Bidonville sahraoui à Bordeaux: les pouvoirs publics doivent prendre leurs responsabilités

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Le Sahara Occidental, ancienne colonie espagnole, se bat pour son droit à l’auto-détermination depuis plus de 40 ans. En 1975, suite à la signature d’un accord tripartite entre l’Espagne, le Maroc et la Mauritanie, une mission des Nations Unies est mise en place afin d’assurer la tenue d’un référendum d’auto-détermination du peuple Sahraoui. Le Maroc, en dépit de toutes les conventions internationales, envahit leur territoire. Malgré cela, la République Arabe Sahraouie Démocratique voit le jour en 1976, avec un gouvernement en exil dans le désert du sud-est de l’Algérie. La RASD est membre de l’Union Africaine. Cependant, cette République n’est pas reconnue par une grande partie de la communauté internationale, dont la France. Les Nations Unies considèrent le Sahara Occidental comme un territoire non-autonome.

Depuis 2013, quelques centaines de Sahraouis arrivent à Bordeaux pour demander la protection de la France. Ils représentent aujourd’hui près d’un quart des demandeurs d’asile du département. Depuis leur arrivée, aucune solution d’hébergement ne leur a été proposée. Aujourd’hui encore, ils vivent en grande majorité dans un bidonville entre le Pont de Pierre et le Pont Saint-Jean.

 Les demandeurs d’asile Sahraouis de Bordeaux viennent des territoires occupés par le Maroc pour certains et des camps de réfugiés Sahraouis près de Tindouf en Algérie pour une grande majorité. Privés de leurs droits dans les territoires occupés et sans avenir dans les camps de réfugiés, les Sahraouis viennent demander la protection internationale à la France ou la reconnaissance de leur statut d’apatrides.

 Selon la loi, tout demandeur d’asile en France a droit à des conditions matérielles d’accueil qui doivent inclure un hébergement, une aide financière pour survivre et un accompagnement spécifique. En raison du manque chronique de places en Centres d’Accueil pour Demandeurs d’Asile et de la saturation des dispositifs d’urgence, les Sahraouis de Bordeaux ont été contraints de se regrouper en grande partie dans ce qui est aujourd’hui un bidonville, sans accès à l’eau potable ni à l’électricité, dans des conditions sanitaires déplorables et indignes. Toujours selon la loi, un demandeur d’apatridie n’a aucun droit, ni de séjour, ni d’hébergement ni d’aide sur le sol français ; Ces personnes se retrouvent donc dans une immense précarité.

 Expulsés à plusieurs reprises des lieux où ils s’étaient installés dans la ville, les Sahraouis de Bordeaux restent à ce jour sans hébergement. Les pouvoirs publics n’agissent en rien dans la recherche de solutions ni dans l’accès à des conditions de vie humainement acceptables.

La mairie et les pouvoirs publics s’évertuent à ce que l’extérieur du camp où se trouvent les bennes à ordures soit bien tenu. En échange, ces 200 personnes sont tolérées dans un bidonville entouré d’un mur de 2 mètres où s’entassent des cabanes faites de bois et de bâches sans lavabos, ni douches, et avec seulement deux sanitaires bricolés par des citoyens solidaires. De plus, depuis fin janvier, les conditions de vie dans le bidonville bordelais se sont dégradées : l’électricité a été coupée en raison du risque d’incendie, les câbles électriques enterrés sous du béton. Pour autant, les pouvoirs publics n’ont pas donné suite aux demandes d’équiper le site avec du matériel de lutte contre les incendies et n’ont rien mis en place pour que ces personnes puissent cuisiner ou se chauffer.

 L'ONU a adopté  en  juillet 2010 une  résolution reconnaissant l'accès à l’eau comme un droit fondamental. Dans cette résolution, l’Assemblée générale reconnait l'importance que revêt l'accès équitable à une eau potable salubre et propre et à des services d'assainissement, qui fait partie intégrante de la réalisation de tous les droits de l'homme…

Le Conseil d’État associe les besoins d’eau et d’électricité au droit fondamental à la vie privée et familiale qui figure à l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’Homme.

Tous ces textes ont une valeur supra-législative. Toutes les lois ou décisions administratives doivent les respecter.

De plus en droit français, l’article L. 210-1 du code de l’environnement précise que l’usage de l’eau appartient à tous et que chaque personne physique, pour son alimentation et son hygiène, a droit à l’eau potable dans des conditions économiquement acceptables.

Le Maire est l’autorité compétente dans la commune pour assurer le bon ordre, la sûreté, la sécurité et la salubrité publique. L’article L. 2212.2 du CGCT précise qu’en matière de salubrité, il incombe au maire le soin de prévenir, par des précautions convenables, et de faire cesser, par la distribution des secours nécessaires, (…) les maladies épidémiques ou contagieuses.

 Cette absence d’accès aux droits fondamentaux que sont le droit au logement, à l’eau et à l’électricité constitue un frein à l’intégration des Sahraouis, à la scolarisation des enfants et une menace pour leur santé.

 La Préfecture, l’Office Français de l’Intégration et l’Immigration, le Conseil départemental ainsi que Bordeaux Métropole sont responsables collectivement de l’accueil, de l’hébergement et de la protection des habitants de ce bidonville.

Que chacune de ces institutions, pour ce qui la concerne, prenne ses responsabilités et offre des conditions de vie dignes aux Sahraouis de Bordeaux !



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