La Préfète s’apprête-t-elle à mettre à la rue 350 personnes dont 110 enfants ?

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Après trois mois de confinement, alors que les services publics  étaient fermés empêchant  toute avancée de dossiers (régularisation, logement, santé), alors que l’arrêt de l’activité économique a privé de ressources de nombreuses personnes, mardi 10 juin, un huissier de justice est venu remettre aux habitants de l’ancienne RPA Ramadier un commandement de quitter les lieux dans un délai de 48h. 

Parmi les personnes menacées d’expulsion se trouvent des hommes, des femmes, des enfants, parfois très jeunes. La majorité de ces personnes a trouvé abri entre ces murs au mois de novembre 2019 après un long parcours d’errance, faute de logement ou de places suffisantes dans les dispositifs d’hébergement.

Envisager une expulsion sans aucune proposition de relogement serait une aberration sanitaire, juridique, sociale, économique et humaine.

Les expulsions ne font pas une politique

Une expulsion, sans aucune concertation avec les personnes concernées, associations ou soutiens, sans diagnostic ni évaluation des situations individuelles bafoue l’ instruction  interministérielle, le 25 Janvier 2018 « visant à donner une nouvelle impulsion à la résorption des campements illicites et des bidonvilles » Elle ne permet pas la mise en œuvre de solutions d’hébergement adaptées et pérennes.

Au contraire, elle met en péril l’accès aux soins de ces personnes particulièrement exposées aux risques sanitaires et anéantirait le travail effectué depuis plusieurs mois.

Ces expulsions à  répétition  placent les familles dont de nombreux enfants dans une logique de survie, dans une situation d’insécurité et reflètent une politique d’intimidation et d’incohérence qui déplacent le problème sans chercher de solutions de fond.

La Gironde est déjà le département de France qui compte le plus grand nombre de squats et bidonvilles, des réponses concertées à l’échelle régionale doivent intervenir sans attendre pour sortir les personnes de la précarité et faire cesser le cercle vicieux des expulsions d’une ville à l’autre. 

Nous, signataires de ce communiqué, demandons instamment à Mme Buccio, Préfète de la Gironde, de ne pas requérir la force publique pour expulser les familles. Nous lui demandons aussi la mise en place de solutions anticipées, adaptées et durables afin de permettre la mise à l’abri des personnes à la rue dans des conditions dignes et respectueuses de tous.

Nous appelons les riverains, les associations ainsi que les personnalités (artistes, responsables politiques, universitaires…) à soutenir les personnes, les familles qui s’abritent à la zone  libre de Cenon (ex RpA Ramadier) en s’exprimant publiquement et/ou en venant sur place témoigner de leur soutien jeudi 18 juin à 18h à l’occasion de l’assemblée générale hebdomadaire.

Premiers signataires :
Médecins du Monde, Collectif des cenonnais-es solidaires, Réseau Education Sans Frontière, Accueil Réfugiés Val de l’Eyre, Collectif pour l’Egalité des Droits, Darwin, Tri Potes et Mascagne, Collectif Bienvenue, Attac, AC ! Gironde, Les enfants de Coluche, le Secours Catholique, la Confédération Syndicale des familles, Solidarité Migrants Eysines, Fédération girondine et section Bordeaux de la LDH, Collectif Enfants Sans Toit Mérignac, Jolie Petite Maman, Collectif "Les Gratuits Gironde Solidarité", la Maraude du Cœur Bordeaux , Robin de la Rue, Amnesty International Bordeaux Sud,F.I. Bordeaux & Métropole, Graine de Solidarité, CNT, Réseau Paul Bert,...