Contre l'expulsion de Jonida et sa famille

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Nolhan BANSARD
Nolhan BANSARD a signé la pétition

Une famille d'origine albanaise mise à mal dans le Maine et Loire

Encore une situation d'inhumanité qui met à mal toute une famille et qui se pose en négation des valeurs d'accueil, de soutien et d'accompagnement de la détresse humaine pourtant au Pays des Droits de l'Homme.

Alors que nous sommes en pleine période anniversaire des Droits de l'enfant, une famille se voit remettre par la Préfecture du Maine et Loire une Ordonnance à Quitter le Territoire Français.

La famille Rexha est en France depuis 6 ans, les deux enfants sont scolarisés et réussissent les études universitaires entreprises. Les équipes pédagogiques attestent de la place légitime de ces jeunes : un est en Licence 1 d'Anglais, sa sœur est en Master 1 de Psychologie, tous les deux à l'Université d'Angers. Ils sont non seulement assidus, mais aussi intégrés dans leur formation respective, ils réussissent aux examens malgré les conditions de vie très pénibles et fragilisantes exercées par le risque d'expulsion.

Pensons-nous vraiment que lorsqu'une famille quitte son pays c'est de gaieté de cœur ? Pensons-nous vraiment que lorsqu'une famille se bat et met tout en œuvre pour s'intégrer, elle représente un danger pour l'équilibre d'un pays dit civilisé ? Pensons-nous vraiment que lorsqu'une famille est effondrée à l'idée de retourner dans son pays d'origine c'est parce qu'elle n'encourt aucun risque à y retourner ? Comment peut-on rester de marbre à l'idée que l'on va provoquer l'arrêt des études, de l'accès à la connaissance de deux enfants déjà blessés intimement par une histoire migratoire ? Quel message donne-t-on à une jeunesse pleine d'espoir, pleine de projets, qui idéalise la France et lui est reconnaissante au quotidien, quand on brise tout espoir et on interrompt ses projets ? Quelle image donne-t-on lorsqu'on sait qu'une mère de famille est si fragilisée par ses conditions de vie dans la peur d'une expulsion qu'elle en vient à tenter de mettre fin à ses jours ?

Il y a des lois, certes, il y a des quotas, paraît-il... mais n'y a-t-il pas des valeurs essentielles : celles de la vie et de l'humanité ? Face à la souffrance générée par cette chasse à l'homme, par cette chasse autorisée aux enfants, j'ai mal... et j'ai honte aussi... J'ai mal à mon pays, j'ai mal à ma France, j'ai mal à mon humanité...

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La famille Rexha est d’origine albanaise et se compose de quatre personnes : les deux parents et les deux enfants. Ils sont venus en France en Novembre 2013 car dans leur pays leurs vies étaient en danger. 

Quand ils sont arrivés en France, aucun ne parlait français. Le fils de la famille, M. Rexha, a pris des cours de français avant d'être intégré dans le lycée Chevrolier. Aujourd’hui il est étudiant en L1 Anglais à l’Université de Belle Beille. Son projet professionnel est de terminer la Licence et de poursuivre vers un Master de traduction afin de devenir interprète. 

Jonida, l’aînée de la famille, a réussi sa Licence en Psychologie à l’Université d’Angers et a intégré, sur sélection, le Master 1 en Psychologie. Elle a fait du bénévolat dans différentes associations comme Soleil 49 pendant 4 ans et aussi au Resto du cœur de la ville d’Angers. Au cours de ses études en licence et en Master Psychologie elle a fait plusieurs stages : IME des Ponts-de-Cé, Maison Françoise Dolto à Cholet, et actuellement dans la MECS de Tournemine.

Monsieur et Madame Rexha ont également pris une part active à la vie de la cité : malgré des soucis de santé, Madame Rexha a pris des cours de Français au Secours Catholique et elle parle aujourd’hui couramment le français tout comme son mari dont la passion est le jardinage. Il passe d’ailleurs son temps à faire pousser des légumes qu’il partage avec ses amis. Enfin, tous deux sont bénévoles dans de nombreuses associations comme Fondatio et les Resto du Coeur

Dès leur arrivée ils ont déposé une demande d’asile à la Préfecture de Maine-et-Loire, qui a été rejetée plusieurs fois.

En mars 2019, Jonida et sa famille déposent une demande de titre de séjour. Ils sont accompagnés de nombreuses lettres de soutien (ami-e-s, universitaires, responsables associatifs…).

Jonida et sa famille ont reçu, le 27 novembre 2019, un refus de séjour et une Obligation à Quitter le Territoire Français sous le prétexte qu’ils sont entrés en France irrégulièrement, ce qui est faux. Un recours a été formulé au Tribunal Administratif par leur avocat. La Préfecture du Maine-et-Loire rendra son verdict après Noël, ce qui laisse urgemment moins d'un mois pour soutenir cette pétition.

Nous demandons que Jonida et sa famille soit régularisés.

Comme leurs activités en témoignent, cette famille a développé de nombreuses attaches françaises depuis 6 ans, ont tissé des liens affectifs et relationnels forts avec beaucoup de Français, tandis que les enfants sont engagés dans des ambitions de réussite universitaire et d'insertion professionnelle.

Malgré toutes ces réussites et ces investissements en faveur de la culture, de la francophonie et de la société française, la Préfecture ne veut pas les entendre et irait jusqu’à dire, d'après les amis de la famille, "qu’ils n’ont pas fait d’efforts pour s’intégrer dans la société"… 

Nous exigeons que cette famille reste à Angers car c’est ici qu’elle a construit son foyer et nous exigeons que les enfants de cette famille aient le droit de poursuivre les études qu’ils ont si brillamment commencé. Nous nous opposons également à ce que cette famille soit séparée. 

Pour toutes ces raisons, nous, enseignants-chercheurs à l’Université d’Angers, doctorant de l'Université d'Angers, étudiants de l’Université d’Angers et amis de la famille, demandons à Monsieur le Préfet d’Angers, René Bidal, de pouvoir donner un titre de séjour à cette famille pour qu’ils puissent vivre, apprendre, travailler sereinement et dignement en France.

Cette pétition d'initiative universitaire dépasse largement son cadre, car outre la question du droit aux études universitaires, c'est aussi l'expulsion illégitime d'une famille solidaire, responsable et intégrée dans la société française qui est en question. C'est pourquoi toutes signatures et partages de cette pétition est la bienvenue.