Pour une gestion durable des déchets sur les campus toulousains !

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Aujourd’hui, en 2018, nous, étudiant.e.s toulousain.e.s, appartenons à une génération sensibilisée depuis notre plus jeune âge au développement durable. Nous sommes la génération qui va devoir faire face aux conséquences d’une société trop gourmande en énergie depuis plusieurs décennies. Cette sensibilisation, nous l’avons reçue chez nous, personnellement, mais aussi dans nos écoles. C’est pourquoi il nous semble absurde que le tri sélectif, qui est une mesure simple pour réduire notre impact environnemental, ne soit pas possible et obligatoire dans un établissement d’enseignement public.


La fédération des Jeunes Acteur-e-s du Développement Soutenable (JADS) porte donc cette revendication suivante auprès des deux organismes : CROUS Toulouse Occitanie et Toulouse Métropole.

Nous demandons à ce que Toulouse Métropole assure un tri sélectif et un recyclage des déchets dans tous les Restaurants Universitaires et les cafétérias du CROUS Toulouse-Occitanie, ainsi que partout sur les différents campus.

 

Explication de la problématique, Julie de Gaïa (association membre de la JADS et lançeuse du projet de pétition) :

"Bonjour !

Je m'appelle Julie Pasquet, je suis étudiante en double-diplôme à TBS et Sciences Po Toulouse. Je suis actuellement membre du B3D et de Gaia, toutes deux des associations de promotion du développement durable.


Je me tourne vers vous parce que j'ai besoin de votre aide et de votre soutien pour un projet qui me tient vraiment à coeur. Je vous raconte un peu l'histoire.

À Gaia, je suis responsable du pôle recyclage et ma mission cette année était de mettre en place le tri sélectif dans la cafétéria de Sciences Po Toulouse. La cafétéria appartenant au CROUS, j'ai demandé un rendez-vous à la personne en charge de ces questions. Je l'ai rencontrée il y a 2 semaines pleine d'espoir en me disant qu'enfin, j'allais pouvoir défendre mon projet.

Et là ce fut la grosse désillusion... En effet, il s'avère que le CROUS n'est pas en charge du ramassage des ordures de la cafétéria ni du RU (de l'Université Toulouse Capitole). C'est Toulouse Métropole. Et en fait, le problème vient d'eux !

En gros, si le CROUS veut recycler, il peut le faire sans problème. Seulement quand Toulouse Métropole vient chercher les ordures, ils vont tout mettre dans un seul et unique bac et ne rien recycler à la fin...

Malgré ses efforts, le CROUS ne peut pas changer grand chose à ce niveau là. Et clairement c'est inadmissible qu'en 2018 les déchets de ces deux lieux de restauration ne mettent pas en place le recyclage. Ce sont des tonnes de déchets par an qui sont jetés alors qu'ils pourraient être recyclés!

Je me suis donc dit que c'était à nous, en tant qu'étudiants, de prendre les devants et d'aller directement faire entendre nos revendications auprès de Toulouse Métropole. Et pour que cela ait du poids, j'aimerais que toutes les associations écolos des autres universités de Toulouse soutiennent ce projet. Peut-être même que ces problématiques touchent d'autres établissements !”

Détail des revendications :

L’alimentation est l’un des leviers pour assurer un mode de vie plus durable. En tant qu’étudiant.e.s, nous avons la chance de bénéficier d’une restauration collective. Mais cela implique que les décisions des organismes gérant ce service ne sont pas toujours en accord avec notre ambition de préserver l’environnement. Voici quelques exemples de dysfonctionnements qui pourraient être corrigés pour faire des Restaurants Universitaires français des établissements éco-responsables.

