Confinement : pour l'autorisation de se rendre sur son potager 1h par jour

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Depuis une semaine déjà, conscient du caractère «essentiel» des jardins potagers, le gouvernement ré-autorise la vente de plants et des semences dans les jardineries et pépinières.

Dans la Drôme et ailleurs en France, beaucoup de jardiniers possèdent ou louent une parcelle de jardin non attenante au domicile. Actuellement, les déplacements vers ces potagers sont interdits, même ceux situés à moins d’1 km du domicile. Le jardinage n’est pas considéré comme une activité sportive. Par conséquent, les jardins sont laissés à l’abandon depuis le début du confinement : impossible d’entretenir les semis et les plants déjà installés, impossible de semer les graines, ni de planter les jeunes plants achetés en pépinière ou préparés à la maison.

Le gouvernement sollicite des bras pour aider les maraîchers, les primeurs et les agriculteurs pour pouvoir assurer la vente de fruits et légumes qui nourrissent la population. Les récoltes des potagers privés sont tout aussi importantes pour nourrir les familles des jardiniers. D’autant que même en jardin partagé, un jardinier encourage moins de risque à cueillir une salade sur sa parcelle, qu’en se rendant en supermarché l’acheter.

Cette pétition a pour objet, à l’échelle de la Drôme et de la France entière, de clarifier la situation. Nous demandons l’autorisation de pouvoir se rendre une heure par jour sur une parcelle de potager afin de la cultiver, qu’elle soit située à plus ou moins 1km de son habitation, qu’elle soit individuelle ou en jardins partagés, et ce dans le strict respect des consignes d’hygiène et de distanciation sociale.

De manière à encadrer l’accès aux jardins familiaux et réduire les risques, des règles d’accès plus strictes qu’en période normale peuvent être établis comme la mise en place d’un roulement permettant d’éviter la présence de 2 jardiniers à parcelles mitoyennes et/ou cabanon commun. En accord avec les différentes mairies ou associations gestionnaires de jardins familiaux, ces règles peuvent être adaptées selon les particularités des jardins (superficie, agencement...).

Nous demandons à ce que les déplacements sur ces parcelles puissent être réalisés, soit au titre des déplacements autorisés pour effectuer l’achat des produits de première nécessité, soit au titre des déplacements liés à l’activité physique individuelle des personnes.

Les raisons invoquées sont les suivantes :

- Les jardins potagers participent à l’équilibre du budget familial déjà mis à mal avec le confinement. Ils assurent  une alimentation saine et équilibrée à de nombreuses personnes. Pendant la saison de culture, les récoltes des jardiniers représentent 50 à 100% des besoins des familles pour plusieurs produits frais (selon Jeanne Pourias, Docteure en agronomie et Sciences de l’environnement).

- Les jardins partagés concernent de nombreux jardiniers.

Par exemple, pour une région comme l’Île-de-France, on estime que les surfaces consacrées au jardinage familial collectif sont équivalentes à celle du maraîchage professionnel (source : https://www.jardinsdefrance.org/les-jardins-familiaux-du-21e-siecle/

Autre exemple, dans l’agglomération lyonnaise, la superficie des jardins collectifs représente  13 % de la superficie totale des jardins.

- De ce fait, si de nombreux jardiniers ne peuvent pas cultiver leur potager, c’est toute la filière horticole qui sera mise en difficulté. S’ils ne sont pas utilisés dans un délai très court, les plants et semences préparés devront être détruits.

- L’activité au potager, pratiquée au grand air, et la cueillette d’une salade et quelques légumes au potager sont moins dangereux que la fréquentation des rayons de supermarchés, ou une quelconque activité économique en milieu confiné.

- La culture d’un potager est également l’occasion de pratiquer une activité physique et à ce titre possède les mêmes  vertus qu’une activité sportive. Une heure de jardinage par jour libère des tensions du télétravail, du travail ou du confinement en cette période de pandémie (https://www.irbms.com/la-pratique-du-jardinage/

- Enfin, cette décision aggrave la discrimination sociale des personnes ne possédant pas de domicile avec jardin. Ces personnes cultivant des parcelles en location améliorent leur quotidien avec leur récolte, en abondance et en qualité nutritionnelle. Pour certains, à très faibles revenus et à petit budget, il en va jusqu’à la perspective de se tourner vers les associations caritatives de dons alimentaires pour assurer leur subsistance. Pour ces jardiniers, il s’agit d’un besoin vital.