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La vérité sur l'affaire Sarah Halimi

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A Paris il était une fois une femme juive qui s’appelait Sarah Halimi….Pour ceux qui ne sont pas coutumiers de la prière à la synagogue de la rue Pavée, chez le Rav Rottenberg, je vais rappeler qu’elle était médecin, religieuse, directrice depuis sa création de la crèche des écoles du Rav Rottenberg. Qu’elle savait aimer. Qu’elle était très aimée…

Elle vivait depuis 30 ans dans un HLM du bas Belleville, à Couronnes, près de Menilmontant.  Un de ces HLM où les juifs vivent bien, à condition de courber un peu la tête, d’oublier leur peur parce qu’ils ne la montrent pas, à condition de fixer sa mezouzah à l’intérieur, pour ne pas provoquer le malheur…

Elle a élevé ses enfants là, donné partagé, aimé, et négligé la haine quand elle la croisait.

Elle vivait là depuis dix ans déjà quand de nouveaux voisins sont arrivés. D’après la famille, ils l’ont harcelée, traitée de sale juive et ses enfants aussi, poussé sa fille enfant dans les escaliers. Ils s’appelaient T.

Quand on vit dans un HLM, on ne choisit pas son appartement, encore moins ses voisins. Le seul choix qu’on a, c’est d’arriver à vivre dans Paris, ville de riches, sans être riche, parce qu’on n’est pas à Paris pour çà, qu’on a fait d’autres choix, celui de la lumière, celui de la prière, celui du don désintéressé qui ne rapporte guère, et qu’il faut bien payer un loyer puisque, c’est bien connu, ce sont, de toute éternité, les pauvres qui doivent payer .

Elle n’a pas haï ses voisins antisémites. Elle n’a même pas prié pour qu’ils s’en aillent. Elle a rendu le bien pour le mal, autant qu’elle pouvait, en bonne juive, suivant la Halacha. Trop occupée à aimer pour penser à la haine. Trop complice de la lumière pour s’effrayer de l’ombre montante…

Vingt ans plus tard, le petit T. s’est radicalisé. Il a trouvé les modèles qu’il lui fallait pour développer et approfondir la haine dans laquelle on l’avait élevé. Haine des juifs, haine des femmes, haine des américains, haine des chrétiens, mais aussi haine de la vie. Et fuite dans un rêve fortement alcoolisé où deux cent vierges du paradis deviennent ses esclaves pour l’éternité… (des femmes, pas des hommes, haine des homosexuels aussi)

Dans les poubelles de l’histoire , c’est toujours la même histoire : la haine se nourrit de la haine comme un clochard de la misère.

Jusqu’à une nuit, au milieu de la nuit, à l’heure où les cabbalistes étudient, à l’heure où la rivière d’Eden se déverse sur le monde et offre une nouvelle lumière, à l’heure où l’homme et la femme se rejoignent avant que le coq ne chante, à l’heure où la nuit frémit déjà à l’approche inéluctable du jour, la mort est entrée par effraction avant son heure dans la maison de Sarah Halimi.

Elle dormait seule dans l’appartement calme. L’assassin du deuxième étage est passé par la fenêtre, il est d’abord descendu chez ses voisins maliens, au premier étage, ils ont crié et appelé la police, il a reculé devant leur résistance, est ressorti par la fenêtre, a grimpé comme un singe, et brisé la fenêtre du troisième pour rentrer chez elle. Elle était seule, âgée, endormie, une proie facile, une femme, et juive. Pour lui l’objet tout désigné de sa violence en suspens…

La police est arrivée rapidement. Ils sont montés au deuxième étage , redescendus au premier. Les maliens leur ont expliqué que T. était dangereux , qu’il était passé par la fenêtre. Tout le monde a entendu Sarah Halimi crier. Tout le monde a entendu Sarah Halimi crier.

La police n’a rien fait. La police a appelé des renforts. La police a appelé des renforts et la police n’a rien fait d’autre et tout le monde entendait Sarah Halimi crier.

Il criait Allah Akbar , les voisins ont entendu, il l’a terrorisée, poursuivie, blessée plusieurs fois avec son couteau, on a retrouvé du sang sur tous les murs de l’appartement. Elle a hurlé, pleuré, supplié. Plus d’une heure de torture et de cris, plus d’une heure sans que personne n’intervienne, avec tous ces voyeurs à képis sagement rangés de l’autre côté de la porte, jusqu’à ce qu’elle tombe morte à leurs pieds quand le petit T. radicalisé l’a poussée par la fenêtre pour l’achever.

