Pour une mise à l’abri d’urgence des déplacés internes maliens à Bamako avant l’hivernage

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À l’approche de la saison des pluies, et alors que les altercations récentes continuent de pousser des populations à l’exode, nous Malien.nes et ami.e.s du Mali, nous inquiétons de la condition de vie des personnes déplacées autour de Bamako et demandons une prise en charge digne de ces populations.

Le nombre de déplacés internes maliens n’a cessé d’augmenter ces derniers mois en raison d’attaques et de conflits intercommunautaires qui s’intensifient dans le centre du Mali, illustré récemment par le massacre du village d'Ogossagou, qui a fait plus de 160 morts.

Depuis décembre 2018, des déplacés, pour la plupart peuls, ont installé un camp dans le quartier de Faladié, à Bamako, sur une décharge occupée occasionnellement par des éleveurs de bétail.

La situation humanitaire du camp est fort préoccupante. Près de 823 personnes, dont plus de 500 enfants, vivent sous des tentes de fortunes installées sur un tas d’ordures. De plus en plus de cas de paludisme et de malnutrition sévère ont été détectés.

Les conditions d’hygiène et sanitaire sont inacceptables et ne cessent de se détériorer sur le site :

  • Aucun sanitaire (ni latrine) conduisant certains à déféquer à l‘air libre
  • Manque de points d’eau faisant craindre l’apparition d’un réel drame sanitaire lorsque l’on sait que 20 litres d’eau par jour et par personne est la norme qui permettrait de prévenir la propagation d’épidémies telle que le choléra et la propagation de maladies hydriques (diarrhée, typhoïde, polio, méningite, hépatite, etc.)

Nous, Malien.ne.s et ami.e.s du Mali, sommes conscients du travail effectué depuis décembre 2018 par le personnel de la Direction nationale du développement social du Mali ainsi que des dons d’associations maliennes et de particuliers. Mais ces dons ne permettent pas aux déplacés de vivre dans de bonnes conditions.

A l’approche de la saison des pluies, nous craignons que les tentes de fortune ne puissent résister aux intempéries. Par ailleurs, compte tenu des conditions d’hygiène et sanitaire nous souhaitons éviter qu’un drame sanitaire se produise avec l’apparition et la propagation d’épidémies, telles que le choléra. Dans ces conditions et sans intervention rapide des pouvoirs publics, les drames sont inévitables.

Nous demandons, aux pouvoir publics du Mali, à travers, le Ministre de la Santé et des Affaires Sociales, Michel SIDIBE, le Ministre de la Solidarité et de la Lutte contre la Pauvreté, Monsieur Hamadou KONATE ainsi que le Directeur National du Développement Social, Monsieur Ibrahim Abba SANGARE :

  • Une opération de mise à l’abri humanitaire d’urgence garantissant un hébergement digne des déplacés du camp de Faladié et de ceux vivants dans d’autres camps maliens insalubres, dans la durée, avec accompagnement social et sanitaire dans les plus brefs délais
  • Un travail en synergie entre les différents acteurs de terrain et institutions afin d’avancer rapidement et efficacement

Nous ne pourrons nous résoudre à accepter que nos enfants, frères, sœurs, pères et mères vivent dans de telles conditions et nous ferons tout notre possible pour que chaque Malien.ne.s puisse vivre dans la dignité !