  1. A l’heure actuelle, tous les déchets issus de la restauration collective universitaire toulousaine sont mélangés et envoyés ensemble en décharge ou à l’incinération. Sachant qu’une part notable de ces déchets est de la matière organique (restes de nourriture), elle vient consommer de l’énergie au lieu d’en produire lors de son incinération. Au contraire, dans le cas d’un compostage, ces déchets deviendraient une ressource de choix pour fertiliser les terres agricoles environnantes ! Il serait même tout à fait possible de développer une production de biogaz et compost conjointe, comme cela se fait couramment en Suède par exemple (1). Le Restaurant Universitaire de l’ENSAT, à Auzeville-Tolosane, pratique déjà main dans la main avec Greensat, l’association écologique du campus, la collecte des déchets compostables. Il est temps d’élargir la pratique aux autres CROUS et associations étudiantes de la ville !
  2. Les cafétérias universitaires utilisent des quantités énormes d’assiettes et gobelets en plastique jetable. Sachant que le plastique a une durée de vie d’environ 400 ans (2), il semble absurde de l’utiliser à peine quelques minutes avant de le jeter ! Les Restaurants Universitaires utilisent des assiettes et verres réutilisables, pourquoi ne pas faire de même dans les cafétérias ? C’est déjà le cas pour les couverts métalliques, ce qui montre que c’est possible ! De plus, la cafétéria associative de l’ENSAT, qui a pourtant peu d’espace et de moyens financiers, n’utilise déjà aucune vaisselle à usage unique, il n’y a plus pour les autres qu’à suivre cet exemple.
    Et pour les plats à emporter, des alternatives plus respectueuses de l’environnement existent : les assiettes en carton recyclé sont une solution facile à mettre en place par exemple. Certaines enseignes privées font cela, pourquoi pas les enseignes publiques ? De même, ramener son Ecocup ou utiliser des verres et tasses à café réutilisables doit devenir un réflexe chez les utilisateur.ice.s ! Les RU et cafétérias pourraient le promouvoir, par exemple à l’aide de pancartes, et les associations étudiantes en mettre à disposition.
  3. De plus, nous souhaiterions que les sachets en plastique pour les sauces (ketchup, moutarde, mayonnaise) et en papier pour les condiments (sel, poivre, sucre) soient remplacés par des distributeurs, salières et bocaux en verre. Ce petit changement permettrait de réduire drastiquement les déchets non recyclables provenant de la distribution collective. C’est le cas du RU de l’ENSAT depuis 2017 ; c’est donc possible !
  4. Il est aussi techniquement possible de réaliser le tri sélectif dans ces établissements de restauration. Aussi nous demandons à Toulouse Métropole et au CROUS Toulouse-Occitanie de mettre en place trois bacs accompagnés d’une signalétique claire, définis comme suit :
    • déchets organiques
    • papier / carton / métal (recyclable)
    • le reste (serviettes en papier non recyclables)
    • possiblement un pour le verre si nécessaire
  5. Pour le tri sur le reste du campus, nous demandons la mise en place de poubelles “recyclable” et “non-recyclable” bien identifiées, dans chaque salle et lieu de vie du campus. Les personnels de ménage et d’entretien doivent bien entendu être formés pour les collecter de manière adaptée et s’assurer de l’envoi effectif aux centres de recyclage, et les étudiant.e.s doivent être sensibilisé.e.s au caractère obligatoire du respect du tri. Cela se fait déjà à l’ENSAT, pourquoi pas partout ailleurs ?
    En parallèle, des poubelles de ce type doivent être placées près des distributeurs de canettes et machines à café. Sachant que “[le recyclage] d’une seule canette permet d’économiser l’énergie nécessaire pour faire fonctionner un ordinateur portable pendant 4 heures” (3), il est inadmissible qu’en 2018, à l’heure de la transition énergétique, aucun dispositif de tri et recyclage ne soit mis en place dans un établissement public !

 

Une fois les sources de déchets identifiées et réduites, on constate que seule une fraction des déchets produits sur un campus universitaire est non recyclable. Cela diminue drastiquement l’impact environnemental de la restauration collective et de l’université, et contribue à former les étudiant.e.s aux bonnes pratiques visant à réduire l’impact humain sur l’écosystème Terre.


Évidemment, cette mise en place du tri sélectif doit s’accompagner d’une sensibilisation du public au changement de pratique. Étant donné qu'encore aujourd'hui, seulement une infime partie des déchets est triée, les étudiant.e.s doivent prendre l’habitude de faire attention à ce qu’ils font. Cela passe notamment par la mise en place d’une signalétique claire et précisant que le tri effectué donnera lieu à un recyclage effectif des déchets. Ces mesures/actions viendraient soutenir, renforcer et rendre tangible une des valeurs phare et centrale du CROUS Toulouse-Occitanie et de Toulouse Métropole : le respect de l'environnement.

En outre, un réseau de plus en plus dense d’associations liées au Développement Durable se crée dans les différentes écoles et universités, fédéré au sein de la JADS. Ces associations sont notamment là pour lancer des actions de sensibilisation auprès des étudiant.e.s et ainsi accélérer et augmenter l’impact des mesures qui seront prises en faveur de l’environnement. Si le CROUS Toulouse-Occitanie et Toulouse Métropole sont en charge de donner les grandes orientations de leur politique environnementale, à notre échelle les associations agissent pour relayer les consignes et augmenter l’impact positif de ces décisions sur le terrain.

Ainsi, les étudiant.e.s et le personnel des établissements, en plus d'être sensibilisé.e.s à ces sujets, deviendront, au quotidien, des acteurs clés du tri de leurs propres déchets. Dans le contexte actuel de gaspillage incontrôlé des ressources de la planète, cette action ne pourrait que bénéficier fortement à l’image de Toulouse Métropole et augmenter son attractivité auprès des étudiant.e.s, en particulier si d’autres actions sont prises dans le même sens (compostage généralisé à toute l’agglomération, promotion du Zéro-Déchet, recyclage de tous les types de plastique…).


C’est pourquoi nous faisons appel à vous, afin de pousser Toulouse Métropole et le CROUS Toulouse-Occitanie à prendre leurs responsabilités en matière de recyclage, pour que la métropole toulousaine devienne un exemple à suivre dans ce domaine.


Aidez-nous, étudiant.e.s de l'Université Fédérale Toulouse Midi-Pyrénées, à transformer nos lieux de vie et campus pour qu'ils puissent répondre à l'objectif fixé par l'Union Européenne de recycler 50% des déchets ménagers d’ici 2020. Aidez-nous à mettre en place des méthodes de tri sélectif simples sur nos campus.

Sources :

(1) : http://www.iea-biogas.net/files/daten-redaktion/download/linkoping_final.pdf
(2) : http://www.conservation-nature.fr/article2.php?id=139
(3) : https://www.consoglobe.com/canette-100-recyclable-pourtant-2630-cg



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