Elle est tombée morte aux pieds des policiers qui avaient persisté une heure à ne rien faire en attendant les renforts qu’ils avaient appelés et qui ne sont jamais arrivés… Certains disent que les renforts étaient là aussi, les unités d’élite antiterroristes du Raid, raides immobiles face à la menace radicale d’une porte de palier.

Une minute de silence ….au nom des pieds tâchés de sang… aux pieds du silence complice, la France qui s’est agenouillée …

Et puis le silence a continué. Pas une ligne dans les journaux français. Pas un mot sur les chaines publiques de télévision françaises. Seule Marine le Pen en a parlé, parce qu’elle ne craignait pas de faire le jeu de Marine Le Pen. Le CRIF a fait passer un communiqué sur Twitter «  le caractère antisémite du meurtre n’est pas prouvé ». On demandait aux juifs de France de faire comme si rien ne s’était passé. Le bruit courait que si l’on parlait, Marine Le Pen serait la gagnante des urnes. Une chape de silence couvrait la France, paralysait la pensée. On inventait le contrôle des urnes par l’ignorance.

Une manifestation à l’initiative du CRIF et du Consistoire a été organisée en présence du Grand Rabbin de Paris, qui a récité le Kaddish sous les fenêtres de Sarah Halimi. Aux 1200 personnes qui sont venues, le CRIF a demandé de ne rien dire, de ne pas crier de slogans, de ne pas apporter de pancartes ni de banderoles. Seules les roses blanches étaient autorisées. Blanches, pas rouges. Des fois que le rouge, çà provoque encore…

Les juifs sont obéissants. Assez obéissants pour se taire. Comme en 39 , se taire et laisser faire, laisser coudre les étoiles , laisser se refermer les portes du ghetto, laisser dire , laisser faire, laisser le monde rétrécir et respirer toujours plus étroit mais vouloir croire qu’on ne sait pas…Les juifs sont obéissants , assez obéissants pour écouter leurs leaders, et nous étions maintenant dans un nouveau ghetto, où les mots étouffés remplaçaient les fils barbelés.

Heureusement, quelques rebelles de la Ligue de Défense Juive, les mêmes qui arrêtaient en août 2014 les bouteilles d’essence enflammées lancées par les manifestants anti-sionistes contre la synagogue de Sarcelles, quelques artistes politisées et décidées, les mêmes qui s’affirmaient indélébiles dans le café des Psaumes rue des Rosiers encerclé par la police et menacé de pogrom par les manifestants antisionistes, cette même année 2014, où l’on a entendu de Bastille à République retentir en toute impunité les cris de Mort aux juifs, quelques intellectuels , chassés de Nuit Debout avec Finkielkraut mais encore bavards, élevés dans l’amour de la République Française et n’ayant pas renoncé à y croire, ont tout de même tenté une poignée de slogans, comme des envolées timides d’espoir au-dessus de la grande flaque des peurs et des calculs politiciens. J’ai vu des poissons volants sortir de leur silence quelques instants. En fait ils ne volent pas vraiment. Ils planent brièvement puis retombent dans l’eau profonde. Mais pendant un moment, ils ont senti un frisson de vie intérieure. (antérieure au silence)

Le juge chargé de l’affaire, quand à lui, après s’être longuement interrogé dans la fraicheur de son cabinet climatisé sur l’être ou ne pas être antisémite de l’affaire, décida le 7 avril de ne pas qualifier ce meurtre d’antisémite. Néanmoins , il acceptait de rencontrer les témoins. Le consistoire souhaitait se porter partie civile  au nom de Sarah Halimi.  Pour pouvoir le faire, il faut que le caractère antisémite de l’affaire ait été reconnu par le juge.  Deux mois plus tard, le caractère antisémite de l’affaire n’est toujours pas reconnu, malgré moulte témoins et évidences. On coule du plomb sur la chappe de silence .

Deux mois plus tard, premier éclat de vie brisant ce miroir de Mange-morts ( Au secours, Harry Potter, sors-nous de ce cauchemar !) : le Figaro publie une tribune signée par dix-sept intellectuels qui réclament la vérité dans l’affaire Sarah Halimi. Le Point enchaine et dénonce le silence des médias depuis deux mois. A mots couverts tout de même pour ne pas prendre froid à cause des éclaboussures. ( La vérité demande un cache-col)

Pourquoi, demande ma voisine, s’intéresser à cette histoire, à une période de l’histoire où partout, tous les jours, on meurt du terrorisme islamique ? Et bien pour quatre raisons :

Il y a quatre problèmes qui viennent faire de ce meurtre, non seulement un fait divers de l’islamisme galopant, mais aussi un scandale de l’histoire de France.

