d'une langue et d'une culture merveilleuses, des rencontres insolites,  les examens, les études et les voyages, mais aussi des tracasseries administratives de toutes sortes. Je suis russe. Le problème est là.

 
Je suis arrivée quand j'avais 15 ans. Une faute dans la procédure normale nous a empêchées, ma maman et moi, d'obtenir immédiatement nos titres de séjour et cartes de circulation. Cela ne m'a pas empêchée de me scolariser dans les Yvelines, au Lycée International de Saint-Germain en Laye, et à elle de construire sa famille.

En un an seulement j'ai appris le français. De ma scolarité au lycée, je n'ai pas redoublé. J'y ai passé trois ans, j'y ai mis toutes mes forces et j'ai obtenu mon Baccalauréat série Economique et Sociale, option Internationale section russe avec mention.

J'ai poursuivi mes études en classe préparatoire aux concours d'entrée des Ecoles Supérieures d'Art, en un an à "Les Arcades", à Issy-les-Moulineaux. J'ai tenté cinq écoles d'Art, et j'ai réussi à en avoir quatre : la Haute École des Arts du Rhin - ESADS (HEAR - Strasbourg); l'École Supérieure des Beaux Arts de Nantes-Métropole; l'École des Beaux Arts de Bordeaux EBABX; l'École Nationale Supérieure d'Art et de Design de Dijon.

Ayant choisi la Haute École des Arts du Rhin, je suis actuellement installée à Strasbourg, en colocation avec une amie de ma promotion. Il peut sembler au premier abord que les choses vont bien. Ce n'est pas le cas. Je n'ai aucun document qui me permet de séjourner sur le sol français et d'y faire mes études. Je n'ai pas de titre de séjour.


Ma mère a réussi à l'avoir car elle a construit une famille en France, un foyer. Elle est mère d'un enfant français et est actuellement salariée. C'est elle qui subvient à mes besoins financièrement (loyer, factures, frais médicaux, besoins quotidiens, titres de transport...). Pour elle, la situation s'est régularisée extrêmement vite. Cependant, moi, je n'ai aucune avancée depuis ma première demande auprès de la Préfecture des Yvelines, en 2013.  


En février 2014 j'ai postulé pour une admission exceptionnelle au séjour - j'ai patienté un an et trois mois pour que mon dossier soit pris en considération. Tout cela pour recevoir, le 6 mai 2015 un rejet de ma demande. La raison était la suivante: je suis revenue en Russie en 2013 pour refaire mon passeport russe, perdu lors d'une journée à Paris. Il est clair que j'ai suivi une mauvaise indication du consulat de Russie, et j'aurais pu effectuer ces démarches en France. Mais, ce qui est fait, est fait.

Ce rejet a été suivi par une demande de réexamination dûe à mon nouveau statut d'étudiante, avec toutes les nouvelles pièces justificatives nécessaires. Cette demande ne devait pas être entendue par le préfet et au bout de quatre mois sans réponse - quelques jours avant mon déménagement à Strasbourg - j'ai découvert que mon courrier avait été perdu.  


Une consultation avec les défenseurs des droits à Guyancourt (78), m'a permis de constater que, selon le CESDA, j'ai le droit d'avoir un titre de séjour temporaire mention "étudiant" (Art. L. 313-7, section commentaires): "Hors les cas où elle est délivrée "de plein droit", la carte de séjour temporaire mention "étudiant" est subordonnée à trois conditions principales (V. art. R. 313-7). En premier lieu, le futur étudiant doit, a minima, être entré régulièrement en France" - Je suis entrée en France avec un visa type C délivré par le Consulat Français à Moscou; "La production d'un visa d'établissement est en principe exigée, sous réserve de nécessité liées au déroulement des études, quand l'étranger a suivi une scolarité en France depuis l'âge de seize ans au moins (V. notes ss. L. 311-7)" - Je suis scolarisée sans interruption en France depuis l'âge de 15 ans ; "ou quand il a satisfait aux épreuves d'un concours d'entrée dans un établissement d'enseignement supérieur ayant passé une convention avec l'État" - J'ai satisfait aux épreuves de la Haute École des Arts du Rhin, qui est un établissement d'enseignement supérieur public sous tutelle du Ministère de la Culture et de Communication.

 


POURQUOI AI-JE BESOIN D'UN TITRE DE SÉJOUR ? Pour des raisons très simples:

- parce que j'ai le droit et la volonté de vivre en France;

- parce que j'ai mis quatre ans de ma vie à m'intégrer à une société, et désormais je ne peux pas m'imaginer étudier, créer, vivre ailleurs qu'en France;

- pour continuer sereinement mes études dans le champ des arts visuels, de la recherche et de la création - ce type de formation n'est pas proposé dans mon pays natal ;

- pour circuler légalement à l'intérieur et à l'extérieur de la France, pour pouvoir voyager avec ma promotion, effectuer des stages à l'étranger, partir en vacances avec mes amis. Actuellement et depuis plus de deux ans je n'ai jamais quitté la France.;

- pour avoir accès, comme tous mes camarades, à la Sécurité Sociale étudiante, pour pouvoir enfin me soigner et être (au moins partiellement) remboursée;

- pour enfin me sentir bien dans ma vie ici, le fait de ne pas avoir de document officiel français me cause beaucoup de stress et de malaise. Cela influence ma santé mentale et ma productivité au sein de mon école;

- pour enfin revoir ma famille restée en Russie, que je n'ai pas vue depuis plus de deux ans. Je peux rentrer, mais j'en connais les risques. Je ne peux pas abandonner après quatre ans d'efforts, quatre ans faits aussi de beaux souvenirs et d'amitiés, de rencontres - tous ceux qui me soutiennent aujourd'hui dans mes démarches administratives. Quatre ans c'est 20% de ma vie. C'est toute mon adolescence et le début de ma vie d'adulte.

 

Monsieur le Préfet du Bas-Rhin, nous, mon avocate Maître Rim Yahi et moi-même, vous avons adressé un courrier, le 18 novembre 2015, dans lequel toute ma situation est décrite précisément. Toutes les pièces justificatives sont jointes.

La Direction de l'Immigration n'y a manifestement pas prêté attention. C'est pour cette raison que je lance cette pétition qui, avec une certaine efficacité de diffusion, je l'espère, montrera combien de personnes me connaissant me soutiennent actuellement. Anciens lycéens de Saint-Germain, amis, famille, étudiants de la HEAR, Parisiens, Strasbourgeois, amis actuellement à l'étranger... Tous ceux que j'ai rencontré en France à un moment ou un autre, et qui seront prêts à me témoigner leur soutien.

 

J'espère être entendue pour la première fois en quatre ans, aidée par mon avocate et avec le soutien de mon entourage.

 

Je remercie tous ceux qui signeront cette pétition.

 

Je vous prie d'agréer, Monsieur le Préfet,  mes salutations distinguées.

 

Kseniia KHMELNITCKAIA,

étudiante en 1ère année à la HEAR - Strasbourg.

 

 

 



Kseniia compte sur vous aujourd'hui

Kseniia KHMELNITCKAIA a besoin de votre aide pour sa pétition “Préfet de la région Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine, Préfet du Bas-Rhin, Direction de l'Immigration de la Préfecture du Bas-Rhin: Régularisez ma situation après 4 ans de vie et d'études assidues en France”. Rejoignez Kseniia et 361 signataires.