Petitioning Benoît Hamon and 2 others

Pour une gauche unie et féministe

Messieurs Hamon, Jadot et Mélenchon : pour les droits des femmes, unissez-vous

Nous savons d’avance que désunis au 1er tour, vous perdrez et nous perdrons. Nous ne pouvons nous y résigner.

Féministes, nous mesurons que la victoire de la droite, de l’extrême droite ou d’un néolibéralisme masqué derrière le « ni-droite, ni-gauche », entrainerait en France, comme elle en entraine ailleurs, de douloureuses régressions pour les femmes. Dans le monde et en Europe, nous assistons avec effroi au retour puissant de régimes radicalement conservateurs et violents qui s’attaquent d’abord aux droits des femmes et des minorités. Dans divers pays, de l’Arabie saoudite à la Turquie, les mouvements islamistes lancent un défi aux droits des femmes qui sont niés au nom de la charia, sans parler des terroristes islamistes qui institutionnalisent les viols comme arme de guerre et mettent en esclavage des femmes Yézidies. Dans la Russie de Poutine, il est « préférable de ne pas débattre avec les femmes » et les violences conjugales viennent d’être dépénalisées au motif, selon la « commission des affaires familiales du patriarcat », qu’il convient de limiter le rôle de l’Etat dans la vie familiale… Dans les Etats-Unis de Trump, le pouvoir banalise les propos de haine sexiste et les violences sexuelles. Le Président nomme un juge anti-avortement à la Cour suprême et s’empresse déjà de limiter l’accès à la contraception et à l’IVG à des millions de femmes – notamment en Afrique - par la suppression des financements à l’ONU et aux associations. Ailleurs, comme en Espagne ou en Pologne, le retour à des cures drastiques d’austérité et à l’influence de l’église catholique entachent en premier lieu les droits des femmes, leur accès au monde professionnel…

En France, les mêmes sources – pressions des églises, replis identitaires nationalistes, coupes budgétaires généralisées ou laisser-faire économique – auraient des effets semblables. Face à François Fillon qui exprime publiquement sa conviction religieuse anti-avortement, la droite qui veut supprimer 500 000 fonctionnaires (dont 62% sont des femmes) et sabrer les services publics, comment ne pas s’inquiéter ? Face à Marine Le Pen dont l’instrumentalisation des femmes et de leurs droits vise à mieux attaquer nos concitoyen.ne.s d’origine étrangère -en particulier de culture ou de confession musulmane-, dont les alliés en Europe et dans le monde sont ouvertement sexistes, racistes et homophobes, et dont les élu.e.s FN votent contre toutes les avancées pour les droits des femmes, comment ne pas s’inquiéter ? Face à Emmanuel Macron qui ne s’est jamais engagé jusqu’à son opportune et fraiche conversion à la parité, mais surtout, qui fut l’inspirateur et le plus zélé supporter d’une ligne économique synonyme de moins d’Etat et de plus de libertés aux entreprises au détriment des droits des salarié.e.s -et en premier lieu des femmes, comme avec le travail du dimanche-, comment ne pas s’inquiéter ? Soyons lucides, la précarité touche majoritairement les femmes, se développe et entrave leur liberté.

Féministes, nous savons que l’avancée des droits des femmes et de l’égalité a historiquement été portée par la gauche et la mobilisation des féministes. Durant ce quinquennat, l’union des féministes des milieux associatif, politique, académique et syndical a permis des progrès significatifs. Le droit à l’avortement fut consolidé par des mesures législatives, des crédits nouveaux et un 1er plan national pour lever les obstacles à son accès dans les territoires comme sur internet. La lutte contre les violences machistes s’est accélérée et étendue grâce notamment à un arsenal législatif renforcé et à des crédits financiers doublés, même si ces derniers restent notoirement insuffisants. La parité a gagné du terrain, du Gouvernement jusqu’aux assemblées départementales en passant par les entreprises ou les chambres d’agriculture et fédérations sportives. Enfin, l’objectif d’égalité femmes-hommes commence à être intégré de manière transversale. Nous refusons que les 5 prochaines années viennent annuler les progrès chèrement gagnés.

Nous voulons que la gauche gagne pour que la lutte contre les inégalités sociales – dont celles liées au sexe – devienne la priorité de la majorité parlementaire et du gouvernement de demain.  Pour cela, vous n’avez pas, nous n’avons pas, le choix : l’union est une obligation. Il nous importe que le futur président de la République et la nouvelle majorité issue des élections législatives résistent avec nous contre les menaces aux droits humains et permettent de nouvelles conquêtes pour l'égalité dans une 6ème République écologique, féministe, laïque, plurielle et sociale. Il nous importe que les femmes ne soient plus considérées comme une catégorie mais comme 50% de la population. Elles doivent pouvoir peser sur les débats politiques et réellement être prises en compte dans les politiques que vous et votre majorité impulserez. Il nous importe que celles et ceux qui gouverneront demain comprennent que les inégalités ne sont pas une affaire de malchance, que les violences machistes contre les femmes ne sont pas une affaire privée, que la sous-représentation des femmes dans les sphères politiques, économiques, journalistiques… n'est pas une affaire de compétences. C'est une affaire politique, une affaire de domination profondément ancrée. Cela exige du volontarisme au plus haut niveau de l’Etat.

Si vous vous rassemblez, nous pourrons ensemble déplacer des montagnes. Nous saurons travailler avec vous pour la liberté des femmes et pour que l'égalité ne soit plus une illusion. Attendre 2022 est un luxe que les femmes et tous celles et ceux dont les droits sont bafoués ou menacés ne peuvent pas se permettre. Oubliez vos ergots, oubliez votre ego, prenez la mesure des menaces qui guettent nos droits âprement conquis : unissez-vous pour toutes et tous !

Citoyen.ne.s engagé.e.s et élu.e.s pour une gauche unie et féministe (premier.e.s signataires) : Raphaëlle ADAM, Nadia AHMANE, Fatima-Ezzahra BEN-OMAR, Chris BLACHE, Marie-France CASALIS, Marie CERVETTI, Naïma CHARAI, Marlène COULOMB-GULLY, Caroline DE HAAS, Marie-Dominique DE SUREMAIN, Héloïse DUCHE, Frédéric GUERRIEN, Annie JUNTER, Hella KRIBI-ROMDHANE, Pascale LAPALUD, Gilles LAZIMI, Séverine LEMIERE, Dominique MEDA, Ludovic MIEZIN, Nicole PASCOLINI, Françoise PICQ, Emmanuelle PIERRE-MARIE, Yves RAIBAUD, Linda RAMOUL, Ernestine RONAI, Romain SABATHIER, Evelyne SAGON, Sabine SALMON, Charlotte SOULARY, Cécile SPORTIS, Dominique TRIPET, Françoise VOUILLOT, Mélissa YOUSSOUF

This petition will be delivered to:
  • Benoît Hamon
  • Député européen
    Yannick Jadot
  • Député européen
    Jean-Luc Mélenchon


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