Petitioning Monsieur le Président de la République française

Pour une politique de la FRATERNITE

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APPEL... Pour une politique de la fraternité 

La fraternité est le parent pauvre de notre trilogie républicaine. Il suffit de chercher sur Internet : d’après Google, 93 millions de sites pour la liberté, 22 pour l’égalité et 11 pour la fraternité.

À cette trilogie peut s’en superposer une autre, qui rassemble les trois forces constitutives de la gouvernance : l’État, le marché et la société civile. Or, que constatons-nous dans l’offre politique depuis l’avènement de la démocratie ? D’une part, la droite privilégie une politique de la liberté (surtout économique) avec le marché comme levier ; d’autre part, la gauche privilégie une politique de l’égalité avec l’État comme levier. Il est grand temps de privilégier une politique de la fraternité avec la société civile comme levier. Considérer la fraternité à la fois comme un objectif à atteindre et comme une pratique à mettre en œuvre dès maintenant est la seule façon d’harmoniser ces deux forces trop souvent antagonistes aujourd’hui : la liberté et l’égalité.

Cette valeur centrale de la fraternité se manifeste concrètement par un ensemble d’attitudes, telles la coopération, l’altruisme, le respect la confiance, l’empathie, la bienveillance, l’espoir, l’esprit de service, l’humilité. Elles sont devenues essentielles pour résoudre les multiples crises de notre société. Pour le Pacte civique, il s’agit de rien moins que de construire un projet politique pour la France qui redéfinisse notre culture politique, améliore la qualité de notre vie démocratique et reconstruise notre communauté de citoyens.

De nombreuses recherches en sciences humaines montrent qu’une telle alternative est réaliste. En voici quelques exemples :

Pour l’école
– L’apprentissage coopératif est nettement plus efficace que l’apprentissage compétitif, que ce soit en termes de résultats scolaires ou de satisfaction des élèves et des enseignants. De plus, cette pratique est une excellente initiation à la démocratie, par le respect d’autrui qu’elle génère.

– Une formation des enseignants à l’empathie améliore les résultats scolaires des élèves, diminue la violence, le vandalisme et les discriminations de la part des élèves, ainsi que l’absentéisme et le taux de démission chez les enseignants.

Pour l’environnement
– La façon la plus efficace de résoudre d’importants problèmes environnementaux consiste à faire collaborer les différentes parties prenantes (ONG, industriels, ministères de l’environnement). Des ennemis endurcis peuvent devenir des partenaires efficaces et co construire des solutions locales innovantes, C’est le principe de l’économie circulaire. Ceci a notamment été constaté pour la reconstitution de la couche d’ozone ou la dépollution du Rhin, fleuve le plus pollué au monde il y a quelques décennies et dans lequel on peut aujourd’hui se baigner

Pour le monde du travail
– La bienveillance, la coopération, la reconnaissance, l’humilité des dirigeants ont des effets positifs, tant sur le bien-être des salariés que sur la performance des entreprises.

– Une nouvelle définition de l’entreprise peut émerger, qui renverse les priorités habituellement admises. Ce n’est plus le profit qui constituerait la finalité de l’entreprise, mais le bien commun ; la réussite économique de l’entreprise étant alors un moyen au service de cette fin. Des dirigeants d’entreprise sont déjà convaincus de cette vision, et elle gagne du terrain.

Pour la santé
– L’empathie des personnels soignants a des effets positifs sur le bien-être psychologique des patients et de leurs proches, ainsi que sur la santé physique des patients

– Les campagnes de santé publique ne sont efficaces que si elles développement le sentiment d’efficacité personnelle des personnes.

Pour la justice
– La justice restauratrice, fondée sur le pari de la capacité d’empathie des auteurs de délits et crimes, obtient de bien meilleurs résultats que la justice pénale classique, en termes de diminution de la récidive ou de satisfaction des victimes et des auteurs.

Pour les relations internationales
– L’« empathie réaliste », par laquelle des dirigeants politiques s’efforcent de se mettre à la place des dirigeants adverses, évite qu’une tension internationale ne se transforme en guerre.

Pour la société civile
– Une démocratie créative et une économie des liens et du partage se mettent peu à peu en place avec le support des outils numériques, des associations, des mouvements citoyens, et de quelques maires courageux et créatifs ; des dispositifs nouveaux ont émergé : tiers-lieux, communs, circuits courts, fab lab…

– le succès du service civique qui se déploie depuis 2010 et mérite d’être massivement développé, montre l’ampleur, y compris chez nos jeunes, de l’envie de fraternité.

Fort bien, pensera-t-on, mais en quoi certaines de ces pratiques relèvent-elles de politiques publiques ? Prenons le cas de l’apprentissage coopératif, l’une des réformes les plus indispensables de notre système éducatif. Il ne s’agirait pas nécessairement, pour nos responsables politiques d’imposer cette pratique par la loi, mais plutôt par la sensibilisation des enseignants, par la diffusion à large échelle des connaissances scientifiques sur l’efficacité et les modalités de mise en œuvre de cette forme d’enseignement.

Des résistances inévitables.

Bien entendu, une politique de fraternité sera inévitablement confrontée à des résistances, qui imposeront de prendre parfois des mesures exemplaires sur des problèmes tels que la lutte contre l’évasion fiscale massive, la réduction des inégalités, la remise en cause de la dissuasion nucléaire.

Cependant, sans méconnaître l’utilité des lois, une politique de la fraternité n’en ferait pas le principal levier du changement ; elle s’appuierait sur les forces vives de la société civile en les dynamisant, en leur donnant les moyens de s’exprimer de la manière la plus efficace possible. Ces « ingénieries du micro-social », comme les appelle Edgar Morin, vont permettre l’émergence d’une véritable fraternité basée sur de vraies entraides et de vrais dons. Nos concitoyens ont des ressources méconnues qui ne demandent qu’à être valorisées. Quel responsable politique sera prêt à leur faire confiance ?

C'est pourquoi, nous voulons une fraternité en ACTES. 

En effet, la fraternité se manifeste concrètement par un ensemble d’attitudes, telles la coopération, l’altruisme, le respect la confiance, l’empathie, la bienveillance, l’espoir, l’esprit de service, l’humilité. Elles sont devenues essentielles pour résoudre les multiples crises de notre société.

Ces attitudes sont vitales pour le vivre ensemble.

C'est pourquoi, nous, au Pacte civique nous souhaitons que le Président de la République française lance ce grand, beau et nécessaire chantier.

Si vous partagez notre approche, nous vous invitons, à votre tour, à signer ce texte porteur d'espoirs... par lequel nous souhaitons faire de la fraternité en actes, une clef fondamentale du vivre ensemble.

 
Premiers signataires :

Alain Caillé, professeur émérite de sociologie à l'Université Paris Nanterre, initiateur du mouvement convivialiste

Jean-Baptiste de Foucauld, coordinateur du Pacte civique, ancien commissaire au Plan

Claire Hédon, présidente d'ATD Quart-Monde

Jacques Lecomte, président d'honneur de l'Association française de psychologie positive

Maria Nowak, présidente-co-fondatrice de l’Association pour le droit à l'initiative économique

Marie Trellu-Kane, présidente-co-fondatrice d’Unis-Cité

Patrick Viveret : Philosophe, co-fondateur des Dialogues en Humanité

Une initiative lancée par le Pacte civique

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  • Monsieur le Président de la République française


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