Pouvez-vous imaginer ce que cela signifie pour ces policiers d’entendre une femme hurler de douleur et de peur plus d’une heure et de ne rien faire, de ne rien faire du tout, de rester là plantés de l’autre côté de la porte comme si cette putain de porte, un bout de bois, était le bouton qui permettrait à la bombe atomique d’exploser, on a touché le fond du non-sens policier, et pourtant Sarah Halimi n’avait hélas rien de menaçant, et un homme armé d’un couteau, c’est vraiment trop pour nos forces armées ? Quelque chose, une loi, ou quelqu’un de haut placé a choisi d’empêcher toute possibilité d’intervention dans ce contexte en dépit du bon sens et de l’humanité la plus élémentaire, et les policiers ont laissé faire , laissé crier , laissé tuer, nos policiers français, de nouveau, comme au Vel d’hiv, ce pouvoir qui les musèle, il est bien caché, où est-il, et comment l’extirper ?

Vous souvenez-vous encore de ce qu’on appelait autrefois la liberté de la presse et le contre-pouvoir des médias ? Aujourd’hui, à l’unisson, pendant deux mois, pas un mot, pas un geste, pas un risque. Surtout ne pas informer. Car si les médias français informaient soudain librement, il se pourrait que çà dérange quelqu’un, quelqu’un de riche, de haut placé, quelque part où ni toi ni moi on ne pourra jamais entrer à cause des caméras de surveillance et des contrôles de sécurité, quelqu’un qui est devenu propriétaire de notre liberté, à cause du prix du papier peut-être, ou en fonction de la couleur de l’encre, ou parce que toutes les bouées de sauvetage ont déjà été distribuées, çà tombe mal parce qu’on a coulé… Peut-être même quelqu’un qui n’a jamais entendu parler de Sarah Halimi et qui n’a jamais rien dit à son sujet mais  l’auto-censure, c’est bien connu, va au-delà de la censure et anticipe jusqu’à l’absurdité la nécessité de ne rien dire qui pourrait déranger ou faire réagir.

Quand on a affaire à un juge, on espère justice. Cela signifie que ce juge doit entendre les faits et sans prendre parti utiliser son intelligence pour établir la vérité, où au moins s’en approcher autant qu’il peut le faire. La justice, sous bassement supposé de notre société, garantit que le meurtre ne reste pas impuni et dissuade les victimes d’appliquer la loi du talion. Héritière des nobles guerriers, elle nous protège et nous venge dans une société de castes où le pauvre renonce à se battre et accepte de rester à sa place.

Aujourd’hui, pour les juifs de France revient le spectre de l’auto-défense sur le terrain glissant de l’antisémitisme d’état matérialisé par une justice borgne. Un juge nommé, spécialiste du terrorisme islamiste, ne voit pas d’antisémitisme dans un crime perpétré au nom d’Allah en récitant des sourates du Coran sur une femme juive religieuse connue de l’assassin et traitée par lui fréquemment de sale juive quand il la croisait dans les escaliers.  A force de refuser de reconnaitre les crimes commis contre les juifs , la France va finir par se cogner sans les voir contre ses églises, où Jésus aura disparu, remplacé par la mention «boycott bds ». On ne couvre pas impunément un crime antisémite en le déguisant en fait divers.

Nos dirigeants communautaires , qui se sont attachés à maitriser, canaliser, calmer, la colère juive légitime, nous ont donné des roses blanches. Des roses sans épines. Pour des moutons dociles, auxquels la Shoah n’aurait rien appris. La dignité humaine, au XXI ème siècle, passe par la parole et par la rébellion, implique l’invention, avec l’aide de tous, d’un nouveau monde , où la démocratie ne sera plus muselée, manipulée, confisquée. Un monde où à nouveau, la justice existe et où les Juifs Français assassinés seraient pleurés par tous les Français.

 L’espoir est notre arme principale face à la folie islamiste . Il suppose que la parole se prenne et se garde elle-même, avec soin, de tous les totalitarismes d’état, en France et ailleurs. Il n’est pas trop tard mais il est presque trop tard. Si nous ne parvenons pas aujourd’hui à combattre la puissance de l’idéologie islamiste antisioniste et sexiste dans notre pays, demain il n’y aura plus aucun moyen de combattre.

                                                                                   YentlMyriamLewinson                                         

 

 

 

 



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