Pour un dialogue serein et pacifié avec les habitants de la ZAD de Notre Dame Des Landes

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Des habitants des Hautes Alpes invitent Madame Nicole Klein, préfète de Loire Atlantique, qui fut précédemment préfète des Hautes Alpes à agir à Notre Dame des Landes avec les qualités d'écoute que nous lui connaissions ici. Nous lui demandons de restaurer un climat de confiance et d'apaisement sur la ZAD de Notre Dame des Lande, et d'accueillir favorablement les initiatives proposées par ses habitant.e.s.

 

Lettre ouverte à Madame Nicole Klein, Préfète de Loire Atlantique

Le 25 avril 2018

 Madame la Préfète,

 Des Hautes Alpes où vous fûtes précédemment Préfète en 2008 et 2009, des citoyens, attentifs et préoccupés vous écrivent.

On se souvient ici de votre courage, votre détermination et aussi de votre sens du dialogue.

Sans doute est-ce pour ces qualités que l’état vous a nommé en 2017 dans ce département de Loire Atlantique où se croisaient, au cœur de Notre Dame des Landes, de multiples enjeux, politique, économiques et sociétaux.

Or, que voyons-nous depuis notre Département de ce qui se passe là-bas ?

Une sage décision du gouvernement, empreinte de bon sens d’abandonner le projet d’aéroport à Notre Dame des Landes, mais, par là même,  un camouflet donné aux décisionnaires locaux, bousculant leur entre soi, auxquels il a fallu donner le change par un message de fermeté à l’égard des habitants de la ZAD en général et des « radicaux » en particulier. Change qui fût donné avec l’aide d’un arsenal inusité en de telles circonstances faisant appel à 2500 gendarmes sur équipés, deux blindés, des hélicoptères, en interdisant l’accès de la ZAD à la presse, et avec une intensité dont peuvent témoigner les  11000 cartouches de grenade - soigneusement récoltées et déposées publiquement  devant votre préfecture - , et les 150 blessés constatés parmi les civils en une seule semaine  sur la ZAD.

Nous voyons aussi l’alternance des promesses et des menaces, une main tendu et dans l’autre une grenade, la destruction de la ferme des cent noms que nous, ici dans les Hautes Alpes, ruraux par nature, avons vécu avec une empathie que vous n’imaginez pas.

Nous voyons encore, un état qui manque à sa parole tenter des manœuvres délétères et dangereuses pour attiser la haine des uns envers les autres. Et qui s’exaspère de voir que cela ne marche pas. Certainement à cause du « collectif » qu’il abhorre et qu’il craint.

Nous avons peine à retrouver dans le rôle qui vous est assigné les qualités que nous vous connaissions ici. Et cela nous interroge.

Aurez-vous servi en spécialiste zélé un Etat qui, ayant mis le pays en état de sidération au rythme de « une mesure par jour », cherche à créer le chaos pour légitimer ensuite l’avènement d’un ordre fort dont il a déjà jeté les prémices et qui correspondrait mieux à sa conception du pouvoir ?

L’histoire de ce mouvement né à Notre Dame des Landes,  marquée par quatre décennies de lutte retiendra-t-il votre nom comme celui de celle qui a osé mettre en œuvre le mensonge et la trahison de l’état envers ses citoyens, et qui a contribué de manière déterminante à son discrédit et à la perte de la confiance en sa capacité médiatrice ?

Tout cela pour anéantir les prémices d’un autre monde en devenir que sont par exemple ces initiatives créatrices d'autres modèles agricoles dont nous avons besoin pour arrêter la destruction de nos sols de notre environnement et de notre santé.  Auriez-vous peur de favoriser des initiatives qui créent du sens et donnent aux générations qui viennent un vivre ensemble solidaire et durable ?

Nous souhaitons vivement que les efforts faits par les habitants de la ZAD pour répondre aux exigences de l’état soient entendus comme un geste fort d’apaisement et que cesse la gabegie répressive au profit d’une véritable concertation. Concertation que vous saurez mener avec les qualités que nous vous connaissions ici.

 Ceci, nous le croyons sincèrement, contribuera, à sa modeste mesure, à renforcer la cohésion du pays, à encourager l’inventivité et la créativité des jeunes en matière économique et sociale et à redonner confiance dans les institutions. Rien que cela.

Soyez assurée que nous resterons attentifs et solidaires de toutes les mesures que vous prendrez dans ce sens, et recevez, Madame la Préfète, l’expression de notre considération distinguée.



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